REFLEXION

Trois ministres de l’économie avec des discours contradictoires, finances, industrie-commerce, trois problèmes

Au moment où le président de la République, le premier ministre donnent des instructions claires pour une cohérence dans la politique socio-économique, et que certaines organisations patronales font des déclarations positives pour essayer d’améliorer le climat des affaires, force est de reconnaitre des déclarations contradictoires tant entre les trois ministres de l’économie que des déclarations contraires à la réalité ,malgré l‘activisme de certains de peu de portées positives , rendant urgent la création d’un grand ministère de l’économie nationale couplée avec un grand ministère de l’éducation nationale si l’on veut atteindre l’objectif souhaité par le gouvernement d’un taux de croissance de 7% horizon 2020 et préparer l’ère hors hydrocarbures à la portée de l’Algérie .



Pour éviter des interprétations byzantines, étant membre de conseils scientifiques de plusieurs institutions internationales, comme j’ai eu à le dire aux plus hautes autorités du pays, je ne suis  intéressé par aucune fonction ministérielle, privilégiant uniquement les intérêts supérieurs du pays.
1.-Ainsi le ministre des finances déclare que tout marche bien quant à l’insertion du capital argent de la sphère informelle vers la sphère réelle contredit récemment par le PDG de la BDL qui avance le montant dérisoire de 3 à 3,5 milliards de dinars  soit à peine 0,1% du montant de la  sphère informelle  dont le montant déclaré  par le premier ministre est d’environ 37 milliards de dollars. Comment peut-il en être  autrement avec le  dérapage du dinar, presque 120 dinars un  euro et dépassant dans certaines places 170 dinars un  euro au niveau de la sphère informelle. Pour  des raisons de sécurité, les citoyens s’orientent  vers  l’achat de devises, d’immobilier  et à un moindre degré de l’or afin de les prémunir  contre le processus inflationniste. Contrairement aux argumentations du Ministre des finances qui verse dans le populisme, dans la pratique des affaires n’existent pas  de sentiments. Tout opérateur qu’il soit chinois, américain, européen, algérien est mu par  la seule logique du profit et cela est normal. Mais en créant de la richesse et des emplois productifs  et en payant ses impôts, les entrepreneurs  sont  « nationalistes ». Le nationalisme   peut se définir comme la  contribution des Algériennes et Algériens  à la  création de la valeur ajoutée locale. Il appartient à l’Etat  régulateur, grâce à une planification stratégique à moyen et long terme tenant compte des importants bouleversements   géostratégiques qui s’annoncent entre 2016/2030, tant dans le domaine   politiques, économiques , militaires, sociales , la  société algérienne n’étant pas figée  avec de nouveaux acteurs, les gagnants de demain n’étant pas  forcément les gagnants d’aujourd’hui d’où d’importantes résistances des tenants de la rente, de concilier les coûts sociaux et les coûts privés , afin de permettre une symbiose entre l’efficacité économique globale et une profonde justice sociale qui ne sont pas antinomiques.
2.-Le ministre de l’industrie  s’attaque devant des étrangers à des opérateurs privés algériens  et paradoxalement voudrait attirer l’investissement étranger qui sont avant tout attentifs aux locaux avant de venir. Qu’il saisisse la justice s’il ya malversation. Il avance devant les partenaires étrangers que le climat des affaires s’améliore au même moment où l’Algérie est déclassée par les organismes internationaux, seule référence pour tout investisseur étranger. Pas seulement ces  institutions, mais bon nombre d’opérateurs algériens   notent une bureaucratisation croissante, un système financier, socio-éducatif sclérosant (85% du crédit étant octroyé par les banques publiques) sans compter l’épineux problème du foncier comme frein au climat   des affaires. La majorité des institutions internationales  affirment que la règle des 49/51% qu’il faille différencier du droit de préemption,   pose   problèmes notamment pour les PMI/PME. Pour répondre à certaines allégations,  concernant le droit de préemption, existant  dans tous les  pays du monde, selon nos informations, il n’est pas question de le remettre en cause pour les secteurs stratégiques qui relèvent de la souveraineté nationale, étant utopique  par  exemple de l’appliquer aux cinémas. Pourquoi donc cette polémique inutile ? Or bon nombre de   ministres français dont en dernière date le président du Sénat , des opérateurs, l’ambassadeur d’Allemagne, récemment l’ambassadrice des Etats Unis d’Amérique,  l’ambassadeur de Grande Bretagne  et le 11 novembre 2015 en présence du Ministre de l’industrie, l’ambassadrice  de Suisse  ont noté qu’excepté les grandes entreprises  où l’Algérie supporte souvent  tous les  surcoûts, que  les PMI/PME, qui dans tous les pays du monde sont   créateurs de richesses et d’emplois,  ne viendront pas  avec cette règle. Paradoxe,  malgré l’avis des experts lors de la récente réunion organisée entre le gouvernement et le CNES qui ont  demandé son assouplissement,  l’actuel ministre de l’industrie, voudrait selon ses déclarations, une annale dans l’histoire  économique,  la généraliser au commerce alors que la facture  d’importation a doublé depuis son instauration.  