REFLEXION

EDITO : Les suicidés de la grande bleue



Baudelaire a écrit ‘’Pour les âmes qui souffrent, la mort n'est pas un mal, mais une libération. Pour les esprits qui rêvent, la mort est l'ouverture à des mondes inconnus.’’ Sans fleurs, sans orchidées, ni roses illuminées de cierges habituels lors de veillées funèbres, rien absolument rien, même pas une petite prière ni aucune larme, n’accompagnent l’agonie de ces pauvres malheureux suicidés de la grande bleue. Noirs, blancs, de toutes les races, d’origines et religions différentes, victimes de leurs malheurs et misères fuient la guerre, ils fuient la dictature des hommes ainsi que l’anarchie de leurs pays vers d’autres cieux plus cléments, à la recherche d’une vie meilleure, dans d’autres mondes aux paradis d’Eden, autre que le leur. Rêveurs, songeurs, peu optimistes, ces malchanceux de la dernière chance, sans programme, ni concertation, se lancent à l’aveuglette dans une aventure incertaine, abandonnant tout, familles et proches, laissant ’’nul héritage’’, pour en fin de compte croiser la mort qui les épie dans cette immensité bleue, devenue leur gigantesque cimetière marin au sein duquel, ils reposeront sans linceul blanc ni sépulture, accompagnés seulement dans leur funeste descente macabre au fin fond des eaux troubles par les gros poissons prédateurs. De partout, de tous les pays, ces misérables affluent sur des bateaux de fortune cédés par les ‘’ogres’’ trafiquants et passeurs et tueurs véreux, sans foi ni loi qui leur promettent assurances sur fond de tricherie mensongère. Même très peu confiants, ces infortunés, bravent tempêtes, flots déchainées de la grande bleue, à la recherche de destinations plus sociables où règnent paix, équité, stabilité, sécurité…, que divise équitablement une attitude d’empreintes de justice reflétant la vraie morale vivante, non bafouée. Quand les nouvelles des drames sont annoncées, c’est toutes les populations du monde qui sont touchées, hormis les détracteurs, insensibles à la douleur et au malheur d’autrui.  Plus tard, quand arrivent enfin les secours et que la bleue devient plus clémente, rares sont ceux parmi les survivants de l’‘’holocauste marin’’, qui verront leur fameux paradis d’Eden.

 

Benyahia Adda
Lundi 14 Août 2017 - 18:43
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ACTUALITÉ
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