REFLEXION

UN CALVAIRE AU QUOTIDIEN : Haï Si Salah les planteurs, un quartier en ébullition

Souffrance, visages crispés, regard triste et mines fatiguées, c’est ce qui distingue les habitants des planteurs, quartier perché sur les hauteurs d’Oran Cela fait déjà onze ans depuis les inondations de 2000 ou « El Hamla » comme on dit ici que les habitants de Haï Si Salah vivent dans des conditions déplorables dignes d’une époque révolue.



UN CALVAIRE AU QUOTIDIEN : Haï Si Salah les planteurs, un quartier en ébullition
Routes non goudronnées, alimentation en gaz naturel, en eau et assainissement déficientes, très peu d’infrastructures socio-économiques et nombreux édifices branlants qui menacent la sécurité des résidants ou de simple passages de ce panoramique quartier. Ceux qui n’ont jamais eu le privilège de le visiter auparavant seraient frappés par le décor qu’offre ce site jadis un paradis des promeneurs. Ainsi une virée dans cet endroit nous renseigne sur la précarité dans laquelle se débattent ces gens. Ajouter à cela le détournement de ce liquide précieux par des gens sans vergogne ni scrupule aux profits d’autres quartiers plus huppés. Ainsi servi une journée sur dix, voire vingt. Les habitants se sont rapprochés dés élus locaux du secteur urbain de Sidi El Houari dont dépend les planteurs afin de clarifier la situation. Ballotés entre un bureau et un autre, ils finiront par se diriger vers la direction de l’ADE. C’est ainsi qu’ils découvriront le pot aux roses, L’électricité de son côté est un feuilleton. Les contrôleurs dissuadés par le terrorisme n’y ont pas mis les pieds depuis 8 ans (1992-2000). Le calme revenu, « Ils reviennent nous demander de payer des arriérés qui atteignent parfois dix millions de centimes ». Ce qui relève de l’impossibilité et même utopique pour la plupart d’entre eux qui vivent au jour le jour. Et que dire de cette route non goudronnée, accidentée et poussiéreuse à souhait ? De l’extérieur, les habitants ont tous une couleur pâle due aux poussières collées aux murs. Ne pouvant ouvrir les fenêtres de peur qu’elles ne s’infiltrent à l’intérieur des maisons, leurs propriétaires vivent cloitrés comme en temps de guerre. Les commerçants, pour leur part, ne peuvent plus exposer leurs produits notamment alimentaires, obligés de les cacher à cause des poussières qui se déposent sur toutes les surfaces. C’est ainsi que les étals des échoppes restent vides, comme dévalisés la veille. Le gérant de taxiphone déplore, quant à lui, les vitres teintées, placées pour donner un charme à son magasin et qui volent en éclats malheureusement au passage de véhicules qui projettent des pierres. La santé des habitants notamment les plus jeunes se détériore à vue d’œil à cause de ce qu’ils respirent comme poussière. Asthme et maladies respiratoires viennent se joindre au stress provoqué par la vie difficile menée dans un quartier pourtant situé au cœur de la deuxième ville du pays. Une situation qui a rendu les habitants nerveux. Un sentiment d’abondant les a rendus méfiants à l’égard de tout étranger à l’endroit sans qu’il altère cependant leur sens de l’accueil, une fois mis en confiance. Dans leurs yeux se lit « pardonner pour votre froideur mais franchement on en a marre ! ».

N.Bentifour
Dimanche 15 Mai 2011 - 11:41
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Oran
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