REFLEXION

FORUM DE REFLEXION : La formation professionnelle au centre d’un débat

Avec ce premier forum, qui débute avec le secteur de la formation professionnelle, le quotidien Réflexion ouvre ses portes aux différents secteurs étatiques et privés, dans le but d’informer et de renseigner au mieux le lecteur sur le rôle de chacun d’eux. Notre premier invité est M. Allal Rachid, directeur de la formation professionnelle de la wilaya de Mostaganem.



FORUM DE REFLEXION : La formation professionnelle au centre d’un débat
Le siège du Quotidien Réflexion a abrité avant-hier à 10 h, une conférence sur le thème « La formation professionnelle à l’horizon 2O14 » .Le débat à été animé par nos journalistes de Réflexion et nos confrères des autres journaux en arabe et français et en présence des représentants de la société civile, M. Rachid, président de Fédération des quartiers et M.Koutchouk ,président de la ligue des quartiers et notre invité principal bien sur M Allal Rachid ,directeur de wilaya de la formation professionnelle . Le secteur de la formation professionnelle est un secteur sensible dans la mesure où il s’inscrit dans un cadre spécifique, en se situant entre les établissements scolaires et le marché du travail. Il sert, pour ainsi dire, de courroie de transmission. De par son rôle, « le secteur de la formation professionnelle est un secteur qui peut être considéré comme un réceptacle de l’ensemble des couches de la société, comme aussi l’ensemble des niveaux de la jeunesse », selon M. Allal Rachid.

En 1962, Mostaganem disposait
d’un seul centre
En 1962, la wilaya de Mostaganem disposait d’un seul centre de formation professionnelle. De 1962 à 1999, 4 autres établissements ont été réalisés. Ce nombre est ensuite passé de 5 à 8 entre 1999 et 2004. C’est dire les efforts qui ont été accomplis dans le cadre des différents plans quinquennaux. Durant cette même période la capacité d’accueil est passée de 1825 postes à 2475 postes, soit un accroissement de 35 %. Dans le même ordre d’idée, le nombre de spécialités enseignées est passé de 35 à 44. Durant le plan quinquennal 2005 – 2009 le nombre d’établissements est passé de 8 à 13. Ce qui veut dire « qu’en l’espace de 5 ans on a construit plus qu’en 40 ans », a tenu à préciser M. Allal Rachid. Ceci dit, le secteur de la formation professionnelle a cherché à s’adapter aux nouvelles techniques professionnelles et aux nouveaux métiers afin d’être le plus performant possible en dispensant une formation en adéquation avec la demande du marché du travail. Ce secteur s’investit dans un grand nombre d’activités professionnelles et ce, grâce aux cinq nouveaux instituts inscrits dans le prochain programme, à savoir : le tourisme, l’agriculture (avec le domaine forestier et l’environnement), les métiers du BTP (y compris l’hydraulique), l’agro – alimentaire ainsi que le textile, en plus de celui des branches des techniques administratives et de gestion qui existe déjà. « Ainsi, toutes les branches de l’économie de la wilaya seront couvertes. De ce fait, le fort potentiel des sortants des lycées qu’il n’était pas possible de prendre en charge auparavant, ne posera aucun problème à l’avenir », dira M. Allal Rachid. Depuis le quinquennat précédent 2004 – 2009, le secteur de la formation professionnelle s’est hautement dynamisé et il touche à tout : non seulement la formation résidentielle pour des formations diplômantes au sein des centres de formation professionnelle, la formation continue, elle touche aussi les cours du soir, comme elle touche également à la formation par alternance, celle qui est développée naturellement au profit des travailleurs des institutions publiques et des institutions privées.

L’apprentissage
« Le second pavé touche l’apprentissage qui tend à prendre plus d’importance que la formation résidentielle, étant donné que dans notre vision stratégique du secteur nous cherchons à ce que le nombre des inscrits en apprentissage soit plus important que le nombre de ceux inscrits en formation résidentielle », a tenu à préciser le directeur de la formation professionnelle de la wilaya de Mostaganem. Cette vision stratégique s’inscrit dans un objectif précis à savoir : « Quel que soit le nombre des établissements au sein de la wilaya et quel que soit le nombre de branches et des spécialités développées au niveau des établissements, il ne pourrait y avoir, plutôt on ne pourrait couvrir toute la nomenclature de la formation du secteur. Donc, cette nomenclature qui est dotée de 10 branches professionnelles et de plus de 330 spécialités, il est quasiment impossible que toutes ces branches soient disponibles au niveau d’une wilaya », dira M. Allal Rachid. Telles sont les réalités du terrain. « Si ces branches ne sont pas réalisables à l’intérieur des centres de formation professionnelle, cependant, à l’extérieur de ceux-ci il serait possible d’avoir autant de branches et autant de spécialités dans l’économie d’une wilaya, c’est-à-dire à travers le tissu économique. C’est la raison pour laquelle l’apprentissage est une force vis-à-vis de laquelle on doit s’impliquer de plus en plus », dira t-il et d’ajouter : « Comment s’impliquer avec ce réservoir de placement ? Naturellement c’est en réalisant les commissions communales de l’apprentissage. Et c’est là où le bas blesse ! La loi est claire. La loi détermine et définit la commission communale de l’apprentissage comme étant une structure chargée de dresser les centres de formation, de réceptionner et assurer le placement des apprentis. Or cette commission est complètement défaillante, pas uniquement à l’échelle de la wilaya de Mostaganem mais à l’échelon national ».

