REFLEXION

TENSIONS AU SUD, CHUTE DU COURS DES HYDROCARBURES ET PETROLE/GAZ DE SCHISTE : Dépasser l’entropie actuelle par la refondation de l’Etat algérien

La situation de tensions au Sud de l’Algérie, combinée avec la chute du cours des hydrocarbures est d’une extrême gravité qui menace l’unité et la cohésion nationale. Cela implique de devoir les choix par une nouvelle gouvernance et une autre politique socio-économique. Le choix dictatorial, imposer sans dialogue, est totalement dépassé et source de dérives nuisibles à l’avenir du pays. Il faut éviter la vison d’assimiler la population algérienne à un tube digestif grâce à une redistribution passive de la rente des hydrocarbures pour une paix sociale éphémère. La question centrale est la suivante : avec la chute du cours des hydrocarbures qui représentent 98% des exportations en devises, 70% du pouvoir d’achat des algériens et de la dépense publique permettant la compression artificielle du taux d’inflation et du taux de chômage comment réaliser une réelle transition économique hors rente en Algérie intiment liée aux facteurs politiques impliquant la refondation de l’Etat algérien.



1. Revoir le fonctionnellement du  système politique devenu obsolescent
 L'absence volontaire ou préméditée d'une élite organique agissante, capable d'élaborer des idées structurantes et peser par ses analyses sur les tendances et les choix majeurs qui fondent et marquent le lien social, se fait cruellement sentir actuellement. La logique des alliances et la sémantique des discours politiques en vogue expriment actuellement cette sorte d'égarement intellectuel qui frappe de plein fouet l'action politique et particulièrement son rapport avec la société. Les Algériens veulent vivre leurs différences dans la communion et non dans la confrontation que leur imposent les idéologies réfractaires et à tous point de vue fragmentaires. La refondation de l‘Etat doit saisir les tendances réelles de la société algérienne en mutation. Le renforcement de l'Etat de droit avec  une option claire ente soit le régime parlementaire,  présidentiel, ou semi présidentiel  devient  urgent quand on sait que la démocratisation des institutions et l'autonomisation vont encourager l'éclosion de nouvelles identités qu'on croyait mortes et qui exigent le pilotage d'un Etat et d'un pouvoir fort de sa légitimité et crédible de sa compétence. La refondation de l'Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile, passe nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. La fin de l'Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire, signifie  que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisances inaugurées comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l'échange d'une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politiques et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir de justice. C'est la norme du droit qui reprend sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté nationale. Le passage de l'Etat de « soutien » à l'Etat de justice est de mon point de vue un pari politique majeur, car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation et l'Etat. L'Algérie ne peut revenir à elle même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétence, de loyauté et d'innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de promotion sociale.. Sans cela, les grandes fractures sont à venir et la refondation de l'Etat actuellement ne dépasserait pas une vaine tentation de vouloir perpétuer un pouvoir qui n'est plus en mesure de réaliser les aspirations d'une Algérie arrimée à la modernité tout en préservant son authenticité. La refondation de l'Etat ne saurait se limiter à une réorganisation technique (changement de gouvernement ou de ministres) Elle passe par une nouvelle gouvernance, une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique et les hommes chargés par la Nation de la faire, une moralité sans faille de ceux qui auront à diriger la Cité avec cette corruption qui prend des tendances dangereuses pour l'avenir de l'Algérie étant facilité par une économie totalement rentière. La gouvernance est une question d'intelligence et de légitimité réelle et non fictive,  impliquant  des réaménagements dans l'organisation du pouvoir, posant  la problématique stratégique du futur rôle de l'Etat largement influencé par les effets de la mondialisation dans le développement économique et social et ce grade à une réelle décentralisation. L'autonomie des pouvoirs locaux ne signifie pas autonomie de gouvernement mais un acte qui renforce la bonne gouvernance en renforçant le rôle de la société civile. Cellule de base par excellence, la commune algérienne a été régie par des textes qui ne sont plus d'actualité, autrement dit frappés de caducité.  L'objectif central de mon  analyse se veut une tentative devant transformer la commune « providence » en « commune entreprise ».. La révision du  fonctionnement du système politique  et économique est la première condition qui doit reposer sur des valeurs morale avec des  objectifs stratégiques précis, et une réelle volonté politique de démocratisation, supposant une mutation systémique Les députés et sénateurs et bien d’autres organisations satellites vivant du transfert de la rente des hydrocarbures  sont incapables de mobiliser la société. Le blocage essentiel concerne le fonctionnement de la société. Or,  la mentalité bureaucratique croit  faussement que le vote de lois résout les problèmes, lois contredites quotidiennement par les pratiques sociales. Comme il s’agira de revoir  le fonctionnement gouvernemental du sommet à la base, qui doit être efficaces alors qu’elles sont actuellement budgétivores, et surtout proches des populations. Le futur gouvernement devra regrouper les Ministères par centres d’objectifs, privilégiant l’efficacité au lieu de la distribution de postes, pour le partagé de la rente, qui se télescopent, devant aller vers la décentralisation et non la déconcentration et vers la régionalisation économique qui ne saurait signifier régionalisme avatar de l’esprit bureaucratique jacobin. L'image de la commune-manager doit  reposer sur la nécessité de faire plus et mieux avec des ressources restreintes. Il n'y aurait donc plus de place pour le gaspillage et le droit à l'erreur, ce qui exclut obligatoirement le pilotage à vue, au profit des actions fiabilisées par des perspectives de long terme d'une part, et les arbitrages cohérents d'autre part, qu'implique la rigueur de l'acte de gestion. Ce qui nous amène à aborder les fondements politico-institutionnel démocratique, la refonte du système partisan, et de la société civile.
 
