REFLEXION

Une grande nationaliste mostaganémoise : Khalti Sabria

Née le 22 mai 1906 dans le douar des Mezaïnia de Hachem Fouaga, Hachemi Sabria est une femme noiraude, toute souriante. Sous sa bonhomie, Sabria bent Charef , se cache une volonté de fer et une intelligence pratique, Hachemia jusqu'au bout des ongles, douée d'une pugnacité et d'un courage remarquable.



Sa mère Saadia mettra au monde trois garçons Belmehel, Mohamed et Abdelkader dit el maroki  et trois filles : Sabria, Fatima, et Badra. Héroïne du siège de sa maison avec un groupe de l’ALN, son exploit a été rapporté le lendemain par tous les journaux colonialistes de l’époque. "L’Echo d'Alger" et "L'écho d'Oran" du samedi 28 mai 1960 font mention en première page d'un commando de 3 chefs et 2 terroristes dans la nuit du vendredi au samedi qui précèdent. Le siège a commencé vers 16h,  le jeudi, dans une habitation isolée dans un espace en pente d'une centaine de mètres de chaque côté. Au beau milieu de ce terrain nu, sa chaumière est surplombée par la route qui longe le cimetière mozabite en haut, les dernières habitations de Arsa se trouvaient à sa droite, en face était le domaine de Bent Benegri qui allait jusqu'à la rivière des castors et était limitée par la route qui menait à Sayada. La seule protection était les cactus. La bataille dura jusqu'au lendemain après midi. On fit évacuer les femmes et les bébés de la maison. Mais Khalti Sabria préféra rester auprès des combattants. Elle soutint par sa présence, son courage, son mépris de la mort, sa détermination et sa présence rassurante, la résistance héroïque que des combattants pour la liberté opposèrent à des forces gigantesques mis en branle par l’armée française. D’une part des bataillons, de l’artillerie, des avions et des hélicoptères et d’autre part de vieilles armes, des munitions limitées et un courage inouïe : Mohamed Benheddi dit Houari, responsable civil et militaire du secteur urbain de Mostaganem, Abdelkader Tahra dit Mostéfa, responsable des liaisons et renseignements pour la ville de Mostaganem spécialement Tigditt, Halim responsable du quartier européen; Tous avaient décidé de mourir en chahid plutôt que de se rendre. Elle assista à l'agonie puis à la mort sur son giron de ses deux fils : Mohamed qui avait 25 ans et Abdelkader dit Kadda qui avait 16 ans. Une rue derrière le lycée Zerrouki porte leur nom. Vers 15h, le deuxième jour, l’armée colonialiste décida de bombarder et de raser le réduit. Elle en fit grand cas puisque qu’elle diffusa par hélicoptère sa lâcheté qu’elle appela victoire.  Deux jeunes et trois soldats de l’ALN résistèrent deux jours avec le soutien de Khalti Sabria avant de mourir chouhadas, c’était le 27 mai 1960. Khalti Sabria capturée, fut emprisonnée à la sinistre prison de Sidi Ali, torturée, on lui enleva les ongles des deux mains. Elle survécut miraculeusement. Jusqu’à sa mort, le 16 septembre 1983, à ceux qui trouvaient à redire sur l’Algérie indépendante elle répondait avec un sourire qui ne quittait jamais sa figure ravagée par les épreuves: « ça s’arrangera, on est entre nous maintenant ». Elle était la sœur de ma grand-mère maternelle et son exemple m’habite pour toujours.
       * Il sera le responsable de la filière Zaatar pour évacuer au maquis du Dahra les fidai « grillés »

 

Réflexion
Samedi 3 Septembre 2016 - 18:58
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MOSTAGANEM
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