REFLEXION

TROISIEME SESSION DU COMITE MIXTE ECONOMIQUE ALGERO-FRANÇAIS (COMEFA), LE 28 OCTOBRE 2015 A PARIS : Pour un partenariat gagnant/gagnant

Il appartient à certains responsables algériens de n’utiliser le passeport diplomatique que pour des visites officielles et non des visites privées surtout pour ceux , des émigrés temporaires en Algérie, qui ont des résidences à l’étranger afin de sauvegarder l’image et le respect de l’Algérie. Selon les informations recueillies aux plus haut niveaux, l’affaire de la fouille au corps à laquelle le ministre de la communication a été soumis la semaine dernière à l’aéroport d’Orly comme celle de l’actuel ministre de l’industrie quelques mois auparavant, n’impactera pas les relations entre l’Algérie et la France.



Il est souhaitable que ce genre d’incidents ne se reproduisent plus, des minorités infimes des deux côtés de la méditerranée ne souhaitant pas, pour des intérêts étroits, le renforcement des relations passionnées pour des raisons historiques. Sans oublier le devoir de mémoire, nous devons nous tourner vers l’avenir pour entreprendre ensemble. Au moment de la consolidation des grands ensembles, enjeux de la mondialisation, je suis persuadé du nécessaire rapprochement entre l'ensemble des pays du Maghreb et d'une intensification de la coopération avec la France et l’Algérie via l'Europe/les USA/la Chine à la mesure du poids de l'histoire qui nous relie. 1.-Selon l’agence officielle APS, la troisième session du Comité mixte économique algéro-français (COMEFA), la délégation algérienne étant conduite par le Ministre d’Etat algérien chargé des affaires étrangères et de la coopération internationale, se tiendra le 28 octobre 2015 à Paris au cours de laquelle pas moins de huit (8) accords seront signés. Il sera donc certainement question au cours des discussions des grandes questions stratégiques donc du devenir de l'Afrique du Nord et du Sahel, mais surtout de concrétiser la mise en œuvre d’affaires en vue de renforcer la coopération économique et culturelle. Force est de constater que la structure des échanges est figée, loin des attentes et des potentialités entre les deux pays. Aussi, face à la crise mondiale qui affecte tous les pays sans exception, qui sera de longue durée, avec d’importants bouleversements géostratégiques nécessitant une nouvelle gouvernance mondiale. Cette présente contribution pose la problématique du renforcement de la coopération entre l’Algérie et la France dans le cadre d'une économie mondialisée en axant l’effort sur l’investissement productif grâce à des co-partenariats et éventuellement des co-localisations et pas seulement sur la consommation. Aussi, la coopération ne sera profitable aux deux pays que si l’Algérie et la France ont une approche réaliste du co-partenariat loin du mercantilisme et d'esprit de domination et que si ils ont une vision commune de leur devenir. Mais il faut replacer la densité de la coopération algéro-française dans sa véritable dimension. En 2013, selon les statistiques de l’OMC, les exportations françaises de biens ont été de 580 milliards de dollars dont l’agriculture et l’agro-industrie 61,5%. A ce montant il faut ajouter les exportations de services. En effet, la France est un des plus grand exportateur également de services et un des pays touristique les plus visité au monde le 3ème mondial derrière les USA et l’Espagne, le tourisme représentant 7,4% du PÏB , 84,7 millions de visiteurs en 2013 avec une recette pour près de 48 milliards de dollars . Le montant des services pour 2013 a été de 234 milliards de dollars donnant un total de biens de services qui dépasse 874 milliards de dollars soit treize fois les exportations algériennes actuelles. Les importations ont été de 681 milliards de dollars dont l’énergie et les industries extractives pour 58,1% et les importations de services ont été de 188 milliards de dollars. Le produit intérieur brut français (PIB) de 2014 est estimée à 2902 milliards de dollars à prix courants extrapolé à 2935 milliards de dollars en 2015 pour une population estimée au 01 janvier 2015 à 66,3 millions d’habitants contre 39,5 millions pour la même période en Algérie. pour l’indice de développement humain(2014), indicateur beaucoup plus fiable que le taux de croissance global, IDH la France est classée en 20ème position en 2014 et l’Algérie 94ème. Quant au PIB Algérie, il est estimé au cours de 79 dinars un dollar (si l’on applique le cours de 95 dinars un dollar le PIB est moindre) à 