REFLEXION

UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Laghouat, la ville aux tableaux de sables

Laghouat est une commune et une ville d'Algérie, chef-lieu de la wilaya du même nom. Laghouat, El-Aghouat ou El-Arouat selon les transcriptions latines utilisées à différentes époques de l’histoire de la ville, est une appellation poétique qui tire son origine de la nature et de la configuration même de la région.



Le toponyme de Laghouat est issu du mot d'origine berbère a𝛄wat signifiant « montagne en dents de scie ». Ce nom a également souvent été présenté comme étant issu du mot arabe el a𝛄wat signifiant « les jardins », en références aux nombreux vergers des oasis de la région. Laghouat a été également rapproché du nom d'une tribu citée par Procope, les Leucathes. La naissance moderne de la ville de Laghouat remonte au début du XVIIIe siècle. Mais Ibn Khaldoun a signalé l'existence vers le XIVe siècle d'un qaçr (ville ou village entouré d'un mur en pierre pour la protection contre les invasions) dans un site qui semble être celui de la ville actuelle, abritant une faction de la tribu de "laghouat", branche de la célèbre tribu berbère des Maghraouas. Cette tribu connue aujourd'hui sous le nom de laghouat-ksel, il ne reste qu'une fraction (ouled serghine) habitant la ville, la majorité de laghouat-ksel migre vers l'ouest dans les environs de djbel Ksel (wilaya de Bayadh).
Quelques dates importantes de l’histoire de Laghouat:
1368 : Le sultan Abou Hammou, de la dynastie Zianides, chassé par le sultan Mérinides de Fez, rallia ses partisans à Laghouat avant de se retirer dans le Mzab.
1698 : Le marabout SidiHadj Aissa (mort en 1737), patron de la ville, s’établit à Laghouat.
1708 : Le sultan du Maroc Moulay Abdelmalek, établit son camp à l’Ouest de la « cité rebelle » et lui imposa un tribut qu’elle refusa tout le temps de payer.
1727 : Laghouat passe sous la domination des Ottomans.
1741 : Le bey du Titteri, à la tête d’une imposante armée, assiégea la ville. Défait, il reprit la route de Médéa.
1785 : Le bey d’Oran sur l’ordre du dey d’Alger, mena une expédition punitive contre Laghouat qui refusait toujours de payer l’impôt annuel de 700 réaux.
1829 : Le Cheikh Moussa Ibn Hassan El- Misri, né en Égypte, à Damiette, en 1787, s’établit à Laghouat et fonde l’ordre Chadhiliyya.
1831 : Le Cheikh Moussa Ibn Hassen El Misri proclame la guerre sainte contre l’Armée française, lève une armée et entame une résistance armée qui ne devait prendre fin qu’avec sa mort, en 1848, lors de la fameuse bataille de Zaatcha, sous l’étendard du Cheikh Bouziane, un autre juriste éminent de Laghouat.
1852 : Une armée forte de 6 000 hommes et sous le commandement de trois généraux – Pélissier, Yussuf et Bouscaren – assiège la ville de Laghouat. La bataille s’engage le 21 novembre ; le 4 décembre de la même année, Laghouat est prise d’assaut. L’extermination systématique de l’ensemble de sa population est alors ordonnée ; plus des deux tiers périssent ainsi. La ville ainsi que le reste de sa population sont sauvés de justesse par un contre-ordre. Voici comment le colonel Théodore Pein, officier de l'Armée d'Afrique issu du rang qui resta vingt-trois ans en Algérie (de 1840 à 1863) décrit la prise de Laghouat, à laquelle il assista : «Le carnage fut affreux; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d’après les meilleurs renseignements, après la prise, constate le chiffre de 2300 hommes, femmes ou enfants tués; mais le chiffre de blessés fut insignifiant, cela se conçoit. Les soldats, furieux d’être canardés par une lucarne, une porte entrebâillée, un trou de la terrasse, se ruaient dans l’intérieur et y lardaient impitoyablement tout ce qui s’y trouvait; vous comprenez que, dans le désordre, souvent dans l’ombre, ils ne s’attardaient pas à établir de distinction d’âge ni de sexe: ils frappaient partout et sans crier gare!».
Le célèbre Bennacer Benchohra est alors de toutes les batailles. En 1875, il gagne la Syrie, âgé de plus de 70 ans, pour y vivre ses derniers jours.
1921 : Mort du grand poète et alchimiste le cadi Abdallah Ben Keriou.
1922 : Fondation à Laghouat, sur l’initiative du Cheikh Zahiri, des notables et des lettrés de la ville, de la première école privée en Algérie.
Les mouvements nationalistes s’implantent à Laghouat.
1927 : Le Cheikh Moubarek El Mili s’établit à Laghouat pour y donner son enseignement. Une première promotion d’étudiants rejoint l’université d’El Zeïtouna (Mosquée Zitouna), à Tunis.
1946 : Le bey de Tunis, Moncef, est placé en résidence surveillée à Laghouat.
1955 : Deux mois après le 1er novembre 1954, Laghouat s’engage dans la lutte armée. La liste de ses martyrs ne cesse alors de s’allonger.
1957 : Le ministre français Jacques Soustelle, accueilli froidement par les Laghouatis, décide de transférer à Ouargla le chef-lieu de la préfecture des Oasis.
1974 : À l’issue du découpage administratif de cette même année, Laghouat réintègre son statut de chef-lieu de wilaya.
La gastronomie occupe une bonne place dans la tradition laghouati. Comme partout de l'Algérie le couscous reste emblématique, Pendant le mois de ramadan le couscous est dit le sfouf mangé avec un verre de lait frais. Toujours dans le cadre du sucré, on trouve la Zlabia (gâteaux frits dans l'huile et enrobés de miel) ou encore le fameux baghrir (petite crêpe en nid d'abeille servie avec du beurre fondu et du miel), tous délices appréciables seulement avec un bon verre de thé à la menthe comme l'exige la coutume. Laghouat est connue pour ses tableaux de sables, avec son premier salon de l'art du sable en 2011. Elle a également été la capitale algérienne de l'art le temps d'une semaine en octobre 2016, lors du festival national culturel des arts plastiques où se sont réunis plus de 60 artistes peintres.

 

Réflexion
Mardi 10 Octobre 2017 - 17:46
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