REFLEXION

UN ENFANT MORDU PAR UN RAT ET D’AUTRES PAR DES SERPENTS A MOSTAGANEM : 23 familles vivent dans un oued depuis 10 ans

Comment décrire un tel environnement, de par la désolation ambiante la misère, la maladie, le désordre et les amas d’immondices qui entourent ces habitations précaires, situées à l’arrière de la rue 07 N° 1013 en contrebas de Sidi Bakhti Tijditt, sur le versant de la rive de l’Oued Ain Sefra et qui ont tout l’air d’être sorties d’un cauchemar.



UN ENFANT MORDU PAR UN RAT ET D’AUTRES PAR DES SERPENTS A MOSTAGANEM :  23 familles vivent dans un oued depuis 10 ans
Des familles nombreuses qui s’entassent, dans des baraques et des bâtisses sommaires, qui n’ont aucun aspect qui suggèrerait un tant soit peu un lieu décent pour toute famille qui aspire, à une vie meilleure, dans une habitation, ou elle se sentirait à l’abri, du froid, de la chaleur, des reptiles, des rats ou tout autre animal et exposée à autant de foyers de prolifération des moustiques et d’autre fléaux qui peuvent nuire à leur santé et à celle de leurs enfants.

Ces victimes de la société, que dévore la pauvreté, sont abandonnées consciemment aux aléas de cette pénible existence, qu’est la leur.

Aux premiers abords, c’est un spectacle lamentable qui s’offre au visiteur, à savoir un climat de tension perceptible choquant et honteux à la fois, d’où la marginalisation si ce n’est de la négation pur et simple des responsables, qui ne tiennent surement pas à affronter une telle réalité indigne et incompatible, avec tout humanisme et sans appel. Mécontentement et colère c’est ce que ressentent ces sinistrés au bord du désespoir, en raison de la situation intenable, qui perdure et qui s’aggrave, d’où les nombreux risques de maladies et d’accidents qui pourraient survenir, de par l’emplacement et le lieu qui implique un danger permanent, vu son état voire escarpé pour se frayer un chemin, pour accéder à ces semblants de demeures délabrées. Ces habitations précaires, dispersées ça et là sur le versant de Oued Ain Sefra, inspire la peur à cette population désemparée de par l’exclusion et cette destinée amère, dont elle est confrontée, ne croyant plus au miracle selon eux.

Dans ce contexte il y a lieu de se demander, pourquoi un tel mutisme de la part des autorités et des élus, alors que ces familles en détresse sont exposées à tous les aléas de la nature et semblent condamnées par les hommes, à subir les affres d’une destinée qu’ils n’ont pas choisie.

Plus de 23 familles et plus de 50 enfants, vivent l’enfer et le supplice, s’interrogeant sur leur devenir et sur l’inertie des responsables locaux, qui n’ont à ce jour pas lever le petit doigt pour les sortir de cet maelström et de cet environnement insupportable, demeurant ainsi à la merci de décisions, qui tardent à venir, d’où l’inconscience des décideurs. L’aspect misérable de ce lieu ou ce cantonnent toutes ces familles, met en lumière la fracture sociétale de par, le laxisme, le laissé allé, le favoritisme, la négligence, de certains responsables, qui ne sont là que pour leur propre intérêt, quant au citoyen celui-ci n’a plus droit au chapitre.

Sur les lieux le constat est écœurant, à savoir: Saleté, odeurs nauséabondes, eaux stagnantes, aucun sanitaire, absence d’hygiène totale, de conduites d’évacuations des eaux usées et d’eau potable, ni d’un minimum de commodité pour ces familles qui ne leur reste, que des yeux pour pleurer leur malheur.

Ces citoyens vivent dans le dénuement le plus complet et l’un d’eux nous dira : « Vous voyez ou nous vivons, personne ne pourrait y survivre, alors imaginez ce que nous supportons nous sommes parqués comme des animaux et en plus pire. Il ajoutera à notre intention : Nous sommes plus de 23 familles et chacun de nous a une ribambelle d’enfants dont le nombre dépasse les 50, dont la majorité sont en bas âge, pour ne pas dire qu’il y a des bébés », et de poursuivre certaines familles sont là depuis l’année 2000, sans que personne ne veuille prêter une oreille attentive et ne leur inspirons même pas de la pitié, pour vous dire à quel point notre situation est grave. » Le constat est éloquent d’autant plus, que des maladies se sont déclarées, telles que : Les maladies respiratoires, des yeux, asthme, tension sont le lot de ces sinistrés et plusieurs enfants souffrent d’un mal du ventre, qui selon les habitants s’est déclaré et qu’il serait du aux microbes et à l’environnement malsain, qui sévit.

