REFLEXION

TRIPARTIE DU 05 JUIN 2016 : Gouvernement/Patronat/Syndicat : éviter un pilotage à vue

J’ai été invité à participer à la prochaine Tripartie-Gouvernement/Patronat/Syndicat le 05 juin 2015 en tant qu’expert indépendant et j’ai accepté l’invitation. Pour éviter toutes mauvaises interprétations, ayant de nombreux amis tant au niveau du pouvoir, de l’opposition que de la société civile, ,étant un homme de dialogue, qui a eu une position constante depuis 40 ans , je rappelle mes positions largement développées dans la presse nationale et internationale, où l’Algérie entre 2016/2020, pouvant dépasser l’entropie actuelle, a besoin d’un sursaut national, une plus grande moralité et une vision stratégique pour l’avenir.



Le gouvernement doit éviter cinq écueils s’il veut apporter des solutions positives face à la crise financière que traverse le pays et susciter l’adhésion à la nécessaire nouvelle politique économique.
Premièrement, la Tripartie doit être conçue comme une institution de contrôle  des décisions prises, n’étant pas dans son rôle de formuler un  programme, (rôle des partis politiques) devant donc éviter toute confusion, appartenant au gouvernement de venir avec un plan stratégique cohérent pour convaincre les partenaires sociaux, quitte à introduire quelques corrections  grâce à un véritable dialogue social. A ce titre, je renouvelle ma proposition au gouvernement, faite en novembre  2014 (voir www.google.com)  devant les membres du gouvernement , de créer un comité de suivi  très souple, débureaucratisé, présidé par un expert indépendant , sous l’autorité du premier ministre, composé des représentants de départements ministériels , d’experts, du patronat et de syndicats représentatifs qui sera chargé de faire le constat et des propositions concrètes tous les deux mois, devant éviter à  tout  prix un  pilotage vue  (1).
Deuxièmement, il serait souhaitable de convier d’autres organisations syndicales autonomes avec lesquelles notamment les ministres du Travail, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Santé sont déjà en contacts permanents. La composante est la même depuis plus de deux décennies alors que l’environnement économique et social algérien a profondément changé, ce qui explique que les anciennes Tripartites ont eu peu d’effets face aux tensions sociales. D’autres forces sociales et économiques sont apparues depuis, devant en tenir compte, faute de quoi cela s’apparenterait à un monologue du pouvoir avec lui-même, sans impact pour la résolution concrète des problèmes économiques et sociaux.
Troisièmement, le gouvernement doit se démarquer d’une vision culturelle largement dépassée des années 1970, tant sur le plan politique, économique qu’en matière diplomatique. Nous sommes en 2016 avec des mutations géostratégiques considérables entre 2016/2020 qui préfigurent de profonds bouleversements géostratégiques.
Quatrièmement, éviter que la Tripartite soit un lieu de redistribution de la rente (parts de marché et avantages divers supportés par le Trésor public de ceux présents via la dépense publique) en fonction d’intérêts étroits. Car lorsqu’un pouvoir agit bureaucratiquement, sans concertation, sans tenir compte de la réelle composante sociale, la société enfante ses propres règles qui lui permettent de fonctionner en dehors de l’Etat officiel, se traduisant alors par un divorce croissant Etat/citoyens.
Cinquièmement, on ne relance pas l’activité économique par décret ou des lois d’investissement sans objectifs stratégiques et une nette volonté politique, (combien de codes d’investissement depuis l’indépendance politique) ou par le volontarisme étatique, vision de la mentalité bureaucratique rentière. C’est l’entreprise libérée de toutes les contraintes d’environnement (la liberté d’entreprendre avec un rôle stratégique à l’Etat régulateur fort, mais fort de sa moralité), et son fondement, le savoir, au sein d’une économie de plus en plus mondialisée à travers des stratégies de segments de filières internationalisées que l’Algérie peut créer une économie productive à forte valeur ajoutée. L’on ne doit pas, en ce XXIe siècle avoir une vision matérielle, (l’ère strictement   mécanique  étant dépassée) mais inscrire l’ensemble des segments économiques industrie/agriculture/tourisme, y compris la culture,  tenant compte des  nouvelles technologies qui révolutionnent  tant le management politique qu’économique, au sein  de nouvelles filières qui s’internationalisent de plus en plus, étant à l’ère  de  la mondialisation qui est une réalité concrète  et non une utopie.

