REFLEXION

VENERE COMME UNE DIVINITE : Un enfant né avec huit membres en Inde

Deepak Kumar est né avec quatre jambes et quatre bras. Ce sévère et impressionnant handicap, que ses parents voudraient soigner par une intervention chirurgicale, a fait du petit garçon, aujourd’hui âgé de sept ans.



VENERE COMME UNE DIVINITE : Un enfant né avec huit membres en Inde
Une véritable icône religieuse aux yeux de dévots hindous locaux qui lui trouvent une ressemblance avec le dieu Vishnou souvent représenté dans la mythologie avec quatre bras. «Il y a des gens qui me donnent de l’argent, des fruits et des bonbons. Quelquefois je reçois aussi des fleurs», énumère Deepak dans son village de Belhari, situé à environ 125 km de Patna, la capitale de l’Etat du Bihar dans le nord-est de l’Inde, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde. Deepak, qui souffre d’un phénomène rarissime appelé «ischiopagus», est joint à un «jumeau parasitaire» qui a stoppé son développement dans le ventre de sa mère. Pendant la grossesse, le foetus survivant a absorbé les membres du jumeau dit «parasite». L’enfant, dont les quatre bras et jambes supplémentaires sortent littéralement de sa poitrine, est toujours torse nu, ses membres entremêlés pendant devant lui. Le poids de ses membres surnuméraires empêchent l’enfant de jouer avec ses deux frères en bonne santé, âgés de 10 et 11 ans, ou avec d’autres enfants qui parfois le prennent à partie, en tirant sur son «jumeau». Parallèlement «Certains, les mains jointes, se prosternent devant lui, d’autres le touchent comme une divinité et beaucoup donnent de l’argent en guise d’offrande religieuse», détaille à sa mère, Indu Devi.
Son cas met en lumière les malentendus que peuvent provoquer les handicaps en Inde
«Quand Deepak est né, les médecins locaux et les anciens du village ont été étonnés qu’il survive», raconte-t-elle. La plupart des enfants nés en Inde avec un si lourd handicap physique seraient morts à la naissance ou auraient été tués par infanticide, estiment des associations telle que l’ONG Save the Children. Son père, Viresh Paswan, issu d’une basse caste et employé dans le secteur de la construction, avoue son malaise de voir son fils traité comme un objet religieux. «Je ne suis pas favorable à l’idée de gagner de l’argent en autorisant les gens à le vénérer», dit cet homme d’une trentaine d’années. Son cas met en lumière les malentendus que peuvent provoquer les handicaps en Inde ainsi que le manque de soins médicaux pour les enfants qui naissent infirmes ou difformes, surtout en zone rurale. Il y a malgré tout une petite lueur d’espoir même si rien de concret ne s’est encore produit: à l’invitation d’un homme politique local, Dadan Pajalwan, la famille s’est récemment rendue à l’hôpital de Patna pour faire examiner l’enfant.

AFP
Samedi 20 Mars 2010 - 10:03
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ACTUALITÉ
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