Par ailleurs, le ministre propose  une politique industrielle, vision mécanique  des années 1970 comme si la création  d’usines de voitures résoudrait les problèmes de développement, achat  fonction du pouvoir d’achat corrélé à 70%  à la rente des hydrocarbures qui risque de diminuer fortement avec la  baisse des recettes de Sonatrach. L’on  doit  tenir compte  que le marché de voitures étant oligopolistique contrôlé par quelques firmes et connaissant une mutation  technologique. Nous sommes à l'ère de la mondialisation, devant être pragmatique et comme le montrent la Russie et la Chine, le communisme est mort devant aller vers une économie de marché maîtrisée qui ne saurait signifier anarchie. Le XXIème siècle connait des bouleversements scientifiques et technologiques axée sur l’économie de la connaissance   et d’autres filières dynamiques nouvelles. Dans le  cadre d’un espace équilibré et solidaire passant par   des pôles régionaux d’excellence,  l’Algérie devra s’insérer en termes de coût/qualité au sein de sous segments de filières internationalisées car l’actuelle politique qui repose sur une aisance financière peut  conduire le pays  à épuiser ses réserves de change  et conduire à un endettement  excessif.
 3.- Au moment où l’Algérie vient à peine d’être retirée de la liste du GAFI où les Etats-Unis ont félicité l'Algérie pour ses progrès dans la lutte contre le blanchiment d'argent, des progrès désormais reconnus à l'échelle internationale, selon le communiqué de l'ambassade américaine à Alger du 26 octobre 2015,  le ministre du Commerce, avance tout le contraire dans sa déclaration en date du 7 novembre 2015. Par sa déclaration qui a fait le tour  de l’Algérie et des institutions internationales, il  y a eu  20 milliards de dollars de surfacturation, soit au même taux entre 2000/2014,  plus de 195 milliards de dollars, plus que les réserves de change actuelles. Et le  ministre des Finances pensent naïvement  que les surfacturations peuvent être réglées par voie électronique, supposant que la douane établissent au préalable un tableau de la valeur connecté aux réseaux internationaux une information en temps réel, comme je l’ai suggéré en 1982 lorsque j’étais directeur général des études économiques à la Cour des comptes  et magistrat premier conseiller chargé du dossier des surestaries, tableau qui n’a jamais vu le jour, touchant à de puissants intérêts.  Qu’il saisisse la justice s’il ya malversation. Il  a décrédibilisé   toutes les   institutions de l’Etat, les managers des entreprises privées  et publiques  qui sont les plus gros importateurs via la dépense publique et par la même   cautionné indirectement la pétition des 19, qui en tant que citoyens ont le droit d’exprimer leurs opinions et les accusations du Parti  des travailleurs qui est le porte - parole des 19, aujourd’hui des 16  après le désistement des trois, qui note la déliquescence des appareils de l’Etat. Je précise  que la   surfacturation est  due essentiellement en la distorsion entre la valeur du dinar sur le marché  parallèle et le marché officiel  et avec des anticipations futures sur la  dépréciation du dinar, sans compter la problématique des subventions.
 4.-En résumé, certains responsables, pour des intérêts de rente, personne n’ayant le monopole du nationalisme,  se réfugient  derrière le président de la  république qui est pragmatique et qui a besoin qu’on lui  présente un  dossier sérieux afin de corriger certaines erreurs. Or les orientations sont claires;  il faut dire la vérité même amère à la population algérienne sans verser dans la sinistrose, pouvant surmonter cette situation sous réserve d'une autre gouvernance. Les ajustements sociaux et économiques nécessaires seront douloureux, renvoyant à la moralité  de ceux qui dirigent la Cité si l'on veut   mobiliser la population et une visibilité dans la politique socio-économique  si l'on veut attirer les investisseurs. Les discours démagogiques ne portent plus, étant à l'ère d'internet. La directive du FMI vient de faire savoir récemment en ce mois de novembre 2015 que le cours du pétrole (le prix de cession du gaz étant indexé sur celui du pétrole) sera bas encore longtemps, ne devant pas  se faire d'illusions. Il y a urgence de mettre de l’ordre au niveau des centres décisionnels, non selon une vision  autoritaire mais démocratique, tenant compte de notre anthropologie culturelle,  afin d’éviter cette cacophonie qui nuit aux intérêts  supérieurs du pays. S’il ya malversations il faut saisir la justice sans publicité. Il y a va de la sécurité nationale.  

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Samedi 14 Novembre 2015 - 17:37
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ACTUALITÉ
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