REFLEXION

Un Ramadhan sous surveillance pour les diabétiques

Sans suivi médical et une vigilance constante, les musulmans diabétiques de type 2 qui entament le jeûne du Ramadhan peuvent mettre en danger leur santé. L’idéal est de consulter un médecin diabétologue expérimenté avant le début du Ramadhan. Malheureusement, les patients ne sont pas toujours bien conseillés ou laissés au libre choix de gérer leur traitement durant le jeûne.



La pratique du jeûne du Ramadan s’apparente à un travail délicat, voire dangereux, pour les diabétiques, chez qui la gestion rigoureuse de l’alimentation est une des clefs de l’équilibre de cette maladie caractérisée par un excès de sucre dans le sang, expliquent des spécialistes. Un grand nombre de musulmans diabétiques s’attachent à la pratique du jeûne du ramadan, soit parce qu’ils ne se sentent pas malades et n’ont pas conscience des risques, soit pour ne pas se sentir exclus d’un moment de partage très fort. «Clairement, même quand on autorise les gens à jeûner et que ça se passe bien, il est exceptionnel que ça ne détériore pas l’équilibre glycémique (taux de sucre dans le sang, ndlr)», constate un médecin spécialiste.  «C’est un bouleversement dans le rythme alimentaire et dans le rythme de vie, car le sommeil aussi est perturbé», explique-t-il. Surtout lorsque le ramadan tombe, comme c’est le cas cette année, pendant les mois d’été. Pour certains, la contre-indication est formelle : patients avec des complications (insuffisances rénales graves, complications cardiovasculaires sévères), patients trop âgés, femmes enceintes. «Nous ne sommes que des blouses blanches, il nous faut nous appuyer sur les textes (sourates, versets). Heureusement, la plupart des imams vont dans notre sens», ajoute le docteur. Pour ceux qui se lancent malgré tout, elle estime important qu’ils aient un contact avec un médecin «qui sache ce que c’est que de faire le ramadan, ce qu’on mange, comment, à quelle heure, avec qui, etc.» « Il faut aussi connaître le traitement : il y a des traitements avec lesquels le jeûne est impossible, des traitements qui nécessitent un petit remaniement et d’autres avec lesquels ça ne pose pas de problème, mais il n’y en a pas beaucoup.» «C’est du cas par cas», résume  la source médicale, qui insiste sur le «contrat moral» qu’elle passe avec ses patients. «S’ils ont le moindre symptôme d’hypoglycémie (sueurs, vision floue, tremblement...) dans la journée, il faut qu’ils promettent à leur  médecin de casser le jeûne si nécessaire.» A l’inverse, l’autre risque, à la rupture du jeûne au coucher du soleil, c’est l’hyperglycémie, du fait d’un apport alimentaire excessif. Elle se manifeste par des soifs intenses, des envies fréquentes d’uriner qui perturbent encore davantage le sommeil et contribuent aussi au risque de déshydratation dans la journée. ‘’Chamia, zlabia et pâtisseries orientales’’ sont autant de mets traditionnellement partagés en famille à la rupture du jeûne, mais «qui vont apporter beaucoup de graisses et de sucre», souligne Fatima Oulhadj, diététicienne à -Saint-Denis en France. Cette année, la rupture du jeûne se faisant à une heure tardive, certaines personnes ne prennent pas de 2e repas, traditionnellement plus complet. Elle conseille donc de prendre un premier iftar varié, intégrant féculents, fruits, légumes, produits laitier, viande (ou poisson ou oeuf) pour équilibrer autant que possible l’alimentation.

Que se passe-t-il dans l’organisme lorsque l’on jeûne (d’un point de vue médical) ?
Le glucose est indispensable à la vie puisque, sous l’action de l’insuline, il pénètre dans les cellules où il va servir à fabriquer de l’énergie pour vivre (ATP). Lorsque l’on mange, tout le glucose n’est pas utilisé immédiatement : une partie est stockée, essentiellement dans le foie, sous forme de glycogène. Lorsque l’on jeûne, la quantité de glucose circulant diminue, la production d’insuline aussi et, sous cette action, le foie va commencer à libérer ses réserves. Mais les réserves hépatiques ne sont pas infinies et ne permettent de couvrir qu’environ 24h de jeûne. Après ces 24h, d’autres mécanismes se mettent en marche : du glucose peut ainsi être fabriqué à partir des protéines (muscles) ou des acides gras (tissu graisseux).  Si le jeûne se poursuit trop longtemps, ces phénomènes adaptatifs vont être dépassés, la production d’ATP deviendra insuffisante et les conséquences vont se faire sentir…   Durant une période prolongée de jeûne, le patient ne pourra rien ingérer, ni de liquide, ni de solide. Le risque encouru est essentiellement un risque d’hypoglycémie, si le patient n’a pas pris soin de faire adapter son traitement en concertation avec son médecin. De plus, lors du ramadan, au coucher du soleil, l’alimentation et l’hydratation sont de nouveau autorisées. Le risque est la surcharge d’apports alimentaires, dont les conséquences peuvent être l'hyperglycémie et la  écompensation métabolique aigüe chez les personnes qui prennent leur traitement à des doses parfois inadaptées (en regard de leurs apports caloriques majorés). Elles risquent dans ce cas d’être carencées en traitement de part ces apports caloriques importants.

 

Riad
Vendredi 26 Juin 2015 - 18:45
Lu 365 fois
A LA UNE
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 07-12-2016.pdf
3.31 Mo - 06/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+