REFLEXION

TROIS PROCESSUS, TROIS TRAJECTOIRES… EN ATTENDANT LA SUITE DE L’EFFET DOMINOS: Révoltes arabes entre fausses craintes et craintes avérées

Un des enseignements des révoltes arabes n’est-il pas la diversité des contextes et de leurs évolutions ? Les mêmes ingrédients n’impliquent pas forcément les mêmes dynamiques et processus de révoltes.



TROIS PROCESSUS, TROIS TRAJECTOIRES… EN ATTENDANT LA SUITE DE L’EFFET DOMINOS: Révoltes arabes entre fausses craintes et craintes avérées
Il n’est pas question ici de l’issue du processus de révolte, mais du processus lui-même et des craintes qu’il suscite. Les cas tunisien, égyptien et libyen dénotent la diversité des contextes et les situations imprévisibles. Là où on redoutait le pire, la situation semble évoluer de manière acceptable, tant d’une perspective nationale, régionale (arabe) qu’internationale (occidentale notamment). En revanche, là où on s’attendait à une évolution moins grave, la situation se révèle être gravissime. Dans le cas tunisien, trois choses étaient redoutées. 1) Une révolte qui serait violement réprimée suivie d’un durcissement (abus, torture et exécution sommaire) du régime. 2) On redoutait l’anarchie après la chute de Ben Ali et l’installation des islamistes aux commandes sociales –après l’éjection du parti-Etat– et par la suite aux commandes politiques. 3) On craignait la réaction de l’armée vis-à-vis des manifestants. 4) On redoutait une instabilité qui s’installerait dans la durée donnant lieu à toutes sortes d’insécurités, y compris migratoires. Ce dernier risque a en effet inquiété, un tant soit peu, l’Italie et par ricochet l’Union européenne. Mais il n’en était rien. En Egypte, un colosse arabe et moyen-oriental, la bourse des craintes a vertigineusement monté. Les risques redoutés étaient à l’image de l’Etat colosse. 1) On craignait la mainmise des islamistes, notamment les Frères musulmans (première force sur l’échiquier politique réel). 2) On redoutait la réaction de l’armée. 3) On craignait aussi un désengagement de l’Egypte post-Moubarak vis-à-vis de ses engagements internationaux, comprendre le traité de paix avec Israël (ce fut la préoccupation majeure des chancelleries occidentales lorsque la révolte a atteint un point de non retour). Toutefois, il n’en était rien, l’issue à la tunisienne, tant espérée, est exaucée. En Libye la situation a évolué différemment. Un pays atypique, sa révolution ne peut être qu’atypique. D’où d’ailleurs un caractère non-conventionnel des inquiétudes que suscitent le contexte libyen, sources de divisions interarabes et internationales. Ce sont désormais trois spectres qui sont plus que redoutés : la guerre civile, l’installation de réseaux terroristes et la mainmise de ces derniers sur des armements sophistiqués du régime. S’agissant de la guerre civile, les indices ne trompent pas : le régime réplique par des moyens militaires dignes d’une guerre interétatique entraînant une militarisation de la révolte, désormais privée de son caractère pacifique qui faisait son originalité et sa force. Mais pourquoi le risque terroriste est-il plus élevé en Libye qu’il ne l’a été en Tunisie et en Egypte ? 1) En démolissant les institutions de l’Etat, y compris l’armée, le régime a privé le pays d’institutions capables de le prendre en charge même en situation de crise aiguë. 2) Contrairement aux armées tunisienne et égyptienne qui parlaient d’une seule voix et avec une chaîne de commandement respectée, l’armée libyenne n’existe pas comme entité et ses officiers et soldats qui rejoignent la révolte le font à titre individuel. 3) Le fait d’avoir laminé l’armée a fragilisé la sécurité des armements dont dispose le pays, d’où le risque d’un terrorisme bien armé si l’instabilité perdure. Le terrorisme sera contre le régime et les populations révoltées car la dégradation sécuritaire est son terreau. 4) Le pays est contigu au Sahel à la forte activité terroriste. 5) La Libye a connu le phénomène terroriste dans les années 90 et elle avait été un sponsor et un formateur d’éléments subversifs. Trois processus, trois trajectoires… en attendant la suite de l’effet dominos, dans ses diverses variantes nationales.

Ismain
Mercredi 16 Mars 2011 - 23:01
Lu 500 fois
ACTUALITÉ
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 05-12-2016.pdf
3.51 Mo - 05/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+