REFLEXION

28 AVRIL, JOURNEE MONDIALE SUR LA SECURITE ET LA SANTE AU TRAVAIL : Prévention des risques professionnels

Le 28 Avril sera célébrée à travers le monde la 14ème édition de la journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail. Son principal objectif est de promouvoir dans le monde entier une culture de la sécurité et de la santé au travail. C’est en 2003 que le B.I.T (Bureau International du Travail) a entrepris d’observer cette « journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail » en mettant l’accent sur la prévention des accidents du travail et maladies professionnelles.



Dans ce cadre , nous évoquerons çi dessous dans une première partie  un constat de la prévention des risques professionnels au niveau des Entreprises  au niveau national en s’inspirant de notre modeste  expérience : Ayant assuré la présidence  de la Commission  d’Hygiène et de Sécurité  (E.P.M)  pendant une trentaine d’années et dispensé des cours d’Hygiène et Sécurité du travail à deux promotions d’Inspecteurs du travail au C.F.A de Mostaganem durant les années 1985 et 1986.
Dans la deuxième et troisième partie, nous essayerons de définir quelle mesures  internes et externes à l’entreprise  faut il appliquer pour la prévention des  maladies professionnelles et les accidents du travail ?
Les conséquences sont graves pour le travailleur, sa famille  ainsi que sur la société en général entrainant  des couts de réparation très élevés.
Nous apportons ici des principes généraux pouvant servir de base de support à une discussion sur les problèmes pratiques qui se posent tant sur le plan de l’étude des risques professionnels que sur les moyens de les prévenir.
La situation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles en Algérie est inquiétante et la possibilité  de  la  redresser  est elle complètement écartée, au vu  de l’état des statistiques qui est alarmant ?
L’Algérie enregistre chaque année une  moyenne de 700 décès dont 200 sont enregistrés au niveau de la capitale. Plus de la moitié de ces pertes humaines a été recensée notamment dans le secteur du bâtiment suite à des chutes en hauteur. Parmi ces personnes, beaucoup sont de nationalité Chinoise, une main d’œuvre mobilisée, rappelons-le, surtout dans le secteur du bâtiment (Source I.N.P.R.P).
Par ailleurs, la maladie professionnelle est la deuxième cause des accidents du travail. Une cinquantaine de travailleurs décèdent chaque année en service suite à des attaques cardiaques. D’autre part le stress est reconnu comme facteur ayant provoqué des accidents du travail plus ou moins graves quand on sait qu’un tiers des travailleurs Algériens en sont atteints.   
En 2013, l’Algérie  a enregistré 619 cas de décès suite à des accidents du travail selon les statistiques du Ministère  du Travail . Il n’en demeure pas moins  qu’il est très important par rapport à beaucoup de pays plus industrialisés. En France par exemple il y à en moyenne 550 décès  suite à des accidents du travail (552 décès en 2012 et 529 décès en 2011)  mais le nombre de salariés en Algérie est quatre fois moins important qu’en France avec 5 millions de salariés contre 18.300.000 salariés en France. Il y  à donc en Algérie  en moyenne  deux décès par jour durant l’année  suite aux accidents du travail. Comparé aux pays voisins  le  nombre  de décès  enregistré en Algérie  est pratiquement le même  qu’en Tunisie. C’est ainsi qu’en Tunisie ce sont 176 cas de décès   suite à des accidents de travail enregistrés en 2013 pour un effectif total de 1.408.000 employés  ce qui est, proportionnellement le même  comparé  à celui enregistré en Algérie.  
Selon l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T), plus de 2 millions de personnes meurent chaque année de maladies  liées  au travail et 321.000 personnes d’accidents de travail. Autrement dit, un travailleur meurt d’une maladie  professionnelle ou d’un accident  lié au travail  toutes les 15 secondes.Les dépenses  de la C.N.A.S (Caisse Nationale des Assurances Sociales) liées aux accidents  de travail et maladies professionnelles en Algérie dépassent les 20 milliards de Dinars chaque année. Ces  dépenses  enregistrées par la C.N.A.S ne font qu’augmenter d’année en année si nous nous référons aux   sommes colossales dépensées   par cet organisme .Il  y à trois décennies, à titre indicatif ; les statistiques nationales  laissaient  apparaitre que 35 milliards de Dinars ont été dépensées en 1983   pour la réparation uniquement des accidents du travail. Ces  sommes engagées par les caisses de la sécurité sociales  en une année  représentaient à l’époque le coût de construction de 07 hôpitaux de 240 lits  ou 16 cités de 100 logements chacune (Conférence Nationale sur la Prévention des Risques Professionnels -Mars 1985 organisée par U.G.T.A et Secrétariat permanent du Comité Central du F.L.N, chargé des Affaires Sociales et Economiques) .                 