196,46 milliards de dollars en 2013 et 224 milliards de dollars en 2014. Mais l’on doit tenir compte que 80% des segments sont irrigués par les hydrocarbures. La chute du cours des hydrocarbures et par là la baisse des réserves de change expliquent le dérapage du dinar en ce mois d’octobre 2015 approchant 106 dinars un dollar contre 79 début 2014, 119 dinars un euro contre 80/85 dollars en janvier 2014. La valeur du dinar algérien et le pouvoir d’achat sont corrélés à 70% par la rente des hydrocarbures que l’on soutient artificiellement par les subventions et les transferts sociaux toujours via la rente (60 milliards de dollars entre subventions et transferts sociaux soit 27/28% du PIB). Ce glissement du dinar à la baisse tant par rapport au dollar qu’à l’euro entraînent un accroissement de l’inflation importée où 70/75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15% provenant de l’extérieur. Les exportations en 2014 ont été d’environ 62 milliards de dollars y compris les 3/4% hors hydrocarbures et les importations algériennes de biens 58,3 milliards de dollars auquel il faut ajouter 11,5 milliards de dollars de services, une sortie de devises avec les transferts légaux de capitaux de plus de 75 milliards de dollars alors que les recettes attendues de Sonatrach en 2015 ne dépasseront pas 34 milliards de dollars avec une tendance identique en 2016.. 2.-Les exportations algériennes à destination de la France ont été selon les statistiques officielles algériennes de 6,744 milliards de dollars et les importations de 6,342 milliards de dollars. Les échanges pour 2014 entre l’Algérie et la France sont en valeur de 13,086 milliards de dollars. Pour la Chine, nous avons une situation totalement déséquilibrée en défaveur de l’Algérie 8,2197 milliards de dollars pour les importations alors que les exportations de l’Algérie vers la Chine ne sont que de 1,817 milliard de dollars. La France reste pourtant le premier investisseur hors hydrocarbures en Algérie avec un stock d’IDE estimé par l’ambassade de France à Alger de 2,2 milliards de dollars fin 2012 avec une part de marché de 10,9% derrière la Chine (14,0% de part de marché). Les principaux postes d’exportations françaises demeurent les céréales (20,2% du total), les véhicules automobiles (12,2%) et les produits pharmaceutiques (11,1%). En retour, les importations françaises se composent à 95% d’hydrocarbures. Selon les données du trésor français, quelque 6.000 sociétés françaises exportent en Algérie, 450 ayant permis de créer 40.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects. Les échanges peuvent être intensifiées dans tous les domaines, agriculture, industrie- services, éducation sans oublier la coopération dans le domaine militaire où l’Algérie peut être un acteur actif comme le montre ses efforts en vue de la stabilisation de la région. C’est que l’Algérie dispose d’une situation macroéconomique saine avec une dette extérieure de moins de 2% du PIB et des réserves de change avoisinant les 160 Mds USD à fin mars 2015 contre 192 milliards de dollars au 30 juin 2014 du fait de la chute du cours des hydrocarbures. N’oublions jamais que dans la pratique des affaires n’existent pas de sentiments, les entrepreneurs étant mus par la seule logique du profit. La mise en œuvre d’affaires saines, profitables à tous, ne repose plus comme par le passé des relations personnalisées entre chefs d’Etat, mais doit être la résultante de réseaux décentralisés favorisés notamment par l’implication de la société civile, la cohérence et visibilité dans la démarche économique et la stabilité juridique s’adaptant à une concurrence acerbe pour attirer le savoir faire et les capitaux et donc l’adaptation aux nouvelles mutations mondiales. Aussi, l’intégration du grand Maghreb, devrait servir de pont entre l’Europe et l’Afrique, les avantages comparatifs à moyen et long terme étant pour les deux pays en Afrique, continent d’avenir et à fortes potentialités, sous réserve de sous intégrations régionales, de la valorisation de l’économie de la connaissance et une meilleure gouvernance. Par ailleurs, n’oublions pas le nombre de résidents d'origine algérienne en France en 2012 qui peut-être estimé à 4 millions, dont 2 millions de bi nationaux. Quel que soit le nombre, la diaspora est un élément essentiel du rapprochement entre l’Algérie et la France, du fait qu'elle recèle d'importantes potentialités, intellectuelles, économiques et financières. La promotion des relations entre