REFLEXION

UN DEPUTE MAROCAIN ASSASSINE DEVANT SON DOMICILE : Le Maroc entre dans une période de terrorisme

Le député marocain, Abdellatif Merdas, s’apprêtait à rentrer chez lui, mardi vers 22h, quand il a été abattu par un homme à bord d’une petite voiture de couleur sombre.



En effet, Abdellatif Merdas rentrait mardi dans la nuit dans son domicile, située avenue Benghazi dans le quartier chic de Californie à Casablanca. Il conduit, seul, une berline allemande. A peine les premières manœuvres entamées pour garer sa voiture qu’un véhicule de petite cylindrée, de couleur sombre (une Dacia selon les premiers témoignages), s’arrête au niveau de la berline allemande. Un homme sort un fusil de chasse et tire trois coups de feu en direction du député. Trois cartouches 12 mm atteignent le député à la tête, au visage et au cou. La petite voiture reprend vite son chemin et disparait. Au moins, deux hommes s’y trouvaient à bord selon les premiers témoignages. Cela s’est produit mardi 7 mars vers 22h. L’ambulance arrive vite mais le député Abdellatif Medras succombe à ses blessures en cours de son évacuation à l’hôpital. Visiblement, ceux qui l’ont abattu ne lui ont laissé aucune chance de survie. Pour le moment, aucune piste n’est privilégiée. Mais la ruralité de la circonscription où Abdellatif Merdas a été élu, Ben Hmed, et la nature de l’arme utilisée, un fusil de chasse, orientent les enquêteurs vers cette localité de Ben Hmed.

Le Maroc confronté au retour des djihadistes
L’organisation terroriste Daech est en grande difficulté dans ses fiefs en Syrie et en Irak. Le groupe est encerclé à Mossoul, sa capitale irakienne, et perd progressivement du terrain en Syrie face aux troupes gouvernementales et aux Kurdes. Conséquence, de nombreux djihadistes étrangers fuient les rangs du groupe terroriste et prennent le chemin du retour. Un scénario qui inquiète de nombreux pays, dont le Maroc qui a vu plusieurs centaines de ses ressortissants rejoindre Daech. En 2015, le Centre international des études de la radicalisation estimait ainsi à 1.500 le nombre de Marocains ayant rejoint l'Etat islamique. Des combattants qui représentent désormais un fort risque sécuritaire pour le royaume. Selon le magazine marocain Telquel, environ 500 djihadistes marocains seraient encore en vie et actifs sur les fronts et «un bon nombre d'entre eux souhaitent rentrer au Maroc». Un combattant qui opère à Alep a même confié à Telquel, «qu'il y a des défections au sein de Daech et que certains émirs n'obéissent plus aux ordres de l'autorité suprême. En plus, les combattants marocains les plus connus sont tous morts». D’après le Bureau central d’investigations judiciaires  marocain, 98 déserteurs marocains étaient rentrés au bercail au mois d'octobre. Un chiffre qui donne évidemment des sueurs froides aux forces de sécurité marocaines. Le 1er décembre, une cellule terroriste de huit personnes en lien avec l'Etat islamique, selon la Direction générale de la surveillance du territoire, a été démantelée dans les villes de Fès et Tanger. Une série d'arrestations qui est loin d'être une première. Le 3 octobre, c'est une cellule terroriste de 10 femmes liées à l'organisation djihadiste qui avait été démantelée dans de nombreuses villes, dont Tanger, Salé ou Sidi Taibi. Plus tôt, en juillet, 52 personnes avaient également été placées en garde en vue, selon les autorités marocaines.

Une menace identifiée
Depuis l'attentat du 28 avril 2011 à Marrakech, le Maroc n'a plus été touché par une attaque terroriste de grande ampleur, contrairement à la Tunisie voisine. L'efficacité des services de renseignement locaux et la lutte contre la radicalisation religieuse menée par l'Etat en coopération avec les mosquées est saluée par de nombreux observateurs. «La police marocaine est l’une de celles qui, dans le monde arabe, mène la répression la plus féroce contre les cellules et réseaux islamistes régulièrement démantelés et contre les militants djihadistes qui rentrent du "front" ou aspirent à le rejoindre. Le Maroc a subi de douloureux attentats, comme celui de 2003 à Casablanca. La menace islamiste y est donc clairement identifiée et combattue et le roi veut désamorcer toutes les velléités de violence et de départ pour le djihad, dans sa population marocaine d’origine ou de nationalité, imputables surtout au déficit de connaissances religieuses», analysait le journaliste Henri Tincq sur Slate.fr le 9 septembre 2016. Les forces de sécurité marocaines savent cependant que le plus dur est sûrement à venir avec l'explosion prévisible de l'Etat islamique en Syrie et en Irak, mais aussi  en Libye. Quelque 55 % des combattants marocains appartiennent à la tranche d’âge se situant entre 25 et 35 ans, suivie de celle, à 24 %, des 13 à 25 ans. Nombre d’enfants, même plus jeunes, sont admis dans des camps militaires de l’EI pour y subir une formation théologique et des séances de maniement aux armes et de piégeage de véhicules. Quelque 255 femmes ont rallié la zone syro-irakienne pour rejoindre leurs maris, petits amis ou proches. La plupart des djihadistes viennent de milieux plutôt défavorisés. Avant leur départ, ils se livraient à des métiers de subsistance dans la construction, le commerce, l’artisanat. On trouve aussi de nombreux chômeurs, travailleurs journaliers et étudiants. Parmi les plus éduqués, les chercheurs de Sapporo Gakuin ont répertorié trois directeurs de société, quatre imams, trois libraires, deux militaires, deux retraités, un enseignant… « Les délinquants, les repris de justice et les personnes sans domicile fixe constituent désormais une catégorie ciblée pour le recrutement », précise un professeur d’université.

 

Ismain
Mercredi 8 Mars 2017 - 19:02
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ACTUALITÉ
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