REFLEXION

TENSIONS BUDGETAIRES 2017/2020 : Un déficit de la balance des paiements pour l’Algérie à 30 milliards de dollars fin 2016 ?

L’objet de cette présente contribution est d’analyser la structure des échanges extérieurs de l’Algérie de 2013 à septembre 2016. Le risque comme je l’ai analysé dans maintes contributions ( voir www.google.com - 2015/2016) est de se retrouver, au vu des dernières statistiques officielles, incluant pas seulement les biens mais les services et les transferts légaux de capitaux avec un déficit de la balance des paiements de 30 milliards de dollars fin 2016 et donc un puisement dans les réserves de change.



1- Situation de  la balance commerciale en  2014 et 2015
 
 Les résultats globaux obtenus en matière des réalisations des échanges extérieurs de l’Algérie pour la période de l’année 2014 font ressortir un excédent de la balance commerciale de 4,63 milliards de dollars US, soit une diminution de 53,49% par rapport à celui enregistré durant l’année 2013. Cette tendance s’explique simultanément par une hausse des importations et une baisse des exportations. En termes de couverture des importations par les exportations, les résultats en question, dégagent un taux de 108% en 2014 contre 118% enregistré en 2013.Concernant la structure des exportations hors hydrocarbures, elles sont toujours marginales toujours dominées par les dérivées d’hydrocarbures, et les déchets ferreux et semi-ferreux, excepté le sucre pour un  montant  de 2,582 milliards de dollars. Nous avons   -alimentation  0,62% ;  -énergie et lubrifiants 94,54% -produits bruts  0,28%  - demi-produits 4,48%  -biens d’équipement industriels 0, 05%  -biens de consommation non alimentaires 0,03%. Les dérivées d’hydrocarbures dont les  huiles représentent 988 millions de dollars soit 36,35, ammoniac 568 millions de dollars soit 21,29%, engrais 292 millions de dollars soit 11,33%  et hydrogène/ gazeux  47 millions de dollars soit 1,82%  ayant un total de 71,79%. Pour la   situation de  la balance commerciale en  2015, nous   avons une récession de 39,91% par rapport à 2014. Les résultats globaux obtenus en matière des réalisations des échanges extérieurs de l’Algérie pour la période de l’année 2015 font ressortir un déficit de la balance commerciale de 13,71 milliards de dollars  contre un excédent de 4,31 milliards de dollars durant l’année 2014.  En termes de couverture des importations par les exportations, les résultats en question, dégagent un taux de 73% en  2015 contre 107%   enregistré en 2014.   La structure se présente ainsi : alimentation  0,62%  -énergie et lubrifiants 94,54%  -produits bruts  0,28%  - demi-produits 4,48%  -biens d’équipement industriels 0, 05%  -biens de consommation non alimentaires 0,03%.  Pour les exportations hors hydrocarbures, elles sont marginales toujours dominées par les dérivées d’hydrocarbures, et les déchets ferreux et semi-ferreux, excepté le sucre. Les huiles représentent 588 millions de dollars soit 37,34%, l’ammoniac 502 millions de dollars soit 24,35%, les engrais 439 millions de dollars soit 21,27%, hydrogène gazeux, 25 millions soit 1,21%, soit un total de 84,17%.
 2.- Situation de  la balance commerciale janvier/septembre 2016
 