l’Algérie et sa communauté émigrée doit mobiliser à divers stades d'intervention l'initiative de l'ensemble des parties concernées, à savoir le Gouvernement, les missions diplomatiques, les universités, les entrepreneurs et la société civile. Comme le note justement mon ami le professeur Jean Louis Guigou, Délégué de l’IPEMED, il faut faire comprendre que, dans l'intérêt tant des Français que des Algériens et plus globalement les Maghrébins et des Européens et de toutes les populations sud-méditerranéennes, les frontières du marché commun de demain, les frontières de Schengen de demain, les frontières de la protection sociale de demain, les frontières des exigences environnementales de demain, doivent être au sud du Maroc, au sud de la Tunisie et de l'Algérie, et à l'Est du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de la Turquie passant par une paix durable au Moyen Orient les populations juives et arabes ayant une histoire millénaire de cohabitation pacifique. Comme le préconise l’auteur, il serait donc souhaitable qu’une réflexion collective s’articule autour de quatre axes thématiques. Premièrement, la gouvernance territoriale : il s’agira en ce sens de repérer les acteurs clés (privés et/ou publics, individuels et/ou organisationnels), d’analyser les contextes institutionnels et de proposer une grille d’analyse des modes de coordination de ces acteurs. Deuxièmement, l’attractivité des territoires : il s’agira de mettre en perspective les politiques publiques mises en œuvre (réglementations et incitations) et les stratégies des acteurs de la globalisation pour mieux comprendre les mouvements de délocalisation et la nature des relations de sous-traitance. Troisièmement, de nouvelles dynamiques productives sur la base d’une approche sectorielle, les logiques d’agglomération et d’organisation productive pour mettre en évidence des processus de désindustrialisation, de restructuration et/ou d’émergence industrielle. Quatrièmement, la spatialisation des activités de production en analysant l’organisation spatiale (urbaine) des dynamiques productives afin de mettre en relief les modes d’aménagement, d’organisation et de gestion des territoires, et expliquer les logiques de localisation et d’agglomération intra-urbaine des entreprises. 3.-Si l’Algérie veut bénéficier des apports d’un véritable partenariat gagnant/gagnant, avec la France mais également avec d’autres pays, il faut revoir l’actuelle politique industrielle qui doit être adaptée aux nouvelles mutations mondiales. En cette ère de mondialisation, il me semble erroné de parler de stratégie industrielle, ce qui supposerait une autonomie totale de la décision économique surtout pour un micro-Etat comme l'Algérie, alors que la tendance est aux grands ensembles, d'où l'importance d'espaces économiques fiables maghrébin, euro-méditerranéen et africain, espace naturel de l'Algérie qui peut devenir un pays pivot son avantage comparatif futur étant l'Afrique. C'est que l'on assiste au niveau mondial à l'évolution d'une accumulation passée se fondant sur une vision purement matérielle, caractérisée par des organisations hiérarchiques rigides, à un nouveau mode d'accumulation fondé sur la maîtrise des connaissances, des nouvelles technologiques et des organisations souples en réseaux comme une toile d'araignée à travers le monde avec des chaînes mondiales segmentées de production où l'investissement, en avantages comparatifs, se réalisant au sein de sous-segments de ces chaînes. Les filières annoncées s'inséreront –elles dans le cadre des valeurs internationales tenant compte des importantes mutations technologiques. L'économie est comme un corps humain, des cellules meurent et d'autres naissent. L'observation empirique de l'économie mondiale nous montre également que des activités naissent périodiquement et des activités disparaissent. En ce XXIème siècle l'élément déterminant n'est pas l'offre mais la demande segmentée, les besoins étant fonction du culturel (les médias, la publicité) et du revenu par couches sociales). Le consommateur algérien parabolé, est un consommateur mondial et l'objectif stratégique, étant dans une économie ouverte, est que les entreprises algériennes aient un prix de la marchandise coût/qualité se conformant aux standards internationaux. Cette politique doit s'inscrire dans le cadre d'une plus grande cohérence et visibilité de la réforme globale, supposant une révision de l'actuelle politique socio-économique qui a concentré ses dépenses