REFLEXION

ERIGEE PAR LES ROMAINS A MOSTAGANEM : Risque d’effondrement de la muraille de Sour

Revenir sur l’histoire de la localité de Sour ne serait qu’un rappel de plus sur l’importance d’une série de sénarii avec des hauts et des bas jusqu’à en faire l’actuelle agglomération connue pour sa muraille qui lui donne son nom. Une muraille déjà en ruine et qui tend à disparaître à jamais s’il n’y aura pas urgence d’une restauration.



L’on relève d’une plume anonyme « qu’avec sa célèbre muraille, sa piscine naturelle, ses cascades, ses jardins exotiques, ses grottes merveilleuses et sa région verdoyante, Sour qui domine l’impressionnante vallée du Chelif est une ville touristique par excellence. »  Surement, l’on décrit la région d’il y a une quarantaine d’années ou plus selon les affirmations de quelques citoyens de la ville antique, Chylimath pour les Phéniciens et Kelmitou pour les conquérants arabes. Lieu de villégiature qui accueillait des touristes de contrées bien lointaines, Sour était connue surtout pour sa muraille. Seul vestige de la présence almohade  dans la région de Mostaganem, intéressant à plus d’un titre quant au savoir-faire ancestral du pisé, cette technique qui dure encore dans le temps à travers le monde et dont la civilisation arabo-musulmane a été d’un grand apport quant à sa propension.  Un bref passage pour une étude de la technique de construction nous a permis de constater la menace qui pèse sur ce patrimoine de l’humanité qui n’a jamais été classé en tant que tel et dont les alentours dégagent la négligence de ce trésor. Le rempart, servant jadis à défendre la contrée, est menacé dans sa stabilité mécanique en plus d’un risque potentiel de s’effondrer à tout moment. Un trou béant d’une dizaine de mètres de longueur sur trois autres de hauteur laisse entrevoir la belle vallée du Chélif. Surmonté du peu de terre qui reste sur la cime,  balafré par une fissure, le mur peut s’affaler sans crier gare suite à une averse ou une infime secousse tellurique.  Le soubassement en pierres, victime d’une prédation, servant d’interface entre le sol et le pisé,  permet aux remontées capillaires de s’évaporer et c’est ainsi que, si restauration, il y aura, il faudrait éviter un enduit étanche et c’est dire que les maîtres du chef-d’œuvre en maitrisaient bien la technique de construction au XIIIème siècle. Tout enduit empêcherait l’évaporation de l’eau et conduirait à la fissuration du mur. Jadis protégé, entretenu, gardé et protégé, des rosiers et bancs égayaient le périmètre. Les activités de préservation peuvent facilement s'inscrire dans une logique de développement territorial et économique. Elles participent à l'attractivité en termes de fréquentation touristique. La conservation du mur et sa protection passe par la valorisation paysagère avec le classement de ce monument en tant que patrimoine historique. Pour préserver le mur de Sour, il faudrait tout simplement mettre en place un périmètre de protection, un entretien du paysage attractif avoisinant déjà existant et des aménagements aux abords du mur. Quant à la restauration proprement dite, elle offre l'occasion de redécouvrir les techniques de construction en pisé  encore pratiquées en Algérie. Soubassement de pierres, trous, fissures et remontées capillaires devraient être traités avant de procéder à l’application d’un enduit tel celui dont les traces existent encore sur le mur, soit un mortier de terre ou bien carrément un coulis à base de chaux, matériau naturel, laissant respirer le mur, perméable à la vapeur d’eau, imperméable à l’eau, absorbant l’humidité intérieure et la rejetant vers l’extérieur.

MOSTEFAI Ouahiba
Mercredi 24 Juin 2020 - 17:31
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MOSTAGANEM
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