REFLEXION

Une vie, un combat :Parcours d’une femme combattante à Mostaganem



Une vie, un combat :Parcours d’une femme combattante à Mostaganem

Dans un entretien accordé à notre quotidien « Réflexion » Mme Chaibedraâ, née Benbia N, nous a fait part de son parcours de femme combattante qui a consacré sa jeunesse pour le bien-être des autres.

 

De formation assistante sociale, madame Chaibedraâ s’intéressa très tôt à l’action sociale et fonde un club dénommé : club féminin musulman d’Algérie, le premier du genre et l’unique en Algérie sous l’occupation française. Né à Oran, ce club avait pour mission d’aider les enfants nécessiteux scolarisés dans les Médersas, qui ne bénéficiaient pas des cantines scolaires et des oeuvres sociales publiques, de s’intéresser également à l’orientation professionnelles des jeunes filles musulmanes et de les préparer à leur futur rôle d’épouse et de mère. Melle Benebia et ses collaboratrices du club organisaient des cours de cuisine, d’arts ménagers, de couture et de puériculture à l’intention des jeunes filles. M. Fenouil, journaliste français « d’Oran républicain » de l’époque coloniale dira : « des jeunes filles musulmanes s’adonnent à une action sociale, hors de leurs foyers, ce fait est, à ma connaissance, unique dans les annales Algériennes, voire nord-Africaines ».

A notre question : comment vous est venue l’idée de créer un club pour jeunes filles ? Madame Chaibedraâ dira : « mon attention fut attirée par les jeunes garçons et les jeunes filles nécessiteux fréquentant les Médersas des ex-quartiers Lamur, Lamoricière et Gambetta. Ces derniers étaient démunis et ne mangeaient pas à leur faim. C’est ainsi donc que m’était venue  l’idée de faire quelque chose pour ces enfants. » Et d’ajouter : » notre action n’était pas facile parce que nous étions surveillées. J’ai moi-même doit été surveillée par un agent des services français qui me suivait régulièrement lors de mes déplacements. » Ils étaient environ 200 enfants pris en charge par le club féminin. Nous leur offrions des goûters et leur donnions des vêtements lors des fêtes religieuses. A chacune de ces fêtes, une après-midi récréative est organisée au profit de ces jeunes filles et jeunes garçons animée par un groupe musical et les jeunes filles membres du club. L’action du club féminin est appuyée et soutenue par des docteurs de la loi coranique, des personnalités musulmanes, le Nadi Es Saâda ainsi que par des notables de la ville d’Oran. Parmi les amis de ce   club il y a lieu de citer le Cheikh Zemmonchi, inspecteur départemental des oulémas, le Cheikh Bedri Abdelhamid, directeur de la Midersa de lamur, M. Merad président du « Nadi Es Saâda » et M.Djaoudi, vice-président de l’Association  « El falah » qui, selon Mme Chaibedraâ, ont beaucoup fait pour son club. Par ailleurs, d’autres personnalités ont apporté leur concours parmi lesquelles : M.Zbairi, adjoint au maire, melles Nègre et Touboul, Mme Tabaret, membre du conseil d’administration du journal « Oran républicain », Mme Daufin, correspondante du journal »Opéra » et des revues franco-arabes. Ces personnalités sont considérées comme étant les amis du club féminin.

Mme Chaibedraâ a également entrepris une formation de peintre aux beaux-arts d’Oran.

 Durant la révolution Algérienne le club était sollicité par des militants pour diverses actions.

Mutée à Mostaganem en mars 1962, elle participe, avec le Croissant Rouge Algérien et la collaboration des Scouts Musulmans, à la mise en place d’un petit hôpital au sein même d’une mosquée située à Tigditt pour soigner les blessés des attentats perpétrés par l’OAS et ce, jusqu'à juillet de la même année.

Mme Chaibedraâ est membre fondatrice de l’Union nationale des femmes Algériennes (UNFA) au sein de laquelle elle activa sans relâche, ainsi que du Croissant Rouge Algérien. Le 10 juin 1963, elle est désignée par arrêté du ministre de la justice, pour une durée de trois ans, comme assesseur suppléant, auprès du tribunal enfants de Mostaganem. En janvier 1972 elle fut désignée comme déléguée auprès du même tribunal, pour effectuer des enquêtes au niveau des familles en instance de divorce pour permettre à celui-ci de statuer sur la garde des enfants.

Il est à signaler, entre autre, que Mme Chaibedraâ a exercé au lycée Ould Kablia en qualité de monitrice d’éducation physique.

Mme Chaibedraâ ajoute qu’elle a été la première femme élue à la première Assemblée Populaire de wilaya (APW) de Mostaganem. Actuellement elle active au sein du Lion’s Club de Mostaganem dont elle  est membre.

Réf : pensez-vous que la femme Algérienne a acquit la place qu’elle a toujours revendiquée ?

Mme C.N « quoi qu’il en soit des progrès énormes ont été accomplis dans ce sens. Aujourd’hui la femme Algérie occupe presque tous les postes jadis occupés uniquement par des hommes ».

Réf : votre dernier mot.

Mme C.N. « j’aimerais que vous repreniez les vers par lesquels M. Michel Fenouil, journaliste « d’Oran républicain » achevait l’entretien qu’il m’avait accordé à l’époque ».

« La vie est un combat

               Je veux remplir ma tâche

Celui qui fuit le champ du travail 

                Est un lâche. »

Malgré son engagement et son courage, Mme Chaibedraâ N. est restée dans l’ombre à ce jour.                                                                              M. Bentahar  

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M. Bentahar
Jeudi 26 Mars 2009 - 12:08
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MOSTAGANEM
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