REFLEXION

Ville et Culture

<< Je n’y connais rien en culture, ce n’est pas ma spécialité, faîtes comme bon vous semble, mais donnez- moi un coup de main, j’attends beaucoup de vous », ce sont des propos adressées, il y a quelques temps, en coulisses à une personne rompue aux affaires culturelles, mais qui n’en fait pas partie officiellement. >>



Ville et  Culture
Comme tétanisée, figée, elle n’en croyait pas ses oreilles. C’est tout simplement de l’aberration, de la malhonnêteté dans l’air. « Ce n’est pas ma spécialité », qui dit mieux ? Comme si on me disait qu’Archéologie ne rimait pas avec Culture. Mostaganem, selon l’avis des spécialistes dans la culture et les arts, est en train de sombrer et on a de la peine à cacher la désolation qui s’est emparée depuis quelques jours de tous les adeptes de l’art et de l’histoire. En effet, ce qui s’est passé à Sid-Ali, la semaine dernière, en est une preuve vivante. Un documentaire historique « L’autre 8 Mai 1945 », dont la réalisatrice n’est autre que Yasmina Adi, dont la projection prévue le vendredi dernier, au profit des enfants de la région, n’a eu pas lieu, pour la simple raison que les autorités locales n’auraient pas apporté leur concours, et les deux directrices de la culture et des moudjahidine, ont brillé par leur absence. Devant cet état de fait, les services du ministère de la culture, contactés par la réalisatrice, lui ont conseillé d’annuler la projection. Alors pourquoi priver tous ces enfants, venus dès la première heure du matin pour connaître l’histoire de leur pays et de leurs aïeuls, d’autant plus que la projection de ce film documentaire, s’inscrit dans le cadre d’une tournée à travers 13 wilayas, autorisée par le ministère de la culture. Ce film primé dans plusieurs pays dont le Maroc, la Tunisie , en Europe et en Afrique, alors qu’à l’endroit où est partie la première balle, et où est tombé sur le champ d’honneur le premier Chahid de la glorieuse guerre de libération nationale, la projection n’eut pas lieu. Les victimes, certes ne seront pas les responsables, car ceux- là sont appelés à quitter cette wilaya tôt ou tard, mais bel et bien Mostaganem, son histoire et sa culture. « Cassaigne » ne verra pas de sitôt Yasmina Adi ni son film, malgré les promesses faites par la réalisatrice aux enfants dont on lisait sur leur visage, angoisse et amertume. « La jeunesse doit non seulement assimiler tout ce qu’à créé la vieille culture, mais élever la culture à une hauteur, inaccessible aux gens de la vieille société. Dixit Constantin Stanislavski». La culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d’autrui et féconde la tolérance, en nous incitant à partir à la rencontre d’autres imaginaires et d’autres cultures. En n’étant pas de la spécialité, ne serait-il pas temps de quitter les lieux et les céder à qui de droit?

AMARA Mohamed
Jeudi 28 Mai 2009 - 06:06
Lu 688 fois
CHRONIQUE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 04-12-2016.pdf
2.87 Mo - 04/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+