REFLEXION

Ain El Bia à la traîne

La localité d’Ain El Bia est située à dix kilomètres à l’Est du chef-lieu de commune et de daïra, Bethioua. Elle compte parmi les plus grandes agglomérations de la municipalité. Malgré le nombre de ses habitants avoisinant les 40.000 âmes, elle est laissée pour compte par les élus communaux.



Ain El Bia à la traîne
L’état des routes
Les routes, le gaz naturel, l’eau potable, l’assainissement, l’éclairage public et l’aménagement urbain sont les revendications de la population. Il est aisé de constater l’état déplorable et lamentable des voies d’accès aux différents îlots. Aucune ruelle n’est bitumée. Elles sont toutes de vraies pistes.  Elles sont boueuses, jonchées de flaques d’eau, les automobilistes roulent à la vitesse minimum, les piétons doivent se chausser de bottes pour pouvoir se déplacer malgré la présence de quelques travaux d’aménagement urbain. Dans quelques endroits, les trottoirs sont très étroits, si deux personnes se croisent, l’une devra emprunter la chaussée boueuse. Le béton bitumeux est quasi inexistant dans la bourgade de Chehairia  et cela demeure le rêve des habitants.

Le gaz de ville et les fosses septiques
L’agglomération n’a pas bénéficié d’un projet de raccordement au réseau du gaz de ville et pourtant les habitants de la ville d’Ain El Bia  sont branchés ainsi que ceux de la ville des camps sonatrach  qui se trouvent  à peine  de 500 mètres à vol d’oiseau, du village. Malheureusement la station d’essence  qui abrite le dépôt du gaz butane se situe à la sortie ouest de l’agglomération à quelques kilomètres du chef lieu de la commune d’Ain El Bia mais aussi la conduite qui alimente  Ain El Bia  en gaz de ville passe à quelques 600 mètres au nord de Bethioua.

Fosses septiques
 La plupart des villages et camp Sonatrach ne sont pas encore raccordés au gaz naturel et fonctionnent toujours par les fosses septiques qui  ne sont pas encore  éradiquées malgré l’instruction du wali qui a ordonné lors de sa dernière visite l’éradication de l’ensemble des fosses septiques ainsi que la réalisation des projets de l’assainissement AEP et AOP dans l’ensemble des quartiers de la commune de  Ain El Bia . La localité a bénéficié d’un projet destiné à l’assainissement des eaux usées, néanmoins quelques foyers restent non branchés au réseau principal, car ils ne sont pas raccordés aux canalisations secondaires, non prévues pour cette partie de l’agglomération.

L’eau potable
L’eau potable est insuffisante pour ne pas dire qu’elle se fait rare. C’est l’une des préoccupations des citoyens qui se dotent de cette denrée en louant des citernes pour la majeure partie du quotidien. Il y a quelques jours, un projet d’alimentation en eau potable dont a bénéficié la localité a été lancé. Les travaux avancent à une cadence qui permettra aux villageois d’oublier ce calvaire. De toute manière, les habitants auront moins de soucis, moins de peines pour  s’approvisionner et s’alimenter en eau potable. Les habitants nous apprennent que le projet a été réalisé. Cependant, il reste à acheminer les conduites secondaires pour alimenter les foyers.

L’éclairage public
 Située le long de la RNW16, Ain El   Bia  se trouve depuis des années dans le noir. L’éclairage public fait défaut malgré la présence des lampadaires. Certains sont opérationnels et fonctionnels mais d’autres sont munis de lampes grillées. En passant la nuit, rien ne prouve la présence d’une agglomération. Les habitants ont peur de sortir la nuit. Les fidèles se rendent à la mosquée édifiée à la sortie ouest de la localité dans le noir. Les étudiants particulièrement les filles qui fréquentent les collèges de Ahmed Medeghri  et les lycées Emir Abdelkader  ou encore les universitaires  d’Oran, sortent très tôt le matin. Ils craignent  d’être agressés par des personnes ou des chiens, nous dira notre interlocuteur. Aucun lampadaire n’est installé tout le long de la RN W16. Les fils électriques qui alimentent d’autres foyers branchés illégalement font une vraie toile d’araignée et sont à haut risque pour les habitants. La population espère que les pouvoirs publics prendront en charge cette revendication en dotant le village de l’éclairage public. Un citoyen a qualifié son lieu de résidence d’un cimetière abandonné, si ce n’est la présence des habitants qui vont et viennent pendant la journée, mais dès la tombée de la nuit, toute activité cesse. Les gens rentrent chez eux, les commerçants ferment leurs boutiques et attendent le lever du jour suivant. Et c’est la routine qui reprend le quotidien des habitants. Si un usager, voire un étranger de la région, empruntant la RN5 ou l’autoroute est-ouest qui passe à quelques encablures, tombait en panne la nuit, il ne saurait pas que la localité abrite des habitants en mesure de lui porter secours.

