REFLEXION

TISSEMSILT : Un photographe expose dans sa propre maison

Le moudjahid et photographe Refine Aissa est un vrai passionné de son métier, il est pour ceux qui le connaissent un intellectuel qui s’est autodidacté en côtoyant une panoplie de noms qui avaient participé à forger sa personnalité. Il naquit à Khemisti ex Bourbaki dans la wilaya de Tissemsilt le 24 aout 1938.



TISSEMSILT : Un photographe expose dans sa propre maison
Il grandit dans une atmosphère d’attachement à ses racines. Le jeune enfant qu’il était en ce début de l’année 1948 a fréquenté le Chahid Hamou Belkacemi ami du chahid Amirouche et c’est grâce à lui qu’il a pu voir pour la première fois l’emblème national strictement interdit à l’époque. Faisant figure de privilégié dans une assez petite bourgade qui était Bourbaki, il fréquenta même les Français et cacha pour longtemps sa relation avec les moudjahidine de la région qui venaient à chaque occasion pour lui donner les négatifs afin de les développer, il restera photographe jusqu’à nos jours. Sa carrière professionnelle commence donc avant 1957, année au cours de laquelle les moudjahidine dont ceux qui sont encore vivants tels Metahri et Boudouissi sont venus lui donner trois pellicules afin de les développer, en cette même année, les sept premiers chahid de Khemisti tombèrent au champ de l’honneur. D’une façon générale, les populations algériennes vécurent cette période avec un profond malaise que monsieur Refine n’a pas raté de la prendre en photos immortalisant leur quotidien d’un œil professionnel et avec une finesse sans égal, il était toujours derrière les occasions comme s’il avait le pressentiment que seules ses photos seront plus tard les témoins d’une époque, d’une région et d’une nation, il s’est même déplacé à Alger pour assister les évènements du 11 décembre qu’il a immortalisés en photos. Les milliers  photos en noir et blanc qu’il garde jalousement, le jeune Aissa comme les très rares lettrés et notables indigènes de la ville, vit l’étalage de la puissance coloniale comme une sourde et douloureuse humiliation, un indigène lettré, aussi prudent fût-il, ne pouvait rester insensible aux provocations des colonisateurs qui rappelaient aux Algériens leur état de vaincus.. Il a du être très prolifique en allant même procurer des munitions et des armes aux moudjahidine ce qui lui a valu une arrestation et un séjour de torture au centre de torture et de détention de La redoute de Vialar actuellement Tissemsilt et malgré les témoignages manuscrits de plusieurs moudjahidine connus de la région dont certains occupaient des postes supérieurs, il n’a jamais était reconnu comme moudjahid, un titre qu’il n’a jamais cessé de revendiquer. De nos jours, Si Aissa mène une autre guerre, celle de montrer ses photos aux générations montantes pour qu’elles n’oublient pas leurs origines, leurs ancêtres, et leurs passées respectifs, ce fou de la photo a ouvert son domicile pour le proposer en salle d’exposition ouverte au grand public, des centaines de photos rares de la révolution y sont exposées, des photos qui nous renseignent sur la situation de la population indigène de la ville à cette époque et aussi des préoccupations qui agitaient le photographe qu’il était consacrant tout son temps et se montrant toujours disposé à donner les explications sur ses photos, la monotonie qui caractérisait le petit village de Khemisti a été cassée par ces temps de froid et remplacée par cette exposition photo dans le seul but nous disait Si Aissa « de commémorer le cinquantenaire de la révolution à sa façon » une initiative très osée et vraiment à encourager. Pour le passé, pour le présent immédiat, l’administration n’envisage rien de précis, sinon le silence positif et dans de pareils cas, nous sommes obligés de nous pencher sur ce problème social des artistes oubliés, des témoins qu’on tente de les « museler » de l’enfance et de la jeunesse, du peuple, et enfin l’Algérie de demain…

A.OULD EL HADRI
Mercredi 12 Décembre 2012 - 00:00
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