M. Allel Rachid témoigne:
“Cinq instituts
de formation
à l’horizon 2014”
Le directeur de la formation professionnelle expliqua la situation de son secteur d’une façon exhaustive .Après les présentations de tous les membres de l’assistance au directeur, les débats sont ouverts et c’est M. Bentahar qui commence :
Reflexion : Le problème qui se pose c’est que la rumeur taxe ces jeunes de feignants et de ne pas vouloir travailler, alors comment peut-on utiliser ce jeune positivement?
Dfp : On ne doit pas imputer cette carence au jeune mais à la cellule familiale, aux maisons de jeunes à celle de la maison de la culture, ainsi que l’école qui n’ont pas joué leur rôle d’une façon effective, mais le contraire en le délaissant, ils n’ont pas pu acquérir sa confiance alors que c’était leur rôle.
J’ai dépêché à titre d’exemple une commission de contrôle à Sidi -Ali et Achaâcha pour faire une enquête approfondie afin de cerner les problèmes et de trouver les solutions adéquates.
Reflexion : Le problème se pose avec acuité et certains entrepreneurs utilisent des méthodes draconiennes pour justifier leurs qualifications.
Dfp : L’Etat fait de la politique en raison de la situation sociale du pays. La preuve, c’est que sur 47personnes auxquelles on a fait des tests seulement 10 ont réussi.
Reflexion : Certains jeunes évitent de faire des stages de formation et préfèrent travailler temporairement chez des particuliers afin d’obtenir des attestations de qualification.
Dfp : Tout d’abord, il faut dire qu’il ya deux sortes de formation, la formation diplômante qui consiste à la formation d’un métier à savoir une suite d’apprentissage et la formation qualifiante à la suite de laquelle il est délivré à l’intéressé une attestation de qualification. Il ya une détresse morale de notre jeunesse, mais le rôle des parents est primordial ainsi que celui de l’inspection du travail.
Reflexion :Pourquoi le cfpa ne forme t-il pas sur certains secteurs comme la photographie, la caricature, la communication ? Je peux vous proposer de recevoir des candidats pour une petite formation.
Dfp : J’accepte votre offre et je peux vous envoyer des candidats pour la formation continue. Il n’ya pas eu d’opérateurs économiques qui nous ont contacté. La formation professionnelle a besoin de valoriser ses cadres, on ne trouve plus ces compétences dans le monde du travail. Dans les autres pays, l’enfant entre au centre de formation à l’âge de 8 ans alors que chez nous il entre à l’âge de 18 ans. Nous avons construit un institut (un bijou) de 18 milliards de centimes pour l’artisanat traditionnel, malheureusement nous n’avons pas de professeurs dans ce secteur. L’artisanat n’a pas besoin de techniciens, mais du savoir faire. Par exemple, au Caire (Egypte) ils n’ont que deux établissements de formation pour deux millions d’habitants et tout le reste c’est de l’apprentissage. Chez nous, la filière de l’artisanat a été dénaturée, pas de matière. Notre cuir va faire le bonheur des marocains alors que l’artisanat est un secteur rentable, à titre d’exemple un petit tapis de qualité peut valoir jusqu’à 06 millions de centimes. Nous avons une mévente du produit artisanal.
Reflexion :Il faut revoir notre politique sur la formation professionnelle.
Dfp : Les gens sont désintéressés, il faut les motiver. Par exemple, les gens invités sont de l’ordre de 500, alors que vous ne recevez que 15. Par ailleurs, on n’a pas développé le secteur du tourisme. Je vous donnerai des statistiques sur les réalisations faites depuis 1962. De 1962 à 1999 : Il y a eu 05 établissements de réalisés.De 1999 à 2009 : On est passé de 05 à 08 établissements, de 1805 postes pédagogiques à 2400 postes, le nombre de spécialités de 35 à 44.Durant le plan quinquennal 2004/2009 : de 08 établissements à 13.Durant le plan quinquennal 2009/2014 : De 13 à 20 établissements, capacité : de 3800 à 8000 places : accroissement :109, le nombre de spécialités passera de 110 à 176. Notre wilaya aura à l’horizon 2014 cinq instituts de formation professionnelle. On a tout refait pour créer de meilleures conditions de travail à nos stagiaires et professeurs, nous avons ajouté un autre quota de logements pour encourager le corps enseignant à venir vers nous.

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Samedi 19 Février 2011 - 23:01
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