REFLEXION

EMIGRATION CLANDESTINE A PARTIR D’ORAN : Une ferme se transforme en QG des passeurs

Deux embarcations interceptées sur les trois en une semaine et ce, malgré la surveillance accrue des côtes Algériennes et Espagnoles, les jeunes Algériens sont encore nombreux à tenter de traverser la Méditerranée pour atteindre l’Union européenne. De quoi assurer de beaux jours aux passeurs de Cap Blanc et des îles Habibas, plaques tournantes de l’émigration clandestine.



Au moins 2 milliards de centimes, c’est le pactole qu’engrange le passeur à chaque “voyage” ou “expédition”. Le bilan est arrêté à deux voyages par mois à raison d’un voyage tous les quinze jours. Comment est réalisé ce “chiffre d’affaires” ? Quelle est la logistique nécessaire ? Pour en savoir plus nous nous sommes déplacés à Cap Blanc dans une ferme d'élevage de poussins transformée en quartier général de la corporation des passeurs. Pendant presque deux heures, un connaisseur nous expliquera toutes les étapes préalables à l’organisation du voyage. Celles-ci commencent par la collecte de détails sur le nombre de candidats afin de définir le type d’embarcation à acheter, à commander auprès de certains  fournisseurs et autres vendeurs marins pêcheurs à Belgaïd et au grand boulevard du Méridien à Oran.  Une fois disponible, la barque doit être peinte en noir pour éviter d’être interceptée par les gardes-côtes la nuit. 40 millions le prix d'une embarcation clandestine de fortune par tête et qui dit mieux. Sur les trois embarcations clandestines qui ont pris le départ à partir des côtes oranaises, dont la première à partir de la plage des Corales, sur une barque Zodiac pneumatique, moteur 300 cv et avec à bord 13 migrants qui ont fait 13 heures de trajet en mer pour arriver à Almeria au lieu de trois heures à cause d'un dégonflage d'un côté de la barque, qu’ils ont fini par abandonner une fois arrivée à Almeria. Quant à la deuxième embarcation à partir des îles Habibas sur une barque pneumatique moteur 500 cv de 7,5m, a été interceptée le week-end dernier  soit le 17 novembre à bord de laquelle se trouvaient 40 jeunes algériens ‘’harrag’’ au niveau de la côte de Honaine dans la daïra de Beni Saf et qui ont été secourus et présentés devant les instances judiciaires près le tribunal de la daïra de Beni Saf. Quant à la troisième embarcation clandestine, une barque de fortune de 7, 5m de long, moteur 600cv, sur laquelle se trouvaient 50 migrants et qui  sont tombés en panne sur une distance parcourue de 30 km environ, sont restés bloqués pendant 4 jours en mer jusqu'à leur interception par les gardes-côtes Espagnols. Ces derniers  ont été secourus et remis aux gardes-côtes Algériens. En effet, entre le 11 et le 19 novembre 2018, 09 bateaux seraient arrivés sur les côtes espagnoles, dans la région d'Almeria. Les gardes-côtes algériens interceptent régulièrement des jeunes et moins jeunes sur le point de quitter le large pour tenter de rejoindre, clandestinement, les doux rivages de l’Europe. Le principal point de chute de ces «harrag» est la côte espagnole.

 

Medjadji H.
Mercredi 21 Novembre 2018 - 16:25
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Oran
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