REFLEXION

EDITO : Désordre en Algérie : pari perdu



Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte et les Algériens ont déjà « donné », car peu nombreuses sont les nations arabes qui ont payé chèrement le prix, pour leur indépendance, comme l'Algérie qui a trop souvent joué les premiers rôles, telle que la décennie noire, qui a traumatisé tout un peuple et qui depuis, n'a jamais autant aspiré à la paix. Bouteflika n'est pas Moubarak, ni Ben Ali, ni Saleh, ni Assad ou Kaddafi, il ne suscite ni haine ni rancœur, compte tenu de la difficulté rencontrée pour tenir la barre d'un vaisseau qui s'appelle l'Algérie, sorti de la tempête et qui tangue plus que de raison Qu'on le veuille ou non sa légitimité reste cependant intacte pour lui être gré, d'avoir ramené la paix qui semblait lointaine et inaccessible et ce jusqu'en 1999. Le vrai problème est la réalité vécue, logements de fortune, les écoles inaccessibles, les hôpitaux qui ne vous soignent pas ou mal, les injustices quotidiennes, les mille et un tracas qui font que vous avez plus le sentiment de survivre que de vivre, et la conviction que les « chefs » sont loin de tout cela et regardent ailleurs. La majorité, ne veut pas voir le pays sombrer dans la violence car elle en a fait l'expérience et souhaite ardemment que le pays sorte de ce nuage de brume et prospère, vœu de tous les Algériens qui ne veulent pas tomber dans la propagande des médias dirigés par le lobby sioniste. Une société tiraillée entre une envie de modernité évidente et un conservatisme qui peine à s'estomper, l'existence de nombreux tabous pesant comme un carcan de plomb sur les épaules d'une jeunesse qui suffoque, le parcours du combattant attendant ceux qui cherchent un logement ou désirent créer leur entreprise en respectant les règles labyrinthiques élaborées par l'administration, ou encore l'absence de loisirs accessibles, voire simplement disponibles, pour certains privilégiés. Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Bahreïn, Yémen se sont embrasés et même le Maroc a failli l'être et a dû affronter le vent de la contestation populaire, mis à part l'Algérie où les observateurs qui ont tous parié sur une explosion, se sont trompés.

Rachid M.
Lundi 10 Avril 2017 - 08:00
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ACTUALITÉ
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