REFLEXION

COLONEL LARACHI MENOUAR DE L’ALN DIT MOKHTAR A REFLEXION : « Réécrivez l’histoire tant que de vrais moudjahidines sont encore en vie »

Du haut de ses 90 ans qu’il bouclera dans cinq mois, le Colonel Mokhtar de l’ALN, de son vrai nom Larachi Menouar, qui dira lors de la seule interview accordée au journal L’Express en date du 28 juin 1962 dans son numéro 576 que « une patrie se compose des morts qui l’ont fondé aussi bien que des vivants qui la continuent », avant d’entrer dans un mutisme qui durera 55 ans, a bien fini par sortir de son monde taciturne pour répondre à l’invitation de Réflexion et revenir un temps de commémoration du 1er Novembre, sur un bout de son parcours de combattant pour que vive l’Algérie.



Les prunelles toujours attisées de cette vive lueur que ses ainés lui ont certainement reconnue depuis sa première jeunesse, pour faire de lui les yeux de l’ALN dans la région allant de l’Ouarsenis à Zbarbar, monsieur Larachi Menouar se rappelle encore bien de sa vingtaine et du chemin l’ayant mené à embrasser la carrière de combattant contre le joug colonial Français. Destin qui le rappela lorsque Rezzig Rabah lui rendit visite pour lui proposer cette activité, par égard de confiance, lui qui n’était autre que son ami de médersa. « A cette époque, dans notre région montagneuse, rare les enfants de mon âge qui allaient à l’école française. J’ai ainsi fait comme la majorité de la zaouia de Boumaaraf à Tablat(Médéa) jusqu’à la mort de mon père alors que j’avais 13 ans », se confie notre invité. Et trois ans après, sa maman regagna l’autre monde. Le petit Larachi Menouar devait alors compter sur lui-même. « Puis une société pétrolière ayant acheté dans les parages une forêt, m’embaucha comme pointeur dans son chantier ». Chemin faisant, Larachi décida de voler de ses propres ailes pour un meilleur épanouissement lorsqu’il loua un café dans la bourgade de Chrayat, à côté duquel il ouvrit un autre commerce d’épicerie. Là où son dit ami Rezzig est venu lui rendre visite pour lui proposer d’être les yeux de la ‘’Jebha’’ (front).
Il était temps de déguerpir !
Bien du temps coula jusqu’au jour « où deux gendarmes sont venus me voir pour me demander si je ne connaissais pas Larachi Menouar. J’ai alors compris que j’étais recherché par les services français qui n’avaient pas encore une photo à propos de mon identité, puisque les deux agents ne m’avaient pas reconnu. Ils avaient également mis au peigne fin l’ensemble de mes commerces par le biais du scanner d’antan, mais sans détecter quoi que ce soit, comme j’avais la manie de tout dissimuler non sans mettre dessus le sel comme le savent tant les anciens. Ce jour-là, j’avais compris qu’il était temps de déguerpir. J’ai ainsi bradé le café et l’épicerie pour prendre le chemin du maquis ». Il était temps pour notre héros de passer à autre chose.
Gravir le sentier du ‘’jbel’’ (montagne)
C’est ainsi que le jeune homme Larachi, s’est vu gravir le sentier du ‘’jbel’’ (montagne), quatre mois et demi après le déclenchement de la guerre de libération, par un hivernal jour de 15 février 1955. ‘’El-Khawa’’ (les frères d’armes), le connaissaient déjà pour toutes les informations utiles et capitales qu’il fournissait au sujet des déplacements des troupes françaises entre autres ‘’biyaâas’’ (mouchards). L’intégration ne posa point problème au jeune Larachi qui avait déjà le charisme d’un meneur d’hommes. Et quelques jours après, il était sur le point de rendez-vous de sa première opération dans le commando de ‘’ fida’i ’’.
Embuscade sur la route de Mezghana