monétaires avec des surcoûts exorbitants à plus de 70% sur les infrastructures et en réhabilitant l'entreprise et l'économie de la connaissance (10/12 milliards de sorties de devises pour le poste services entre 2012/2014). Il faut avoir une vision d'ensemble, une approche basée sur une identification claire des missions et responsabilités et une restructuration des fonctions et des services chargés de la conduite de toutes les activités administratives, financières, techniques et économiques. Et particulièrement de lever les contraintes qui freinent l'épanouissement de l'entreprise qu'elle soit publique ou privée, locale ou internationale dont la bureaucratie étouffante, le système financier qui favorise l'importation, le système socio-éducatif en misant sur la qualité qui s'est effritée et non la quantité, (comme cette utopie de créer une université par wilaya alors qu'il s ‘agit de créer de pôles régionaux d'excellence) et l'épineux problème du foncier. Par ailleurs, en dehors des secteurs stratégiques qu'il s ‘agit de définir clairement car ce qui est stratégique aujourd'hui peut ne pas le devenir demain, étant historiquement datée, il y a lieu de dresser le bilan, sans passion idéologique, de la règle des 49/51%, devant introduire d'autres critères plus objectifs comme une balance devises, technologique et managériale profitable à l'Algérie. Comme doit être spécifié d'une manière claire ce que l'on entend par partenariat gagnant/ gagnant ou encore les co-localisations, à travers de nouveaux réseaux, afin d'élaborer des projets fiables dans le temps pour une prospérité partagée entre l'étranger et le local. Mais l'on ne doit jamais oublier que tout entrepreneur (chinois, arabe- américain ou européen) est mu par la seule logique du profit et qu'il appartient à l'Etat régulateur de concilier les coûts sociaux et les coûts privés. Cela passe par une démystification idéologique vis-à-vis de l'entrepreneur privé qu'il soit algérien ou international. Nous sommes à l'ère de la mondialisation, devant éviter de vendre des utopies néfastes, l'économie de marché concurrentielle, tenant compte des anthropologies sociales spécifiques à chaque Nation, ayant ses propres règles. 4.-En résumé, la réussite du partenariat industriel national et international n'est pas réalisable sans une autre gouvernance, une vision cohérente se fondant sur des réformes structurelles tant politiques, sociales (dont le marché rigide du travail) qu'économiques. Il faut éviter de voir l'ennemi extérieur de partout car les réformes dépendent avant tout des Algériens si l'on veut bénéficier des avantages comparatifs mondiaux. Cela dépasse largement un seul département ministériel, impliquant la présidence de la République et tout le gouvernement, d'où l'importance dans une future organisation institutionnelle d'avoir un grand Ministère de l'Economie avec plusieurs secrétariats d'Etat techniques en harmonie avec de grands espaces économiques régionaux. Les tactiques doivent s'insérer au sein de la fonction/ objectif stratégique qui est de maximiser le bien-être social de tous les Algériens. L'objectif d'un gouvernement n'est pas d'être forcément populaire (vision populiste de court terme) mais d'engager des réformes structurelles qui hissent l'Algérie comme pays émergent à moyen et long terme. Pour cela, la dominance de la démarche bureaucratique devra faire place à la démarche opérationnelle économique avec des impacts économiques et sociaux positifs à terme. Cela suppose un profond réaménagement des structures du pouvoir. Aussi, face aux nouvelles mutations mondiales, l’Algérie confrontée à la transition vers une économie productive intimement liée à la transition énergétique, a besoin surtout d’une accumulation technologique et managériale .Selon les derniers rapports internationaux, l’Algérie est un acteur incontournable pour la stabilité de la région, sous réserve qu’elle approfondisse l’État de Droit et la démocratisation de la société afin de réaliser un développement durable. Et c’est dans ce cadre que doit rentrer un partenariat gagnant/gagnant entre l’Algérie et la France, loin de tout préjugé et esprit de domination. En bref, la modestie étant la discrétion, il appartient à certains responsables algériens de n’utiliser le passeport diplomatique que pour des visites officielles et non des visites privées afin de sauvegarder l’image et le respect de l’Algérie.

Dimanche 25 Octobre 2015 - 17:11
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