Une mère de famille un enfant d’un an dans ses bras nous dira quant à elle : « Vous constaterez que mon enfant, a été mordu par un rat, pendant son sommeil il y a de cela 3 mois, heureusement que je l’ai soigné à temps et grâce à Dieu il va mieux, mais jusqu’à quand allons nous attendre, pour qu’on nous délivre de cet enfer.»

Une autre jeune femme dénommée O. Houria, souffrant du diabète, nous déclarera : « Moi je souffre du diabète et avec les difficultés rencontrées, ma maladie a empiré, ajoutez à cela le manque d’argent, pour un suivit médical ce qui n’est pas pour facilité les choses surtout avec la situation que nous vivons ». Dans ce même contexte, les sinistrés nous ont déclaré, que cette situation ne date pas d’hier.

Selon eux, plusieurs dossiers ont été constitués et ce à partir des années 2000, au niveau de l’APC, de la daïra, de la wilaya et même le ministère de l’habitat à été saisi de notre situation, sans oublier que depuis plusieurs années nous faisons le pied de grue devant les institutions concernées, sans qu’aucune suite ne nous ait été réservée.

« La semaine dernière nous dira un autre père de famille, nous avons reçu la visite des services de l’urbanisme qui nous on recensé et nous ont informé qu’ils allaient procéder à la démolition de toutes les habitations, nous laissant dans l’expectative et l’angoisse et si cela s’avérait exact, que se passera-t-il alors pour nous, serons-nous jetés à la rue, c’est une question, qui nous obsède tellement nous avons peur ».

K. Ahmed âgé de 66 ans retraité, la santé fragile, père de 7 enfants et percevant une pension de 5000 Da, quant à lui nous dira : « C’est devenu une question de vie ou de mort, pour nous tous et comme vous voyez nous essayons de survivre et Dieu est témoin.

Il ajoutera à ce propos : Nous faisons tout notre possible pour ne pas sombrer dans la folie, le stress est à son comble et nous ne pouvons plus supporter de vivre comme des moins que rien, puisque nous vivons au milieu des détritus, car même le camion de nettoiement de la commune ne fait plus le ramassage des ordures qui s’amoncellent, alors comment voulez vous que les enfants ne tombent pas malade».Un autre, nous confiera : Vous êtes venus, à l’improviste et vous avez constaté cette déchéance, qui nous entraine dans un labyrinthe sans fin, dans l’attente que les pouvoirs publiques viennent à notre secours. De notre côté nous dira-t-il, nous avons démontré, aux autorités que nous sommes des citoyens honnêtes et respectables, aussi nous nous sommes attelés à respecter notre parole celle de décourager d’autres à s’installer avec nous afin de ne pas aggraver la situation déjà trop compliquée. Nous sommes des pères de familles modestes et la majorité d’entre nous, ont un faible revenu, ou bénéficient du filet social, a savoir, entre 3000 et 4200 DA, juste de quoi ne pas mourir de faim, conclura-t-il ». A ce stade de la situation, que faut-il faire, sinon espérer que cet appel au secours sera entendu par le premier responsable de la wilaya, pour les délivrer de cet enfer et mettre fin à leur calvaire qui n’aura que trop durer.

Dans ce contexte ces familles nombreuses seront-elles parmi les bénéficiaires des 500 logements en cours de réalisation, qui selon nos sources sont destinés aux cas sociaux les plus touchés et qui restent à confirmer, tels que : Les habitants du Derb, de Toubana, des Citronniers de Tijdit et de tous les bidonvilles existants et qui ternissent l’image de la ville de Mostaganem. A signalé que ces opérations d’irradication des bidonvilles, entrent dans le cadre des orientations du Président de la République qui a instruit tous les responsables de faire le nécessaire et procéder à l’assainissement de ces foyers d’habitations précaires qui subsistent encore, pour ne pas dire une calamité pour ces citoyens qui subissent l’humiliation depuis plus de dix années.

Benyahia Aek
Dimanche 13 Juin 2010 - 09:28
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