REFLEXION

BECHAR : Les spéculateurs locaux derrière la cherté du prix du mouton

A une semaine de l’aïd El Adha, le prix du mouton du sacrifice s’annonce très cher cette année. Le prix varie de 38 000 DA à 40 000 DA pour l’antenais, de 45 000 DA à 65 000 DA pour le « Thnie » de deux ans, à 70 000 dinars pour « Rbaâ », quatre ans. En ce qui concerne les brebis, « Rakhla » de deux ans est cotée entre 30.000 DA et 38 000 DA, la « Rabaîa » à partir de 25 000 DA.



Un tour au marché de bestiaux de Béchar situé dans les parages de la zone industrielle, donne un aperçu sur la spéculation sur le prix du mouton de l‘aïd. La plupart des maquignons, quoique enturbannés de cheich et gros gourdin en main n’ont rien d’éleveurs. Ce sont des autochtones ainsi déguisés pour la circonstance qui achètent des moutons aux éleveurs venus de Bougtob, Méchéria,d’Aïn Benkhélil,  Aïn Sefra et El Bayadh et parfois de Sougueur et font flamber les prix. Selon un connaisseur rencontré sur les lieux« Ce sont des gens qui n’ont rien à voir avec l’élevage qui spéculent sur le prix du mouton ». Il ajoute que ces spéculateurs attendent les vrais éleveurs à quelques kilomètres de l’entrée nord de la ville et leur offrent un prix pour la totalité du cheptel que contient le camion » .Les éleveurs profitant de l’aubaine rentrent chez-eux, sans avoir à subir les contraintes et dépenses au niveau du marché. Les spéculateurs locaux ont trouvé un autre subterfuge pour s’enrichir sur le dos du fonctionnaire. Ils se sont mis à pratiquer depuis quelques années déjà la vente du mouton du sacrifice par « facilité de payement ». Ils acceptent la moitié du prix du mouton en espèce et deux ou trois chèques signés pour le reste. C’est ainsi que le père de famille se livre pieds et mains liés à ceux qui n’attendent que de pareilles occasions pour le saigner.  Sur la place du marché, tout le monde s’accorde à dire que ce sont ces rapaces occasionnels qui sont  derrière la hausse des prix. Les éleveurs, quant à eux, affirment que cette flambée des prix serait conséquente de la hausse des prix de l’aliment de bétail. Pour certains, la sécheresse  enregistrée ces deux dernières années, y est pour quelque chose. Un  vieux venu en curieux s’enquérir des prix pousse un long soupir et dit  « Personne ne se soucie des gens à faible revenu s’ils arrivent à assurer le mouton du sacrifice à leurs enfants ». Un peu plus loin de là, un éleveur venu d’Aïn Benkhélil dans la wilaya de Naâma impute cette augmentation des prix du mouton au prix de revient de l’élevage et aux conditions de vie des éleveurs «Il faudrait plutôt voir quelle quantité d’orge nous est servie au niveau de l’OAIC et à quel prix réel nous l’achetons au marché parallèle. Allez demander le prix que nous payons pour l’achat du son, de l’avoine et autres sous-produits entrant dans l’engraissement du bétail. Vous autres citadins vous vous la coulez douce et vous voulez avoir le mouton engraissé au prix qui vous convient sans savoir ce que cela nous coûte. A la question «  qui impose les prix ? », il répond «  la demande. Vous ici à Béchar vous optez  pour le bélier à corne, il faut y mettre le prix. Ailleurs, la brebis est prisée  et elle est moins chère ».  Enfin, quelques soient les raisons et vu les prix, le citoyen aura à payer le kg de viande de l’aïd El Adha beaucoup plus cher que chez le boucher.

Ahmed Messaoud
Mardi 6 Août 2019 - 19:42
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