REFLEXION

Un impératif social et économique : Eviter l'urbanisation effrénée des grandes agglomérations et déplacer la capitale d’Alger

Il faut impérativement en 2015 penser à déplacer la capitale et trouver impérativement des solutions innovantes devant profiter des réserves de change estimées à 195 milliards de dollars en juin 2014 . Le cout de la création d’une capitale nouvelle, avec toutes les commodités ne dépasserait pas avec toutes les commodités 10 milliards de dollars, une goutte d’eau par rapport aux dépenses qu’elle nécessiterait et aux impacts positifs qu’elle engendrerait.



1.-L’Algérie  s’oriente vers plus de 39 millions d’habitants fin 2014. Alger avec 13 daïras   dirigées par des Walis Délégués  et 57 communes s’étendant sur une superficie de 1190 km2 est la première agglomération  du Maghreb.  L’unité urbaine  d'Alger comptait 2882897 habitants selon le dernier recensement de 2007/2008. Mais  4,4 millions selon le MAE français, 6 727 806 habitants en 2010 suivant le classement des 100 plus grandes villes du monde par World Gazetteer   et 6 488 795 habitants selon Population Data.So. Si  on prend comme hypothèse 6,5 millions d’habitants  elle habiterait   16,5% de la population algérienne donnant  une concentration très élevée par km2 alors qu’elle ne devait pas selon les normes  abriter  entre  1,5 et 2 millions d’habitants. Cela explique  la concentration  d'activités de services, d'équipements, d'infrastructures, de centres de recherche, d'industries et de grands projets urbains. Capitale politique, administrative et économique du pays, elle est le siège de toutes les administrations centrales, des institutions politiques et sociales, des grands établissements économiques et financiers, des grands centres de décisions et de représentations diplomatiques. Il s’en est suivi  des investissements en infrastructures se chiffrant en  milliards de dollars qui ont été réalisées ces dernières années sans que l’impact se fasse sentir sur les populations. Cette situation devient intenable et ce n’est pas ni la construction de nouveaux ponts ou trémies ou  la nouvelle ville de Sidi Abdellah  où sont prévus  universités, hôpitaux, centres d'affaires, sièges administratifs, centres commerciaux, terrains de golf, un parc de 50.000 logements et autres équipements multimédias qui résoudra les problèmes d’ordre structurel. Alger étouffe  avec  des incidences  négatives  psychosociologiques et économiques. Les derniers événements devraient nous faire réfléchir.  Alger est une zone sismique sensible, menacée par plusieurs failles. Par ailleurs, de par sa situation géographique, Alger est fortement soumise aux risques d'inondation à cause du ruissellement des eaux de pluie des hauteurs de la ville jusqu'aux quartiers situés en contrebas et certains experts prévoient horizon 2030 avec le réchauffement climatique, un relèvement du niveau de la mer et un risque de pénurie d’eau.
  
2.-Le déplacement de la capitale avait été préconisé déjà en 1983 où j’ai eu  le privilège d’être un proche collaborateur entre 1980/1983 du Docteur Amir  (Ex SG  de la Présidence de la république sous feu le président Houari Boumediene) et président de la Cour des Comptes en tant  que directeur général des études économiques  et premier conseiller(magistrat) ,  entre le dernier trimestre 1982 et le premier trimestre 1983, où il m’avait confié une importante mission diligentée en relation avec le cabinet de la présidence de la république, du  Ministre  de l’Intérieur  et du Ministre de l’Habitat de l’époque afin de diagnostiquer la situation de l’habitat sous toutes ses dimensions (économique, social, culturel)  au niveau de tout le territoire   national. J’ai sillonné  pendant plusieurs mois  avec mes collaborateurs, tous universitaires expérimentés de différentes disciplines, les 31 wilayas  de l’époque et tenu des réunions marathons que j'ai  présidé personnellement avec  les Walis et les directeurs d’exécutifs concernés.  Suite à ces réunions avec PV  des recommandations précises avaient été suggérés avec un rapport final  de  4 volumes de plus de 600 pages  mettait en relief  il y a de cela plus de 30 ans, le danger de la spéculation foncière au niveau des grandes agglomérations,  de l’extension de l’urbanisation  (40/50% d’Alger est actuellement urbanisé )  des bidonvilles notamment  Alger, Oran, Constantine, Annaba avec des ceintures  autour  de ces grandes villes de poches importantes de la sphère informelle. Une rencontre récente organisée par la wilaya d’Alger a montré que  la capitale confrontée à la pression démographique  « est exposée aux risques naturels avec  un nombre croissant de  construction illicite sur des terrains à risques". Dès lors s'impose une politique d’aménagement du territoire  évitant  cette urbanisation effrénée, d’urbaniser les terres agricoles  et au niveau des quartiers des tensions sociales à l’avenir (groupes mafieux, trafic de drogues, prostitution). Comme mentionné dans  le rapport de 1983 de la Cour des Comptes, s’impose   l’urgence d’avoir un cadastre réactualisé, (posant la problématique  des titres de propriété), d’inventorier les  bâtiments de la colonisation qui nécessitaient soit la  démolition soit des investissements de rénovation, des bâtiments  et maisons  qui ne répondaient  pas aux normes de sécurité.
 
