REFLEXION

Vaste opération d’éradication des constructions illicites à Oran

Les squats, tous azimuts, qui se sont poursuivis au niveau de l’ensemble des 26 communes de la wilaya d’Oran «Une véritable saignée est causée aux fermes agricoles et aux logements sociaux, c´est devenu un nouveau mode d´expression et de protestation», a déploré le wali d’Oran.



Vaste opération d’éradication des constructions illicites à Oran
En effet, des centaines de citoyens accaparent des espaces importants qu´ils se répartissent en petits lots. La semaine dernière au niveau de la localité de Haï Bouyacour dans la commune de Boutlelis, des dizaines d’hommes munis de leurs bardas et paquetages se sont rués sur un important lot de terrain Ces derniers ont été appuyés par des courtiers qui ont promis la régularisation administrative des terres squattées contre le versement de somme d’un montant de 7000 à 10.000 dinars. D’autres ont, selon des témoignages, procédé à la vente à 3000 DA le mètre carré, des terrains appartenant aux domaines. Au total, ce sont près d’une cinquantaine de personnes qui se sont partagé un terrain vague en 200 lots», apprend-on des sources proches du dossier. Quelques jours auparavant, des dizaines d’hommes ont envahi un grand espace dans le lieu-dit Rocher relevant du secteur urbain de Bouamama tandis que plusieurs autres se sont installés, sans fléchir, dans la ferme agricole du quartier Nedjma ex Cheteibo, rattachée administrativement à la commune de Sidi Chahmi. Le même comportement a été observé dans la commune de Misserghine (Ouest d’Oran) où plusieurs dizaines d’hommes se sont emparés des logements sociaux pourtant en chantier. Dans les quatre cas de figure, les autorités locales ne sont pas restées les bras croisés. Quant aux assaillants, ils ont affiché un niet catégorique pour évacuer les lieux expliquant, violemment, qu’ils ont été marginalisés et exclus à plusieurs reprises des listes des bénéficiaires des logements. Dans la commune de Misserghine, la demande de logements est tellement forte que les responsables locaux n’arrivent plus à contenir la colère des squatteurs faute d´offre. Près de 200 logements sont en cours de réalisation, apprend-t-on. «La Gendarmerie nationale est mobilisée sur plusieurs fronts; plusieurs enquêtes, qui sont ouvertes, aboutiront inéluctablement, à la mise à plat de tous ces semeurs de troubles dont principalement les instigateurs et les commanditaires des délits commis sur les biens de l´Etat», a-t-on indiqué ajoutant que «de tels comportements seront sévèrement réprimés tout en chassant les squatteurs». Des dizaines d’immeubles sont, en un laps de temps, devenus des propriétés privées d’où la source de dégradation actuelle et les menaces d´effondrement faute d´entretien. «Ils sont venus de toutes les villes et villages de l’Ouest du pays, des dizaines d’individus se sont auto proclamés propriétaires légitimes et indétrônables des biens laissés par les colons et les pieds-noirs», se souviennent encore les vieux ajoutant qu’ «à cette date, même des caves et des terrasses des bâtiments n’ont pas été épargnées par le flux considérable». La wilaya d’Oran et ses habitants de souche ont, donc, depuis l’indépendance, vécu, sans aucune résistance, deux exodes ruraux importants. Le premier remonte aux premiers jours de l´Indépendance. Dans la folie d’alors, des centaines de familles ont ciblé El Bahia en quête d’un travail permanent et d’un logis décent. Le deuxième est causé par le terrorisme, des centaines de familles qui ont fui les zones d’insécurité, se sont repliées dans les pourtours de la ville d’Oran en s’installant dans des bidonvilles aux conditions précaires. Actuellement, devant ces dépassements des squats qui ont pris de l’ampleur, le wali d’Oran a instruit tous les chefs de daïra de la wilaya d’Oran pour l’éradication totale de l’ensemble des constructions illicites, d’ailleurs une vaste opération de démolition est déclenchée ces derniers jours à travers les communes sensibles qui sont envahis par les constructions illicites et ce, afin de mettre un terme à ces détournements des terres agricoles qui ont été détournés de leur vocation initiale pour se transformer en terrain urbanisable et autres dépôts et même des ateliers à l’image des AEC de la commune d’El Ançor.

Rafik.M
Mardi 27 Septembre 2011 - 21:45
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Oran
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