REFLEXION

EDITO : La main du manipulateur



Échec ou succès, on sait bien que les actes d'héroïsme n'ont rien à voir avec l’échéance finale, et qu'ils peuvent être tout aussi nombreux, sinon davantage, dans des situations où il n'y a pas à se glorifier d'une victoire. La conscience populaire ne s'y trompe pas, et sait reconnaître le courage quoi qu'il en soit. Alors que les rescapés de cette apocalypse, lorsqu'ils se retrouvent chez eux, ont affreusement honte et redoutent le mépris de leurs proches, ceux-ci au contraire les accueillent avec gratitude et avec joie. L'opération main propre telle qu'elle nous est montrée ne se veut pas un chant de gloire en hommage à ceux qui y ont participé. Les mots gloire, hommage, héros, ne sont jamais ceux qui sont suggérés par le journal télévisé alors que pendant toute sa durée, on ne cesse d'être saisi par les actes de courage auxquels on assiste, abnégation, sens du devoir et du sacrifice, oubli volontaire du risque de mort politique omniprésent. Alors comment comprendre un tel paradoxe, qui donne à l’image son ton si particulier ?  Sans doute vient-il de l'absolu naturel de ces hommes dans leurs actions, de l'absence totale de pose, d'aspiration à la grandeur, à ce qu'on appelle le dépassement de soi. Ils agissent en fonction d'évidences, de convictions implicites, et le manipulateur se garde par dessus tout d'adopter une attitude qui consisterait à dire au citoyen : "Voyez comme ces hommes sont courageux, n'est-ce pas magnifique, et comme nous devons les admirer !" Il sait pourtant si le temps en donne l'occasion, mais son but n'est pas de nous inciter à l'exaltation. On se rend compte après coup, alors qu'on est encore dans l'émotion de ce qu'on a vu, que pas un instant le manipulateur n'a enfermé sa représentation dans un cadre qui paraîtrait s'imposer et qui serait celui de l'héroïsme, pour en revenir à ce mot. Oui, certainement, de nombre de ces hommes on pourrait dire qu'ils ont été héroïques, mais le sentiment dominant est qu'il vaut mieux se passer de ce mot car il ressemble trop à une étiquette, et ce serait le mot par lequel on se débarrasse de la tendresse humaine (pour de si jeunes gens, des enfants ou presque) au profit d'une grandiloquence obligée.

Rachid M.
Mardi 8 Août 2017 - 18:28
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