REFLEXION

Commémoration de la 9ème année de la Mort de Benyoucef Ben Khedda

En ce jour du 4 février, il est important de revenir à l’homme et à l’œuvre qu’il a laissé, après une vie militante bien remplie, et cette remémoration aujourd’hui vise à sauvegarder la mémoire de ceux et celles qui ont tout donné à un moment ou l’Algérie avait besoin d’eux, plus que jamais.



Une telle commémoration est à inscrire dans la mémoire historique du peuple pour qu’il ne puisse pas oublier, et se les rappeler. De tels hommes méritent que l’on s’y attarde, par cette halte commémorative pour se remémorer, le temps d'une journée, l'homme qui a grandement contribué à la lutte de libération nationale. Ceux qui l'ont approché insistent sur l'intelligence de l’homme de son dévouement à la cause et ce depuis les années 40, aussi est il nécessaire de revenir sur son parcours en cette occasion et à l’approche du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, pour lui rendre un vibrant hommage pour son apport à la révolution. Benyoucef Ben Khedda  nous a quitté,  le 4 février 2003 laissant un grand vide, en lieu et place, à l’âge de 83 ans. Ce moudjahid qui a été partie prenante de toutes les actions, est né  le 23 février 1920 à Berrouaghia. Il fréquenta l’école coranique et l’école française, dans les années 1930, il poursuivra ses études au lycée Duveyrier de Blida. Et c’est là qu’il fera la connaissance de plusieurs militants nationalistes révolutionnaires algériens dont Mohammed-Lamine Debaghine, Saad Dahlab, Ramdane Abane, et M’hamed Yazid Au lycée, ces jeunes militants nationalistes furent particulièrement marqués par le rejet de la culture arabo-islamique par le système éducatif français prévalant en Algérie. Ce rejet s’inscrivait dans le cadre de la politique assimilationniste française qui s’efforçait de couper la jeunesse algérienne de ses racines civilisation elles. Benyoucef Ben Khedda  en tant que miulman tenant aux principes ne pouvait accepter cette état de fait, aussi affirmait-il à ce propos  : « Un autre fait qui a marqué notre adolescence fut la langue arabe enseignée au Collège comme « langue étrangère » au même titre que l’anglais ou l’allemand, alors que c’était notre langue maternelle - la langue officielle étant la langue française -. Cela nous choquait et nous chagrinait car nous aspirions tellement à l’acquérir afin de goûter aux chefs d’œuvre de nos ancêtres et à l’éclat de la culture arabo-islamique qui nous fascinaient littéralement »

Le parcours d’un grand militant
Benyoucef Ben Khedda adhéra au Parti du Peuple Algérien (PPA), dés 1942. En 1943, il sera arrêté par la police française, ou il subira des tortures, pour avoir participé à une campagne du PPA menée dans la région de Blida, contre l’enrôlement des algériens dans l’armée Française et envoyés pour combattre l’Allemagne. Après 8 mois de détention, il sera  libéré en décembre 1943. Parallèlement à ses activités militantes, Benyoucef Ben Khedda poursuivrat ses études. Après l’obtention de son baccalauréat, il s’inscrivit à la faculté de médecine et de pharmacie de l’université d’Alger en 1943, après de longues études il finira par décrocher, le diplôme de pharmacien en 1951. Il deviendra membre du Comité central du PPA-MTLD en 1947 et deviendra Secrétaire général de 1951 à 1954. De 1953 à 1954, il deviendra l’un des principaux animateurs du courant centraliste qui s’opposa au Président du Parti, Messali Hadj. Arrêté après le déclanchement de la lutte armée du 1er novembre 1954, il passera plus d’un an de prison pour être finalement  libéré en mai 1955. Quelques semaines après sa libération, il adhéra au Front de Libération Nationale (FLN), son intelligence et son assiduité le distingueront devenant ainsi le conseiller d’Abane Ramdane. En août 1956, au cours du Congrès de la Soumman, Benyoucef Ben Khedda, sera désigné membre du Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA) et du Comité de Coordination et d’Exécution (CCE) avec Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Saad Dahlab et Krim Belkacem. Avec les deux premiers, il dirigea l’organisation de la Zone Autonome d’Alger. Ayant déjà géré L’Algérie libre, l’organe du MTLD, il fut chargé de mettre sur pied le journal du FLN, El Moudjahid.

Un grand visionnaire
Quittant Alger après l’assassinat de Larbi Ben M’hidi en mars 1957, Benyoucef Ben Khedda se rendit à l’étranger au nom du FLN en qualité de diplomate représentant l’Algérie, pour devenir le 9 août 1961, le président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), ce qui lui permettra de s’impliquer  dans la lutte pour l’indépendance totalement en participant aux négociations d’Evian et c’est lui qui sera chargé de la proclamation du cessez-le-feu du 19 mars 1962.   Durant la crise de l’été 1962, Benyoucef Ben Khedda préféra se retirer afin d’éviter « un bain de sang fratricide ».  Quelques années après, il fondera le mouvement El Oumma qu’il dissoudra, mais cela ne l’empêcha pas de fonder avec le cheikh Ahmed Sahnoune, l’organisation At-Tadhamoun al-Islami al-Jazaïri « la solidarité islamique algérienne » dont le but était de dénoncer l’état d’exception et les violations des droits de l’Homme ayant suivi l’interruption du processus électoral de janvier 1992. Musulman convaincu, Benyoucef Ben Khedda considérait que l’islam était la solution aux problèmes rencontrés par les pays arabes et musulmans : « pour chaque problème qu'ils rencontrent, ils se sont tournés vers le « Premier Monde » pour des réponses, des orientations et de l'aide. Affirmait-il et d’ajouter : Ils voient leurs propres sociétés délinquantes et attribuent cette délinquance à son adhésion à la religion et aux traditions. La plupart de l'élite dirigeante du monde musulman appartient à cette école de pensée. Il est temps que nous les invitions à laisser de côté cette hypocrisie et de jeter un regard objectif sur leurs propres sociétés. Ils pourraient découvrir contrairement à ce qu'ils pensent, que le bon côté de leurs sociétés provient de l'Islam et le mauvais côté de l'hypocrisie et de la défiance de l'Islam » Après tous ce long chemin parcouru, Benyoucef Ben Khedda  décédera le 4 février 2003, suite à une longue maladie. Durant les années qu’il a vécu , Ben Khedda a rédigé cinq ouvrages d’histoire sur la lutte de libération nationale du peuple algérien, dont « Les origines du premier novembre 1954 » qui retrace l’histoire du mouvement nationaliste révolutionnaire algérien avant le déclenchement de la révolution algérienne. Dans ce texte, Benyoucef Ben Khedda mettra en avant la violence particulière de la colonisation française en Algérie, qui selon lui était une colonie de peuplement considérée comme un territoire de la République. La violence particulière de cette colonisation s’exprima notamment au travers de la politique ethnocidaire mise en place par les autorités coloniales françaises. Cette politique ethnocidaire visait à faire disparaître l’ensemble des caractères sociaux et culturels du peuple algérien en s’attaquant prioritairement à l’islam et à la langue arabe. Contre cette politique coloniale, Benyoucef Ben Khedda insistait particulièrement sur la dimension culturelle et religieuse de la résistance algérienne. Qu’il repose en paix et que Dieu l’accueil en son vaste paradis, lui est tous ceux qui se sont sacrifiés pour ce pays.

Benyahia Aek
Samedi 4 Février 2012 - 13:54
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Arrêt Sur Mémoire
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