Selon le  Centre national de l'informatique et des statistiques des Douanes (CNIS durant les neuf premiers mois 2016  les principaux clients sont l'Italie avec 3,8 mds usd (19,07),  l'Espagne avec 2,71 mds usd (13,5%),  la France avec 2,24 mds usd (11,21%), les Etats-Unis avec 1,6 mds usd (8,22%) et le Canada avec 1,06 mds usd (5,31%). Quant aux principaux fournisseurs de l'Algérie, la Chine garde la première position avec un total de 6,19 mds usd (17,64%), suivie de la France avec 3,66 mds usd (10,45%), de l'Italie avec 3,66 mds usd (10,44%), de l'Espagne avec 2,72 mds usd (7,76%) et de l'Allemagne avec 2,15 mds usd (6,13%). Les importations  de biens ont été  de  35,084  milliards   de dollars soit une baisse de 11,09% durant la même période de 2015 avec une part alimentation de 6,114 milliards de dollars (17,42%) et une part  de demi produits  montrant la faiblesse du taux d’intégration de 8,652 milliards  de dollars ( 24,66% du total) et les biens d’équipements industriels de 11,548 milliards  de dollars (32,24%) en espérant qu’ils seront rentabilisés .Si la même tendance se poursuit  au dernier trimestre 2016, les importations de biens seront de l’ordre  de  48 milliards  de dollars. Comme entre 2010/2015, les services non compris dans ces calculs ont été de l’ordre  de  10/12 milliards dollars/an  et si l’on ajoute les transferts légaux de capitaux  des firmes étrangères  3/5 milliards de dollars/an, les sorties  de devises pour 2016, supposant une compression,  approcheront ou dépasseront 60  milliards  de dollars.  Les exportations ont été durant ces neuf premiers mois   de 20,045 milliards de dollars contre 26,932 milliards  de dollars pour la même période soit une baisse de 25,57%  donnant un déficit commercial  de 15,04 milliards de dollars. Les exportations hors hydrocarbures  demeurent marginales puisque la rubrique,  énergie/lubrifiants  dépasse 95%  et tous les autres produits pour les neuf premiers  mois totalisent 1,25 milliard  de dollars dominance des produits  demi produits  936 millions de dollars dont 70% de dérivées hydrocarbures l  et , les produits agricoles pour 208 millions  de dollars. Ainsi le déficit de la balance commerciale de janvier à septembre 2016 s’est établi à 15,04 milliards de dollars. A la même tendance le déficit commercial fin 2016 devrait clôturer à 20,05 milliards   de dollars. Si l’on ajoute seulement minimum 7 milliards de dollars de transferts de services et 3 milliards de dollars de transferts légaux de capitaux ( le montant pourrait  être supérieur), le déficit de la balance des paiements, seul document de référence valable, approchera ou dépassera 30 milliards  de dollars et ce bien entendu que le cours se maintient à un niveau  de 50 dollars  et plus.
 3.-Aller vers des réformes structurelles ou au FMI horizon 2020
 

Les exportations ne couvrent les importations qu’à hauteur de 57% durant les 9 premiers mois de 2016 contre 68% à la même période de 2015.L’important   déficit annoncé devant toujours distinguer la dépense en dinars  et la dépense en devises, aura un impact sur le niveau futur  des réserves de change. On ne peut compresser les importations à l’infini quitte à paralyser tout le secteur économique  et aller  vers une spirale inflationniste à deux chiffres avec  des incidences politiques et sociales. C’est que 83% du tissu économique en 2016 est constitué de petits commerce/services. Le secteur industriel représente  moins de 5% du produit intérieur brut et sur ces 5% plus de 95% sont des PMI/PME peu innovantes. Environ 70% des besoins   biens finis et semi finis des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15/20% provient de l’extérieur. Or,    une  rencontre aura lieu en décembre 2016  Algérie/Afrique ayant  pour but d’encourager les exportations hors hydrocarbures en Afrique. Or, dans  la structure des exportations algériennes, les hydrocarbures continuent à représenter l’essentiel des ventes à l’étranger. La question posée est la suivante : quels produits exportera l’Algérie. La dynamisation des sections hors rente exportatrices 2017/2020, dans le cadre des valeurs internationales, (coût/qualité), tenant compte de la forte concurrence internationale, dépendra des réformes structurelles qui tardent à venir. Or, cela   conditionne   des entreprises publiques et privées innovantes reposant sur la recherche/ développement et les nouvelles technologies, pour être compétitives. Je recommande au gouvernement et à certains médias d'éviter les émotions de voir l'ennemi extérieur partout alors que le mal et la guérison sont en nous et dépendent de nous et analyser objectivement la structure économique actuelle et ses perspectives, de l'économie algérienne, si l'on avoir une économie diversifiée en termes de cout/qualité face à la concurrence internationale qui sera de plus en plus rude, devant éviter les discours qui ne portent plus. L’Algérie n’a pas  d’autres choix : ou continuer dans la voie actuelle et aller directement vers le FMI horizon 2020 avec des incidences géostratégiques ou faire les réformes structurelles, devant profiter  de cette aisance financière relative  de cour terme  pour amortir les chocs sociaux impliquant une moralité sans faille de ceux qui dirigent la Cité et   un langage de vérité fondé sur un  dialogue productif. Elle en a les potentialités.

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Mardi 25 Octobre 2016 - 16:12
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