3.-La nouvelle capitale  devrait être implantée vers l’axe Médea –Djelfa  sur un espace plat, dont  le coût du terrain est  bas et utilisant les nouvelles méthodes de construction plus rapides  et  économisant le ciment, le rond à béton et  l’électricité. Ce grand pole administratif, modèle de protection  de l’environnement  sera   un  espace aménagé qui devra avoir toutes  les commodités ;  eau, électricité,  pouvant combiner avec le traditionnel  développement des énergies renouvelables  pour l’électricité afin de lutter contre la pollution et économiser l'énergie, autoroutes,  aéroport, écoles primaires, secondaires,  une grande université, un hôpital, des hôtels, des structures  de la gendarmerie et de la DGSN  et des centres de loisirs, le logement de fonction du premier ministre ou du chef de gouvernement, des ministres et hauts cadres meublés qui devront les quitter aussitôt leur mission terminé. Pour les permanents  il ya lieu de prévoir  la construction  d’immeubles avec un loyer modéré ou proposer un  achat à tempérament. Il abritera, selon un plan ordonné, les immeubles de la chefferie du gouvernement (pourquoi pas le siège de la  présidence de la république  et le parlement), de tous les  Ministères et leurs annexes, les grandes sociétés publiques et  des lots pour les ambassades désirant faire le transfert, qui après leurs constructions en seront les propriétaires. Ainsi, Alger serait une ville commerciale et touristique (Alger est une ville d’histoire millénaire)  permettant  de réduire substantiellement la spéculation foncière et cette urbanisation croissante qui atteint un niveau intolérable,  les immeubles vacants pouvant être destinées à d’autres activités. Cette nouvelle structure entrainera forcément le développement   des hauts plateaux, bon nombre d‘activités tournant autour  de cette nouvelle ville administrative  et   de libérer le club des Pins qui reviendra  à sa vocation originelle  de lieu touristique pour tout le monde. Cela enlèverait le stress tant des Ministres qui se voient accompagner chaque jour par des agents de sécurité et favoriserait une plus grande cohésion gouvernementale sous réserve d’objectifs stratégiques précis  et de regroupements de ministères qui se télescopent. Ils pourraient même aller au travail à pied dans cette enceinte sécurité,   ainsi que  des cadres  dont ces derniers mettent  souvent  2h aller et deux heures de retour pour rejoindre leur lieu de travail,  accroissant le stress et se répercutant sur la productivité du travail. Et surtout le déplacement  de la capitale  rendra  un grand  service aux citoyens confrontés pour leur déplacement  à Alger à la circulation , à la cherté de l’hôtel  et  pouvant  résoudre plusieurs problèmes  au niveau de différents départements ministériels en un laps de temps restreint..
 
4.-En résumé, Le coût global ne  devrait pas  dépasser 10 milliards de dollars à prix constants  2014, (tout retard induisant des surcoûts). C’est   un  impératif social et économique devant débuter les travaux  en 2015 pour être opérationnel horizon 2020/2025. Mais ne nous trompons pas de logique. Le  déplacement de la  capitale est intimement lié à une réelle décentralisation pour un espace équilibré et solidaire, une société citoyenne impliquant la refondation de l’Etat. Il s’agit de ne pas la confondre avec la déconcentration des problèmes, passant par  une véritable lutte contre le cancer de la bureaucratisation de la  société qui engendre la corruption et le  divorce Etat-citoyens. L’exemple des extraits de naissance et  du casier judiciaire  est à saluer et il faut continuer dans cette voie. Malheureusement la majorité des secteurs ne suivent pas. Deux   exemples et je m’adresse directement au Ministre des Transports, problèmes que je    viens de vivre personnellement entre le 20/25 août 2014, mais auxquels sont  confrontés  les simples citoyens. Des billets émis par  Air Algérie(France)  en bonne forme avec une réservation ferme Oran/Paris pour trois personnes ; or  il se trouve que la réservation de la troisième personne ait été retirée sans préavis bien que le billet existe au niveau de l’ordinateur et sur le vol Oran-Paris de 8H du matin  plus de cinq personnes  ont mis leurs enfants sur leurs genoux bien qu’ils aient payé l’intégralité du billet. A l’aéroport, le 25 août 2014 (aberration suprême  le WC fermé depuis une semaine au niveau de l’international) règne une  pagaille sans pareille. Où est le complot extérieur contre Air Algérie qui a besoin avant tout d’un nouveau management stratégique pour  redorer le pavillon national? Autre exemple, aberration en 2014, où l’intermédiation financière se fait en temps réel : le système financier sclérosé pourtant  poumon des réformes mais en Algérie, lieu de distribution  de la rente expliquant qu’il est plus facile d’importer que de produire localement: pour avoir un  chéquier de banques  (l’envoi peut durer 8 mois), il faut attendre qu’il soit transmis par Alger. La circulaire du premier ministre permettant  de percevoir sa retraite dans les banques primaires n’a pas été appliquée faute de circulaire d’application, assistant les fins de mois à des chaines sans fin   au niveau des PTT.  Pour un virement   de compte à compte CCP à CCP  au-delà de 280 euros (30.000 dinars), il faut transmettre le chéquier barré à Alger.
 
Par  Dr Abderrahmane MEBTOUL
Professeur des Universités,
Expert International

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mardi 26 Août 2014 - 19:48
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