REFLEXION

UN SCENARIO CATASTROPHE N’EST PAS ECARTER A HADJADJ : Pourquoi les habitants de « Djebabra » se manifestent et occupent la rue ?



UN SCENARIO CATASTROPHE N’EST PAS ECARTER A HADJADJ : Pourquoi les habitants de « Djebabra » se manifestent et occupent la rue ?
« Djebabra », cette paisible localité est la deuxième plus importante agglomération de la commune de Hadjadj après le chef lieu de la commune. Avec une population estimée à plus de 5000 habitants, le douar vive de nombreux problèmes qui couvaient depuis une décennie.
Samedi après-midi et la matinée de dimanche, la localité de « Djebabra » a vécu au rythme de la contestation. Des centaines de citoyens ont bloqué la route nationale N°11 à l’aide de pneus brulés, des troncs d’arbres et de grosses pierres. La fumée noire mélangée au gaz lacrymogène rendait l’air irrespirable. C’étaitt une scène regrettable et choquante. De violents affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre présentes en nombre sur les lieux. Selon des sources crédibles, on enregistre 19 arrestations parmi les manifestants. Les habitants jugent leurs préoccupations très légitimes après des années de marginalisation. Avant-hier, le lien d’entente entre ces citoyens et leurs responsables locaux a été brutalement rompu pour laisser place à la contestation et la violence. Mais, pourquoi les habitants de « Djebabra » se manifestent et occupent la rue ?
Devant l’inexistence d’un réseau d’assainissement, la majorité des habitants recourent aux fosses sceptiques hors normes avec tous les dangers que constituent ces fosses sur la santé de la population. D’ailleurs, D’après les déclarations des uns, , on a enregistré, par le passé, plusieurs cas de typhoïde à cause de la contamination des puits existants. En conséquence, les habitants s’approvisionnent en eau potable par le biais des citernes chez des fournisseurs privés malgré que le douar soit doté d’un réseau d’AEP. L’eau ne mouille que rarement les robinets. Le prix de la citerne frôle les 400 DA. En outre, Le douar est envahi par les odeurs nauséabondes et les moustiques, été comme hiver, qui trouvent dans le rejet des eaux usées à ciel ouvert ; situé entre le douar et la route nationale ; le lieu idéal pour sa prolifération. La goutte qui a débordé le vase est le projet du stade. Après un parcours de combattant mené par le comité du quartier conjointement avec l’association sportive «JSOBD » pour l’implantation d’un stade au niveau de la localité, sachant que l’équipe locale qui joue en division honneur regroupe une centaine de jeunes footballeurs natifs du douar, et contre toute attente, le terrain choisi a été cédé à un particulier. Après avoir pris possession du terrain, le nouveau propriétaire a planté des dizaines d’oliviers et de figuiers ce qui a été considéré par les habitants du douar comme un complot prémédité et étudié pour les priver du projet du stade, tant espéré par toute la population. L’accès au fond du douar est une rude tache vu l’état de la route (piste) très dégradée. Quand il pleut, les habitants se trouvent forcés de se priver de leurs véhicules. Les plus frileux parmi les habitants ont perdu leur patience devant l’inertie qui caractérise leur cadre de vie. Ils nous déclarent qu’ils sont systématiquement en marge du développement local. Abattu par la tournure des événements, un quinquagénaire nous déclare : « on mène une vie de chiens. Notre unique passion est l’amour du bled. Ah ! Si on peut remonter le temps, j’aurai, délibérément et sans regret, opté pour la « harga » quelque soit le prix à payer ». Le dialogue de sourds entre les représentants du douar et les responsables locaux, mêlé au manque de confiance et aux préjugés politiques et tribales, a rendu la cohabitation difficile entre les deux parties. Les intérêts personnels des uns et les ambitions politiques des autres a fait le reste. Dans l’après-midi de dimanche, un calme précaire a été rétabli suite aux efforts déployés par les autorités locales ; à leur tête le chef de la daïra de Achaacha qui assure l’intérim à Sidi Lakhdar ; d’une part et par les notables et les sages du douar d’autre part. Il semble que la tension persiste et de nombreux jeunes, préoccupés par le sort de leurs camarades incarcérés, sont chauffés à l’extrême. Un scénario catastrophe n’est pas à écarter si des mesures urgentes et concrètes ne seront pas prise dans les jours à venir.

Abdelwahab Adda
Mardi 10 Novembre 2009 - 00:01
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MOSTAGANEM
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