 2.-Pourquoi je serai présent à la Tripartie du 05 juin 2016 ? Cela pour six raisons :
-J’ai toujours eu à privilégier uniquement les intérêts supérieurs du pays, ayant eu à diriger, en toute indépendance, bon nombre d’audits pour tous les gouvernements successifs   1970 à ce jour.
 -Au vu de la situation financière difficile que traverse le pays, mais devant éviter la sinistrose et   le dénigrement gratuit, mais également toute autosatisfaction   déconnectée   des réalités par des discours démagogiques, le langage de la vérité doit guider tout responsable, étant un signe de la bonne gouvernance.
 -Personne n’a le monopole du nationalisme et de la vérité, tous les Algériennes et Algériens espérant un avenir prospère pour l’Algérie.
  -Nous assistons  actuellement à  des   querelles  stériles,   souvent  personnalisées qui   ternissent l’image  de l’Algérie au  niveau  international   et jouent comme facteurs  de démobilisation  tant des  investisseurs que de la population,  alors  que l’Algérie a surtout besoin, en ces moments décisifs pour l’avenir   de la Nation,  non de diviser, mais de   rassembler tous  ses  enfants sans exclusive.
 -Le plus grand ignorant est celui qui croit  tout savoir, devant être animé  par la critique positive et favoriser les débats productifs tenant compte de nos  différentes  sensibilités, en  un  mot être respectueux des idées d’autrui grâce à la tolérance.
 -Au moment où d’importantes mutations géostratégiques couplées aux nouvelles mutations mondiales qui s’annoncent au niveau de notre région, est posée la problématique de la sécurité nationale. L’Algérie a toutes les potentialités pour devenir un acteur actif au niveau de la région euro-méditerranéenne et africaine. Evitons les discours de sinistrose, mais également l’autosatisfaction. En 2016, ayant un répit de trois années, l’Algérie n’est pas en faillite.
 3.-A ce titre, je mets en garde le gouvernement contre les solutions de facilité en touchant à l’autonomie de la banque d’Algérie dépendante selon la Loi, non du gouvernement mais de la présidence de la République, la poussant à l’émission monétaire incontrôlée (planche à billets).  ce qui peut  ne peut que conduire à des tensions inflationnistes incontrôlées et donc des tensions sociales( nivellement par le bas des couches moyennes) sans résoudre les problèmes économiques qui supposent  de profondes réformes structurelles. L’Algérie se retrouverait au même scénario vénézuélien, pays en faillite bien plus riche que l’Algérie (300 milliards de barils en pétrole certes lourd contre 10 pour l’Algérie) avec un taux d’inflation en 2016 de 180%.
 S’offre trois solutions pour le gouvernement dont deux à court terme :
 - soit le déficit budgétaire avec l’inévitable dévaluation du dinar dont la valeur est corrélé à 70% aux réserves de change via la rente des hydrocarbures,
-soit réduire les dépenses de fonctionnement (débureaucratisation) et mieux gérer les dépenses d’équipements en ciblant les segments à valeur ajoutée réelle, éviter des investissements de prestige, supposant également d’assouplir la règle des 49/51% où l’Algérie supporte tous les surcouts.
 -La solution durable,  le grand défi à moyen et long terme est d’avoir une   vision stratégique dans le cadre des nouvelles mutations mondiales, favoriser la bonne gouvernance  et l’économie de la connaissance, de bien définir  les relations dialectiques, rente/Etat/marché,  afin de réaliser tant  la transition tant énergétique (Mix) que la transition économique liant efficacité économique  et une profonde justice sociale qui n’est pas l’antinomie de l’efficacité permettant de mieux mobilier la population par un sacrifice partagé.  
 (1)- Voir débat sur la Tripartie télévision Dzaier New’s (21h30-22h30) -01 juin 2016 entre experts avec la participation du professeur Abderrahmane MEBTOUL

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Vendredi 3 Juin 2016 - 17:48
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ACTUALITÉ
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