REFLEXION

A quand la chute des Etats-Unis d’Amérique ?

Les Etats Unis d’Amérique sont entrés dans la phase crépusculaire de leur empire. Et en tant que nation impérialiste, son effritement puis son effondrement, sonneront le glas de tous les régimes du monde qui lui sont liés et l’existence même d’Israël sera en question.



Loin de la guerre, ce pays produisait la moitié du charbon, les deux tiers du pétrole et plus de la moitié de l’électricité au niveau mondial. Ces matières premières bon marché et disponibles sur place, ont permis de booster la production de grandes quantités de navires, d’avions, de voitures, de produits chimiques, d’armes et d’autres produits manufacturiers. Ironie de l’histoire, c’est la guerre qui a permis aux États-Unis de s’enrichir et d’accumuler de nombreux capitaux en vendant des armes et en prêtant des fonds à une Europe et à un Extrême-Orient ruinés militairement et économiquement. Ainsi,  ils ont pu disposer de la plus grande partie des capitaux mondiaux et de dominer la production manufacturière et les exportations, et de détenir plus de 80% des réserves mondiales d’or. Assurée de son éclatante victoire, la finance mondiale qui avait élu domicile aux Etats Unis décida en 1944 à Bretton Woods (USA) de réorganiser l’architecture économique du monde occidental. La Grande Bretagne étant endettée et affaiblie, la France à bout de souffle, elle consacra les États-Unis comme nouveau pilier et nouvelle puissance du monde occidental, et le dollar comme pivot et monnaie de référence du système monétaire international. En effet, les accords de Bretton Woods, donnaient aux USA un droit de tirage en dollars à l'échelle internationale, pour financer, via ce que sera le Plan Marshall, la reconstruction européenne en général, et allemande en particulier. Ce droit de tirage va affermir le poids du billet vert et assurer des débouchés aux productions américaines. Par la même occasion, cette finance créa les deux institutions qui deviendront ses bras armés : la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), future Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI).

Les causes de l’accélération du déclin de l’empire américain
Tout d’abord, Il est fallacieux de dissocier l’empire américain de l’empire britannique, c’est un seul et même empire : l’empire anglo-saxon. “L’ordre mondial“ nécessite un centre dominant, afin de perpétuer son hégémonie. Devant l’incapacité de la Grande-Bretagne à jouer ce rôle, la finance occidentale a décidé, à partir du milieu du XXe siècle, à ce que les Etats-Unis deviennent le nouvel hegemon, état dominant, détenant les moyens d’établir et de maintenir “l’ordre“, afin de diriger et de gouverner le monde. S’il est en partie vrai que l’empire américain est né sur les ruines de la deuxième guerre mondiale qui a ravagé économiquement et militairement les pays européens et de l’extrême orient, en fait il a surtout été “enfanté“ par la finance qui squattait alors un empire britannique agonisant et qui a jugé que le coût financier de la pacification des territoires conquis au 19ème siècle devenait de plus en plus exorbitant et hypothéquait ses investissements dans ces pays, alors que dans le même temps, s’offrait à elle un territoire aussi vaste qu’occupait l’empire britannique auparavant et qui de surcroît était totalement pacifié. Par ailleurs, l’émancipation des peuples colonisés par l’empire britannique à partir du 20ème siècle et la réappropriation de leurs richesses naturelles ont mis à mal la finance mondiale qui avait élu alors domicile en Grande Bretagne pour profiter “sereinement“ du pillage des matières premières de ses colonies et du vaste marché pour l’écoulement de ses produits manufacturés qu’offrait cet empire transocéanique qui englobait un quart des territoires du monde et 300 millions de subalternes, le double si l’on inclut dans cet ensemble la Chine, colonie virtuelle de 430 millions d’habitants. Les indépendances de ces peuples ont rendu aléatoires les investissements dans ces régions du monde, et c’est ce qui a poussé la finance mondiale à “déménager“ ses fonds vers les Etats Unis d’Amérique. L’affaiblissement et l’effondrement de l’empire britannique ont surtout été accélérés par une fuite massive d’or et de capitaux vers un nouveau monde disposant de richesses naturelles “inépuisables“ et où le retour sur investissement était rapide et sans risque majeur. Il est de même fallacieux de prétendre que l’empire britannique n’a été qu’un empire maritime avant tout, et que l’Amérique ne disposant pas d’espaces extraterritoriaux importants en dehors de l’Alaska, ne peut pas  être considérée comme empire. Les empires qui les ont précédés avaient besoin de coloniser directement des territoires et asservir les populations autochtones pour se procurer les richesses de la terre et les matières premières minérales notamment les métaux précieux (l’or). L’empire britannique, en renonçant “intelligemment“ à ses colonies mais en maintenant des bases maritimes et des relais d’importance stratégique dans le monde entier, continuait de facto à contrôler la circulation des matières premières nécessaires au fonctionnement de son industrie.

La dislocation est inévitable
L’empire américain, quant à lui, a évolué dans sa manière d’exercer son hégémonie sur le monde. Il a jugé plus judicieux de faire l’impasse sur la colonisation directe d’autres peuples, mais en implantant un très grand nombre de bases militaires, il s’est assuré le contrôle indirect des Etats clés comme les pays du Golfe et s’est arrogé ainsi leurs richesses naturelles (pétrole, gaz). Par ailleurs, ces dernières décennies l’empire américain a compris que sa prépondérance ne se mesurait plus à la seule emprise géographique, elle devait résulter essentiellement de la suprématie dans le contrôle des réseaux économiques et des flux financiers. Et à cet effet, il a été en pointe dans la maîtrise d’internet et la technologie informatique. Ces deux paramètres ont permis aux deux citadelles du capitalisme anglo-saxon (les bourses de Chicago et de Londres) de contrôler totalement les prix des matières premières stratégiques. Grâce à elles, la finance prédatrice allait soumettre ainsi à distance de nombreux pays sans mobiliser des armées pour les conquérir. Les capitaux générés par ces bourses de matières premières étaient immédiatement captés et fructifiés par Wall street et la City de Londres, centres névralgiques de la finance mondiale, puis “défiscalisés“ dans des paradis off shore, autres temples de l’hydre capitaliste.

 

Ismain
Mardi 15 Mai 2018 - 17:36
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