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Un secteur en péril
Lorsque tout va mal qu’est-ce qui nous retient pour tout lâcher, sinon rien. Le nouveau ministre de la santé, de la population et de la réforme hospitalière n’en revient pas. Le secteur de la santé est dans un état tel, qu’une refonte de celui-ci demeure inéluctable. Des hôpitaux insalubres, des structures sanitaires à l’état d’abandon, certains hôpitaux se sont même payé le luxe de fonctionner sans directeurs, des scanners et des appareils de mammographie flambants neufs restés dans leurs cartons pour indisponibilité de radiologues et de manipulateurs, un personnel paramédical insuffisant, négligeant et un manque flagrant de médecins spécialistes. Négligence, fautes médicales, incompétence, prise en charge insuffisante, il ne se passe pas un jour sans qu’un accouchement par césarienne ou une intervention chirurgicale ne tourne au drame dans les établissements publics. Du jamais vu depuis l’indépendance du pays. Le secteur de la santé publique a connu ses pires moments de dégradation et de régression ces dernières années où il a été pris au piège suite au bras de fer ayant opposé les praticiens à l’ancien ministre qui a fermé les portes du dialogue. Autre facteur qui a mis le secteur à son plus bas niveau, est la gestion du dossier de la grippe porcine et le feuilleton du vaccin importé du Canada. Le secteur était entre de mauvaises mains disent les spécialistes, qui espèrent un retour au respect de la profession et à une véritable prise en charge de la santé publique. Et pourtant, l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens en mettant le paquet. A titre de rappel, l’Algérie a prévu des investissements de 20 milliards d’Euros entre 2009 et 2025 pour pallier à la vétusté des hôpitaux saturés, accroître ses infrastructures sanitaires et moderniser son système de santé. Ce programme qui devait être financé par l’Etat, visait à doubler le taux de lits par habitants qui était en 2009 de 1,7 pour 1000. L’Algérie a voulu ainsi se préparer à faire face à l’augmentation sensible de maladies non transmissibles comme le cancer (30 000 nouveaux cas par an), l’hypertension ou encore les pathologies cardiaques, qui prédominent aujourd’hui. Les maladies non transmissibles représentent aujourd’hui 70% des causes de mortalité contre 20%, il y a vingt ans. Le schéma directeur de la santé 2009-2025 a été établi sur la base de cette épidémiologique qui conduit à la prédominance des pathologies non transmissibles sur celles qui son transmissibles. Aussi, il y a lieu de souligner que l’Etat a lancé dès 2005 un programme d’investissements publics de trois milliards d’euros, mais les résultats étaient tellement décevants qu’il fallait chercher la solution ailleurs. Le problème ne résidait peut-être pas dans les projections de l’Etat, mais certainement au niveau de ceux qui étaient chargés de mener à bien l’application de ce programme. Pour Djamel Ould Abbes, il y a du pain sur la planche, il vient d’hériter d’un cadeau empoissonné. Le défi est grand.
Amara Mohamed
Vendredi 13 Août 2010
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