Ces dépenses  qui sont engagées chaque année par l’Etat  peuvent  par exemple servir  à la construction d’autres projets sociaux éducatifs ou économiques profitables pour le travailleur et pour toute la nation.
Les chiffres précités tout aussi importants qui font que  les autorités devraient se pencher  davantage sur le problème de la sécurité du travail au niveau des Entreprises. Ceci tout en sachant qu’il y à beaucoup de décès  suite à des accidents de travail qui ne sont pas comptabilisés puisque les dits  employés exercent dans l’informel.
La situation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles en Algérie est certes inquiétante et la possibilité de redresser la situation est elle  écartée ?
  L’aspect social et humain de la prévention des risques professionnels  en Algérie a toujours été une préoccupation des pouvoirs publics qui édictent des lois et des règlements à l’instar du Bureau International du Travail. Mais indépendamment de ces actions extérieures  il existe sur le terrain au niveau de l’unité, de l’Entreprise le moteur principal qui permet s’il fonctionne bien la transmission de ces actions.
Nous estimons  que la prévention  des risques professionnels en Algérie est une question  de facteur humain, s’il est bien sensibilisé, bien formé, bien suivi, bien motivé, il y aurait moins d’accidents de travail et moins de maladies professionnelles. Un coup d’œil sur les statistiques des entreprises certifiées  qui appliquent à la lettre les consignes de sécurité et  disposent de personnel qualifié en la matière nous donne une idée  sur la prise en charge de ce volet en  Algérie.
Ayant hérité de la législation Française en la matière,  la prévention des risques professionnels était prise en charge dans peu de secteurs. Les différentes initiatives économiques et le
 déploiement industriel suivis de réformes et restructurations dans les organisations jusqu’à l’avènement des nouvelles technologies ont fait que la prévention soit prise en charge de façon multiforme :
L’orientation de l’Algérie vers une économie de marché a conduit  le Ministère  du Travail à initier une reconfiguration de l’action de prévention prenant  en considération de nouveaux paramètres. L’Algérie a donc mis en place tout un dispositif de prévention basé  sur un ensemble de moyens :
-Législatifs et règlementaires.
-Technique : Service Hygiène et Sécurité, Médecine du travail, I.N.P.R.P (Institut National de Prévention des Risques Professionnels).
-Commission d’Hygiène et Sécurité – Conseil National à l’Hygiène la sécurité et à la médecine du travail.
-Inspection de travail.
Nous avons tous assisté à des accidents de travail sur le terrain. Nous nous rendons compte après l’accident que si telles mesures étaient prises l’accident aurait pu être évité.
En face de cette situation nous avons sur le plateau deux paramètres :
-Le rendement qui est une source de richesse pour les gestionnaires.
-La prévention des risques professionnels qui est une dépense pour ce même gestionnaire.
Tout responsable d’Entreprise a pour objectif de produire plus mais la question que nous nous posons est la suivante : Ce gain se  fait dans quelles conditions ?
L’employeur est dans la plupart des cas réticent quand il s’agit de dépenses liées à la prévention des risques professionnels, les causes sont connues : mévente de ses produits, faibles rendements, masse salariale importante etc….
A ce titre nous estimons que plus l’investissement en matière de prévention est élevé moins la réparation est couteuse. Nous nous référons à une entreprise ne disposant pas de moyens de lutte contre l’incendie au niveau de son magasin de pièces détachées et disposant d’un personnel d’agents de sécurité insuffisamment formé. Si un feu se déclare au niveau de ce magasin l’extinction  prendra du temps en attendant le renfort par  la protection civile. Et le temps perdu ne fera qu’augmenter  la facture des dégâts  occasionnés à la pièce détachée. La réparation coûtera plus chère que la prévention à savoir l’équipement en moyen de lutte contre l’incendie et la formation des agents de sécurité.
Au niveau de certaines entreprises et unités l’employeur ne lésine pas sur les moyens : Acquisition de moyens de lutte contre l’incendie, équipements de protection, formation, médecine du travail etc… Ce qui est grave c’est qu’avec tous ces moyens,  il est toujours enregistré des accidents du travail et des maladies professionnelles dépassant les normes requises. Dans ce cas  l’employeur est il seul responsable de cette situation ? N’y a-t-il pas d’autres paramètres qui doivent jouer un rôle important au niveau des unités et entreprises pour réduire les risques professionnels ? Nous citerons ci-après des points qu’il faudrait prendre en charge  par les interventions  de l’employeur, la législation et les interventions gouvernementales :

 

Mr BOUABIDA Mohamed, Ex Commandant du Port de Mostaganem Directeur de la Capitainerie du port de Mostaganem
Mercredi 26 Avril 2017 - 19:52
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ACTUALITÉ
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