REFLEXION

VICTIMES DES ESSAIS NUCLEAIRES FRANÇAIS : Les indemnisations insuffisantes pour les Algériens



Une loi d'indemnisation des victimes "insuffisante", une décontamination des sites "inexistante": 50 ans après le premier essai nucléaire français dans le Sahara, la société civile algérienne dénonce ses conséquences que des experts franco-algériens tentent de cerner. "Nous rejetons l'indemnisation, insuffisante, prévue par la loi française du 22 décembre 2009 car ce n'est pas avec quelques sous qu'on va régler un problème qui affecte plusieurs générations", dit à l'AFP Abderahmane Leksassi, vivant à Reggane et vice-président de l'association du 13 février 1960. Ce jour-là, la première bombe atomique française explosait à 7H04 locales près de Reggane dans le grand sud algérien, à quelque 1.700 km d'Alger au cours de l'opération Gerboise bleue. Trois autres essais nucléaires atmosphériques suivront, avant que le site ne soit déplacé plus au sud près de Tamanrasset, où 14 autres essais souterrains seront réalisés. "Il est difficile d'estimer le nombre exact de victimes de ces essais nucléaires, car toute la région a été exposée aux radiations qui persistent et il n'y a eu aucun dépistage", affirme M. Leksassi. "La région comptait entre 16 et 20.000 habitants, et on n'a tenu aucun compte des nomades qui traversaient la région", souligne de son côté pour l'AFP Mohammed Bendjebbar, qui dirige l'Association algérienne des victimes des essais nucléaires (AAVEN). "Inconscients du danger", ces nomades "ont ramassé tout ce qui pouvait leur être utile: des déchets métalliques hautement radioactifs, tel que bidons, fûts et autres objets laissés par les Français", ajoute M. Bendjebbar qui vit aujourd'hui à Oran, dans l'Ouest de l'Algérie. "Aucune décontamination sérieuse n'a été effectuée par la France" et dans certaines zones près de Reggane, "la radioactivité ambiante est aujourd'hui de 22 fois supérieure aux normes internationales", affirme-t-il encore. Les lieux du pas de tir du premier essai sont toujours strictement contrôlés, des barrières interdisant le périmètre à des dizaines de kilomètres à la ronde, selon des habitants. Pour M. Leksassi, la population subit encore les séquelles de ces essais. Il cite des cas de cancer ou de malformations chez les nouveaux-nés à Reggane, dans "un environnement contaminé". Ces conséquences sont au centre des travaux d'un comité conjoint franco-algérien mis en place après la visite en 2007 du président Nicolas Sarkozy en Algérie, a-t-on indiqué de source diplomatique française. Chargé de réaliser une expertise des sites nucléaires avec la collecte de données et d'études, ce comité d'experts doit faire un état des lieux quant à la dangerosité des sites et parvenir à un diagnostic. Ce groupe technique, dont les travaux sont confidentiels, travaille depuis un an "dans une bonne entente" et a "déjà bien avancé", a-t-on affirmé de même source. Le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci a souhaité de son côté le 19 janvier que ce groupe de travail conjoint puisse "réaliser des avancées" avant la visite à Alger de son homologue français Bernard Kouchner "dans les semaines à venir". "Le problème n'est pas seulement celui de l'indemnisation mais aussi de la décontamination", avait-il auparavant insisté. "Nous voulons surtout connaître la vérité et que les habitants de la région bénéficient d'examen médicaux approfondis", exige M. Leksassi, qui prône "la construction d'un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies provoquées par les radiations et de stations d'épurations d'eau".

B. Toufik
Dimanche 7 Février 2010 - 23:01
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ACTUALITÉ
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