Quelques temps après sa montée au maquis, la route de Mezghana dans la région d’El Azizia près de Tablat, de son nom colonial « Les Frênes » ou « Camp des Frênes », le village natal de Lakhdar Brahimi le politicien algérien et diplomate de la Ligue arabe et de l'Organisation des Nations unies ainsi qu'envoyé spécial chargé de plusieurs dossiers/régions pour ces deux organisations, fut à la croisée du chemin de pas moins de 11 bonhommes ‘’ fida’i ‘’ dont Larachi Menouar, par un jour printanier de Mai 1956 lors d’une embuscade sous la chefferie de Lhaj Lakhdar ‘’Allah yarhmah’’ ( que Dieu ait son âme) que vient son Créateur de l’appeler récemment à l’âge de 102 ans à Relizane. « Ce fut ma première opération en tant que ‘’ fida’i ‘’ (commandant suicidaire -si l’on se permet la traduction-) ». « Nous étions 11 moudjahid à avoir pris les traverses sinueuses de la région. La nuit tombée, nous étions dans l’obligation de chercher un abri que nous a offert le moujahid Htaybi Alliouate lequel nous avait également présenté son fils que nous avons enrôlé sur le champ, avant de  reprendre la route qui nous mit face à face avec une section militaire en déplacement. L’ouverture du feu s’est vue s’étaler sur un long moment pour se poursuivre encore longtemps. A la fin, l’assaut s’est soldé par la récupération d’un important lot d’armes et la mise hors d’état de nuire de pas mal de soldats français entre autres gardes champêtres. Alors que leur chef, Raymond, qui s’était caché sous la Jeep, était laissé blessé».
74 militaires abattus dans l’accrochage de Riyacha
La localité de Riyacha dans l’historique wilaya 4 se rappelle aussi de ce fatidique 4 février 1958 pour l’armée française qui avait essuyé un échec cuisant devant peu d’hommes mais bien déterminés.  « Notre commandos Ali Khodja sous l’autorité du commandant Azzedine et en collaboration avec le commandant Si-Lakhdar, nous avons envoyé un vieil homme pour informer les chefs à propos de présence d’armes. Mais en fin de compte, ce ne sont pas moins de 8 grands camions militaires chargés de soldats français que nous reçûmes. Durant cet accrochage pas comme les autres, nous avons compté la tombée en chahid (martyr) de sept éléments, alors que le huitième qui était blessé, a rendu l’âme son MAT 44 à la main. Et du côté français, ce ne sont pas moins de 76 militaires qui se sont vus abattus. Notre butin s’est soldé par la récupération de 24 armes.
La bataille de Ouled Said ou le miracle d’Allah ?!            
Le commando prenant de l’allure et le train des mouchards faisant suite, les gars du commandant Ali Khodja étaient de plus en plus recherchés, jusqu’au jour où l’armée française envoya dans le village d’Ouled Said 8 camps plus un parterre de harkis dans sa perspective de mettre main sur les frères d’armes de Larachi Menouar. « Cette opération qui fut imposée a duré de 8h jusqu’à 19h au bout de laquelle nous avons compté parmi nos rangs 5 morts. Alors que du côté français, 360 militaires et harkis ont été tués, grâce notamment aux fellahas qui eux aussi prenaient les armes des soldats tombés pour nous rallier. Mais le plus beau et le plus miraculeux, ne fut autre que cette pluie divine venue s’abattre juste sur nos têtes, cafouillant la visibilité au camp de l’ennemi.
Prenez contact avec les vrais moujahidines !
Né le 6 avril 1928 à Tablat, notre héros qui était déjà chef de bataillon à l’indépendance, fut nommé chef du secteur militaire à Mostaganem puis embrassa d’autres postes dans la deuxième Région Militaire où il s’est mis à la retraite en 1973 alors chef de bataillon génie avant une dernière promotion à sa retraite après 12 ans d’exercice sous le règne de Chadli Bendjedid Allah yarhmah. Et pour un dernier mot, COLONEL LARACHI MENOUAR DE L’ALN DIT MOKHTAR, demande aux cadres vives de la Nation, de prendre contact avec les vrais moujahidines tant qu’ils sont encore en vie, pour une réécriture de l’histoire de l’Algérie.   

 

Ilies Benabdeslam
Lundi 30 Octobre 2017 - 19:52
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MOSTAGANEM
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