REFLEXION

EXPORTATION DU CIMENT : Quel est le montant de l’entrée en devises pour l’Algérie ?

Plusieurs quotidiens et sites ont annoncé dans leurs colonnes, faisant référence au communiqué du ministère de l'Industrie et des Mines, que GICA a effectué une première opération d’exportation, portant sur une quantité de 45.000 tonnes fin avril 2018 avec une prévision de 200.000 tonnes avant la fin de cette année et un million de tonnes à terme mais sans que le Ministère mentionne le chiffre d’affaire et le prix de cession de la tonne. L’objet de cette présente contribution est d’éclairer objectivement l’opinion publique algérienne en se posant cette question : quelle est la réelle rentabilité de cette exportation ?



1.-Si l’on prend en référence LafargeHolcim Algérie, dont la dernière opération  d’exportation de 8.500 Tonnes de ciment gris à destination de l’Afrique de l'Ouest , qui  a  lancée en décembre 2017,  sa première opération d’exportation   concernant  16.600 tonnes de ciment gris d’une valeur de 600 000 dollars, le prix à la vente a été  de 36 dollars la tonne.   Récemment dans un communiqué du ministère de l'Industrie et des Mines, le groupe  GICA  qui en  2017 a enregistré une production record de ciment de près de 14 millions tonnes contre 12.6 millions de tonnes en 2016. Sa  filiale de distribution des matériaux de construction  a effectué  une  première opération d'exportation  portant sur une quantité de 45.000 tonnes,  fin avril mais sans mentionner  le chiffre d’affaire et le prix de cession de la tonne, ce qui aurait éclairé l’opinion  publique sur la réelle rentabilité de cette exportation. Si l’on prend le prix de cession final de 36  dollars la tonne, le chiffre d’affaire réalisé est de 1 ,62  million de  dollars restant déduction des charges (salaires, amortissement, frais financiers) d’environ seulement  de 40%, un profit net de 972.000 dollars.   Pour 200.000 tonnes prévues, le chiffre d’affaire serait  de 7,2 millions de dollars    et le profit net   de 4,32 millions de dollars. Une exportation de  10 millions de tonnes, et étant optimiste avec un cours de 50 dollars la tonne sortie usine, le chiffre d’affaire ne dépassera pas 500 millions de dollars  et le profit net 300 millions de dollars pour un capital social  Algérie 100%. En cas de partenariat selon la règle des 49/51%,  pour  le même volume d’exportation, il resterait à l’Algérie un peu plus de 150 millions de dollars de profit net. C’est un montant dérisoire par rapport au 33 milliards de dollars d’exportation ( chiffre d’affaire et non profit net)  en 2017 de Sonatrach  (33.000.000.000 dollars de Sonatrach rapporté au montant de 1.620.000 dollars ) qui contribue  directement à 96% des entrées de devises et avec ses dérivées plus de 97/98%.
 2.- Selon nos informations, la   capacité de production en 2020 si toutes les unités actuelles et celles programmées  atteignent la vitesse de croisière, devrait se situer autour de 46 Mt pour une demande estimée à 22 mT, où nous assistons, du fait des tensions budgétaires, gel de certains projets et  avec  l’inflation la décroissance de l’auto construction,  à un ralentissement de la  demande. Or, si le stockage est de longue durée, accroissant les coûts et il y a  le risque du refroidissement alors inutilisables pour la construction. et selon les experts consultés la seule solution, comme en Allemagne, est d’utiliser le béton pour construire les routes revenant souvent moins cher que le bitume importé. Par railleurs,  les  nouvelles unités bénéficiant d’avantages, en plus du prix du gaz bas, de différentes exonérations fiscales et de bonifications bancaires  qui constituent en cas d’exportation un transfert indirect vers le pays exportateur,  pour avoir une vision objective et voir si une unité est compétitive réellement,  il s ‘agit d’élaborer, du point de vue comptable,  un compte de surplus  en alignant le prix du gaz sur celui du marché internationale et de soustraire tous les avantages financiers et fiscaux.
3.- Il ne faut pas rêver en ce mois de  mai 2018, Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est toujours Sonatrach (voir notre interview au quotidien Chourouk arabophone du 03 mai 2018) . La commercialisation du ciment  dépend de la croissance de l’économie locale et  mondiale dont sa future structure avec la quatrième révolution industrielle qui se met progressivement en place 2018/2030 , avec de nouveaux matériaux de construction économisant le ciment et l’énergie,  des contraintes de l’important coût de transport, de la concurrence internationale  et  du management stratégique  qui déterminent le coût d’exploitation et le prix de cession final au consommateur.  Comme je viens de le rappeler dans un large débat de plus de 30 minutes, à l’occasion de la fête du  1 mai  2018, sur la radio  arabophone chaine 1, l’Algérie n’est pas en faillite,  pas de sinistrose beaucoup de réalisations  entre 2000/2017, mais également des insuffisances  et contrairement à certains oiseaux de mauvais augure, mus par le dénigrement gratuit,  a toutes les  potentialités  de relever les  défis. Mais malheureusement, certains responsables politiques ou entrepreneurs mus par des intérêts de rente, oublient que la mondialisation est une réalité dans la  pratique des affaires internationales.  Seul un partenariat  gagnant- gagnant avec les  firmes qui contrôlent la commercialisation  peut favoriser l’exportation du ciment en grande quantité, Dans les autres cas, c’est presque une impossibilité en termes de rentabilité réelle, (vente à pertes), sinon des  quantités  dérisoires et en  plus avec des subventions supportées par le trésor  public qui constitue indirectement un transfert déguisé de devises.   

 

Abderrahmane Mebtoul
Samedi 12 Mai 2018 - 18:00
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ACTUALITÉ
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