REFLEXION

UN NOUVEAU CODE D’INVESTISSEMENT EN ALGERIE : POURQUOI FAIRE ?

La mentalité bureaucratise rentière est de croire qu’une loi permet de modifier le fonctionnement tant de l’économie que d’une société, alors que les pratiques contredisent souvent les plus belles lois du monde. Dans la mouture actuelle, je ne vois pas de changements majeurs, mais quelques replâtrages. Qu’en sera-t-il du nouveau code des investissements en Algérie en élaboration, qui devrait être présenté d’abord en conseil des Ministres puis au parlement avant son adoption définitive ?



1. Qu’en est –il du nouveau Code d’Investissement?
 Dans les pays développés n’existent pas  de code d’investissement mais une planification stratégique tenant compte des mutations des filières internationales en perpétuelle modification du fait des innovations technologiques continues. L’Algérie a élaboré plusieurs  codes d’investissements depuis plus de trois décennies et le résultat est en juillet 2014 après 52 années d’indépendance  mitigé.  83 % du tissu économique est dominé par le petit commerce-services (tertiairisation  de l’économie), le secteur industriel  avec moins de 5% du produit intérieur brut(PIB) , et sur ces  5%, environ 95% de petites PMI-PME peu initiées au management stratégique. Environ  97/98% des exportations  proviennent   toujours  des hydrocarbures brut- et semi brut,   plus de 50%  des 2/3% d’exportation hors hydrocarbures  étant des déchets sidérurgiques   et pétrochimiques.
 
2- Quelles sont les sources de blocage à l’investissement ?
 Le déblocable des investissements ne réside pas  en l’élaboration d’un Code d’Investissement mais dans l’approfondissement des réformes micro-économiques et institutionnelles sans lesquelles le cadre macro-économique relativement stabilisé d’une manière artificielle par des transferts de rente, étant éphémère(1).  Je recense sept facteurs de blocage.
 Premièrement, au manque de visibilité et de cohérence dans la politique socio-économique  et pourquoi généraliser la règle des 49/51% aux secteurs stratégiques et non stratégiques pour des raisons essentiellement idéologiques n’ayant pas freiné les importations.  
 Deuxièmement, à la faiblesse  d’institutions  collant aux nouvelles mutations locales et internationales.
 Troisièmement au manque  de   transparence dans la  gestion ;
Quatrièmement, en la   bureaucratie paralysante locale et centrale qui produit la sphère informelle  dominante  et les dysfonctionnements  au sein  des  appareils d’Etat.
 Cinquièmement, au   système financier  qui se limite en guichets administratifs par des distributions de rente.
Sixièmement, au  système socio-éducatif depuis le primaire à supérieur en passant par  la formation professionnelle, (urgence d’un grand Ministère de l’éducation nationale, facteur essentiel de synchronisation et également d’un grand ministère de l’économie pour les mêmes objectifs) qui ne répond pas aux normes  de l’économie et du social.
 Septièmement,  l’épineux problème du foncier passant par un véritable marché du foncier industriel, posant d’ailleurs la problématique du marché foncier  agricole.

3- Que faire pour dynamiser l’investissement ?
 A la levée des contraintes  mises en relief  précédemment qui d’ailleurs renvoie au politique , Etat de Droit, démocratie, il s’agit d’éviter les perpétuelles modifications juridiques qui démobilisent tout investisseur ne pouvant plus faire un calcul de gain dans le moyen et le long terme préférant  se réfugier dans les  activités spéculatives du gain à court terme. La dépense monétaire à travers  la dépense publique via la rente des hydrocarbures , les subventions  généralisées et non ciblées , les versements de traitements  sans contreparties  productives , des projets non  matures  ne peuvent donner que des résultats mitigés . Il s’agit impérativement   de réhabiliter l’entreprise créatrice  richesses qui doit  s’insérer dans   le cadre  des nouvelles mutations locales et mondiales  en termes de coût/qualité et son  fondement le savoir qui s ‘est  profondément dévalorisé. En fin de compte le défi majeur de l’Algérie entre 2014/2020,  au sein d’une région qui devrait connaitre une profonde reconfiguration géostratégique,    pour atteindre un taux de croissance  qui puisse résoudre les tension sociales ( 8/9% cumulé sur 7/8 ans,  alors qu’il n’a  pas  dépassé 3% entre 2000/2013 pour une dépense fonctionnement et équipement de 630 milliards de dollars( part devises et dinars) , des recettes d’hydrocarbures en devises  d’environ 700 milliards de dollars et des importations approchant 500 milliards de dollars en devises , passe par une  profonde moralisation  de la vie politique et économique (la corruption  ayant atteint des proportions  inquiétantes menaçant le fondement de l’État algérien) , une  nette volonté politique d’approfondir les réformes , souvent annoncées mais toujours différées,  existant des liens dialectiques entre le politique, le social, le culturel et l’économique. Il y a certes des plus hautes autorités du pays une  prise de conscience. Mais ce qui compte ce sont les actions sur le terrain. Le meilleur investissement est dans la ressource humaine de qualité supposant  une profonde moralisation de ceux qui dirigent la Cité (l'éthique). Ces bonnes intentions seront-elles  réalisées? Espérons la levée de toutes les entraves bureaucratiques qui freinent les initiatives créatrices.  
 
(1)Voir interview  du professeur Abderrahmane MEBTOUL diffusée par la  télévision Internationale Africa 24 le 17/07/2014 à 19h heure de Paris (disponible sur le site Africa24 série Finances)  sur le thème «  sur l’opportunité d’un  nouveau code d’investissement en Algérie  ».

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mardi 22 Juillet 2014 - 11:29
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ACTUALITÉ
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