Tourisme
Dans un passé récent, Ain El Bia dite Damesme était un petit village touristique avec ses plus belles plages avec le sable en or  et au fil des années, elle a connu une expansion de constructions considérables et un nombre croissant d’habitants. Les constructions étaient des habitats précaires bâtis en «toub», les toitures en tuiles rouges ou en chaumes. Cependant, ces dernières années, le moderne a pris de l’ampleur. Les citoyens ont construit des maisons en R+1 ou R+2. Ils utilisent le gaz butane dans leurs foyers.

Loisirs pour les jeunes
Côté jeunesse, cette tranche de la société demeure dans la marginalisation et l’oubli. L’agglomération est démunie de toutes  infrastructures à savoir un terrain de proximité hormis une aire de jeu à l’abandon, un centre culturel, une salle de spectacles, une piscine semi olympique, un terrain gazonné. Les moyens de  loisirs sont inexistants et les jeunes fuient la localité pour aller à Bethioua ou à Arzew et même  à Oran. Là, ils trouvent l’occupation et oublient le marasme et l’ennui. L’arrêt des fourgons est le seul endroit où ils se rencontrent.

Santé
La bourgade de  Ayaida dispose d’un centre de santé avec  pour tout effectif, un infirmier. Les citoyens demandent la présence d’un médecin au moins une fois par semaine, surtout le service maternité et infantile dans le but d’effectuer un contrôle médical pour les enfants en bas âge. L’établissement abrite aussi l’antenne administrative de la mairie. Les citoyens se font délivrer leurs documents en toute quiétude loin des longues files qu’enregistre journellement le siège de l’APC. Pour retirer un certificat de résidence il faut cravacher  et se déplacer dans un douar  distant de 07 kilomètres pour pouvoir retirer le fameux certificat de résidence. Pour avoir un certificat de résidence il faut emprunter  un taxi ou un clan pour se déplacer au siège de la commune qui est implanté dans un douar lointain de Chehairia ,alors que l’antenne de l’ancien siège du chef lieu de la commune de Ain  El   Bia qui est  bien placé au centre  ville ,ne délivre plus de certificat de résidence, une instruction  de l’actuel P/APC qui a défiguré l’image de marque de cette importante municipalité a bloqué tous les projets et a fait l’objet de plusieurs plaintes de détournements et de dilapidation de deniers publics ,une plainte officielle déposait par les huit membres qui  lui ont adressé une motion de retrait de confiance , pour les différents délits  de dépassement à l’image des attributions des certificats de possession de terrains appartenant à l’Etat et qui ont fait l’objet d’affectation  à des tierces personnes moyennant des sommes de 50 et 200 millions de centimes ( tchippa  de corruption)  pour lesquelles le secrétaire général en compagnie du vice président  de cette municipalité ont été suspendus de leur poste et écroués par le magistrat instructeur près le  tribunal d’Arzew.

L’emploi
Le projet des locaux commerciaux entrant dans le cadre du programme présidentiel est réalisé à 100%, mais ils restent non attribués aux jeunes et abandonnés même si l’on prend l’exemple de ceux du douar  Chehairia ou ceux qui sont implantés du côté  du camp 2. Ces locaux sont destinés aux personnes qui désirent lancer une activité et visent aussi l’absorption du chômage. Les citoyens s’interrogent sur l’avenir de ces locaux. D’ailleurs, lors de notre passage, nous avons constaté la dégradation avec des vitres cassées.
L’assiette où sont implantés ces locaux demeure un endroit  défavorable pour exercer toutes  activités d’autant plus qu’ils sont implantés dans des  endroits  qui ne  répondent   guère   à une quelconque activité, sont dépourvus de toutes les commodités d’accompagnement  à savoir les   branchements et le raccordement en gaz, électricité et eau.

Medjadji H
Mercredi 15 Février 2012 - 21:43
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