REFLEXION

UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Boufarik, du marais à ‘’Orangina’’

Connue pour ses oranges, Boufarik a été le lieu de naissance de la fameuse boisson ‘’Orangina’’. Son territoire inclus dans l'outhan (district) de la tribu des Béni Khélil, se divisait à l'époque des Turcs en trois cantons, dont ‘’El Merdja’’ qui correspondait au marais, ‘’El Hamada’’, sur les hauteurs sèches, et ‘’El Outha’’, sur la plaine du centre.



Boufarik  est une ville de la wilaya de Blida , située à 14 km de son chef-lieu  et à 35 km d'Alger. Le 2 octobre 1832, lors de la conquête de l'Algérie par la France, a lieu le combat de Boufarik où se distingue le tristement célèbre 10e régiment léger. En 1835, des militaires français s'installent de façon permanente sur la plaine, qui devient le Camp d'Erlon. La ville de Boufarik est fondée près du camp en 1836 par Bertrand Clauzel, celui-ci vend des lots de terre aux colons qui arrivent en masse. Pourtant, la vie est rude pour les Français, à cause de l'insécurité et des maladies qui pullulent dans les marais tout proches, comme la dysenterie ou le paludisme. Pour remédier à ces problèmes, les colons devaient lutter en permanence contre les indigènes et durent entreprendre des travaux d'assèchement. Ces travaux débutèrent en 1843 et les canaux de drainage furent comblés en 1847, alors qu'une église et une école sont construites. Plus tard, le camp militaire est fermé et remplacé par une gendarmerie. En 1851, le bourg est érigé en commune et se modernise, les rues sont élargies, des arbres plantés et des monuments tels le théâtre ou la gare voient le jour. Plus tard, la ville accueille un aérodrome. Boufarik accueille ensuite des colons en masse, et les orangers de la Mitidja inspirent en 1936 à un médecin espagnol une boisson pétillante qui devient Orangina. Après le 19 mars 1962, les "pieds noirs" juifs et chrétiens fuient en masse et l'usine Orangina est transférée à Marseille en 1962. Selon les historiens, son territoire n'était qu'un marais tigré de forêts de joncs impénétrables ; ce n'était que flaques d'eaux croupissantes, que mares, que rides suintantes ; ne trouvant pas à s'écouler, ces eaux dormaient sur le sol en attendant que le soleil les bute. Par la suite, ce lieu marécageux était le centre et le point culminant et d'attache de sentiers qui s'allongeaient en serpentant dans l'est, dans le nord et dans l'ouest et par devenir un lieu propre à l'établissement d'un marché. La fondation de ce coin commercial  daterait ainsi du milieu du XVIe siècle de notre ère. Quatre à cinq mille Bédouins venaient y planter leurs tentes, chaque lundi pour quelques heures, et « étaler les denrées de leur pays, des troupeaux de bœufs, de moutons, de chèvres, de chevaux, des grains, des légumes, des tissus, enfin toutes les productions naturelles ou fabriquées de leurs haouchs et de leurs douars. Le 5 mars de l’année 1835, sous la direction du colonel Lemercier, le capitaine de génie Grand, commençait le tracé de l'enceinte du Camp. Cet ouvrage devait renfermer un baraquement en maçonnerie ou en planches pouvant contenir 1 500 hommes, des écuries pour 600 chevaux et tous les services que comporte un camp permanent. Mais, à la suite et sous la protection de l'armée, trente-cinq petits marchands, cantiniers ou ouvriers d'art étaient venus se grouper, à proximité des troupes .Par un arrêté du 27 septembre 1836, Clauzel décida de distribuer à Boufarik des lots de terre de 4 hectares moyennant une redevance annuelle de 2 francs par hectare. Au printemps de 1837, il y avait déjà à Médina-Clauzel, comme on appelait le nouveau centre. En 1842, la nouvelle localité de Boufarik était la plus mortelle de l'Algérie, de par la propagation du paludisme. Les visages des rares habitants échappés à la fièvre pernicieuse étaient verts ou bouffis. La paroisse change trois fois de prêtre en un an ; l'église est fermée. Tout le personnel de l'administration civile et militaire a dû être renouvelé. Il périt en cette année-là, 92 personnes de la maladie du climat sur 300 personnes. Les ravages parmi les colons européens furent également considérables à tel point que la Mitidja fut surnommée le tombeau des colons. Pendant les mois de juillet et d'août 1842, les troupes du Général Changarnier ouvrent une route dans les gorges de la Chiffa. Le bourg prend conscience de son importance : Par décret du 21 novembre 1851, Boufarik est érigée en commune. Son premier maire, Borely La Sapie commencera dès 1853 la plantation des fameux platanes, et la ville entre dans les voies de l'urbanisme, avec sa mairie, ses églises, ses magasins, son cinéma, son théâtre, son marché couvert avec, devant, le mausolée du marabout, une gare où s'arrêtent les trains venant d'Alger et allant sur Blida et Oran et son stade municipal, avec, tout à côté, le magnifique monument aux Colons et l’inauguration d’un Aérodrome en septembre 1946  avec toutes ses installations dont la tour de contrôle, l’aérogare, les casernements, et  les hangars.

Réflexion
Lundi 13 Novembre 2017 - 17:43
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