REFLEXION

EDITO : Quand on a besoin des frères Africains



Déçu par l'absence de soutien de la part de ses "frères" arabes, Kadhafi décide d'opérer une réorientation radicale de sa politique étrangère et de se positionner comme leader africain. Le régime libyen se tourne alors vers l'Afrique, continent où il avait déjà soutenu de nombreux mouvements d'indépendance (Angola, Guinée Bissau, Mozambique, Namibie, Zimbabwe dans les années 70) et gouvernements (Charles Taylor au Liberia), abrité de nombreux rebelles aujourd'hui au pouvoir, et où il avait mené des actions militaires (conflit du Tchad pour la bande d'Aouzou). Un recruteur malien de Kadhafi basé à Bamako raconte ainsi: "Je prie dans une mosquée de Bamako construite par Kadhafi; je regarde la télévision sur le réseau national installé par Kadhafi dans les années 80; je suis fier de la Cité administrative Muammar al-Kadhafi, un complexe de 100 millions de dollars" . Aujourd'hui, sur un territoire libyen contrôlé par une myriade de groupes armés, il y aurait 23 centres de regroupement de migrants, notamment à Koufra, Sabha, Oubari, Tobrouk, Ajdabiya, Syrte, Misrata, Tripoli, Gharyan, Zawiya, Sabratha, et Zouara. Les milices armées libyennes tout comme les mouvements djihadistes, ont tous leur part dans le trafic de migrants. Daech, provisoirement affaiblie par son éviction de Syrte, n'a pas tardé à exploiter les filières clandestines de migration pour ses propres besoins en main-d'œuvre: depuis l'an dernier, l'organisation serait en train de recruter des combattants parmi les migrants originaires des pays les plus pauvres d'Afrique (Mali, Niger, Tchad, Soudan) contre une rétribution de 1000 dollars par personne. La pauvreté et l'aide colossale dont ils ont bénéficié de la part de Tripoli avaient amené nombre de pays du continent africain à devenir des réservoirs de mercenaires, issus pour la plupart des guerres africaines du leader libyen. En 2011, venus pour défendre le régime contre les rebelles, leur nombre exact sur le sol libyen est cependant impossible à déterminer. Des rapports de terrain non confirmés à l'époque avaient suggéré qu'ils arrivaient par avion à Tripoli et Benghazi, indiquant par-là l'existence de sites d'enrôlement diversifiés.

Rachid M.
Lundi 25 Décembre 2017 - 18:42
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ACTUALITÉ
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