2. Revoir le fonctionnement de la société civile devenue impotente
 Toutes les composantes de la société et les acteurs de la vie économique, sociale et culturelle, doivent être  impliqués, sans exclusive, dans le processus décisionnel qui engage la configuration de l'image de l'Algérie de demain qui devra progressivement s'éloigner du spectre de l'exclusion, de la marginalisation et de toutes les attitudes négatives qui hypothèquent la cohésion sociale. L'implication du citoyen dans le processus décisionnel qui engage l'avenir des générations futures, est une manière pour l'Etat, de marquer sa volonté de justice et de réhabiliter sa crédibilité en donnant un sens positif à son rôle de régulateur et d'arbitre de la demande sociale. En raison des crises internes qui les secouent périodiquement, du discrédit qui frappent la majorité d'entre elles, de la défiance nourrie à leur égard et à l'endroit du militantisme partisan, les formations politiques actuelles sont dans l'incapacité aujourd'hui de faire un travail de mobilisation et d'encadrement efficient, de contribuer significativement à la socialisation politique et donc d'apporter une contribution efficace à l'œuvre de redressement national . Pour preuve les dernières élections législatives et communales montrent une très forte démobilisation populaire.  Aussi  la question stratégique est la suivante : ira-t-on vers un réel changement salutaire en réorganisant la société, du fait des bouleversements géostratégiques mondiaux annoncés entre 2015/2020, ou simplement du replâtrage différant les tensions sociales inévitables à terme grâce à la distribution passive de la rente? Ce sont là des raisons suffisamment importantes pour envisager sérieusement de réorganiser le système partisan pour qu'il puisse remplir la fonction qui est la sienne dans tout système politique démocratique. D'où l'urgence de sa restructuration loin des injonctions administratives. En effet, le discrédit qui a frappé les formations politiques nationales doit laisser la place à des formations crédibles non crées artificiellement supposant une appréciation objective du statut et du rôle qui doivent être les leurs dans une société qui ambitionne de rejoindre le rang des sociétés démocratiques. Afin de mobiliser la société d'autant plus que pour les  années à venir, les réformes différées pour une paix sociale fictive, transitoire, seront très douloureuses. Quant à la société civile force est de constater qu'elle est impotente. La confusion qui prévaut actuellement dans le mouvement associatif national rend malaisée l'élaboration d'une stratégie visant à sa prise en charge et à sa mobilisation. Sa diversité, les courants politico-idéologiques qui la traverse et sa relation complexe à la société et à l'Etat ajoutent à cette confusion et rendent impératif une réflexion qui dépasse le simple cadre de cette contribution. En raison de la jeunesse très grande de la société civile, des conditions historiques qui ont présidé à sa naissance et des évènements tragiques qu'a connus notre pays et auxquels elle a été directement ou indirectement associée, la question qui touche à sa mobilisation doit être traitée avec une attention et une vigilance soutenues. Héritière, dans une certaine mesure, des anciennes organisations de masses du parti unique - puisqu'elle y puisera une partie substantielle de ses cadres et de ses militants - elle va littéralement exploser dans les tous premiers mois qui ont suivi l'avènement du multipartisme. Paradoxe : malgré un contexte sécuritaire particulièrement difficile et dissuasif, dans les années 1990, elle va connaître, à l'instar du système des partis, un développement intensif et débridé durant la décennie écoulée. Constituée dans la foulée des luttes politiques qui ont dominé les premières années de l'ouverture démocratique, elle reflètera les grandes fractures survenues dans le système politique national. Ainsi la verra-t-on rapidement se scinder en deux sociétés civiles fondamentalement différentes et antagoniques, porteuses chacune d'un projet de société spécifique : une société civile ancrée franchement dans la mouvance islamiste, particulièrement active, formant un maillage dense et d'une efficacité redoutable ; une société civile se réclamant de la mouvance démocratique, faiblement structurée, en dépit du nombre relativement important des associations qui la composent, et minée par des contradictions en rapport, entre autres, avec la question du leadership. Sollicitée à maintes reprises, et à l'occasion d'échéances parfois cruciales, cette dernière manifestera souvent sa présence d'une manière formelle et ostentatoire, impuissante presque toujours à agir sur le cours des choses et à formuler clairement les préoccupations et les aspirations de la société réelle. Aujourd'hui, l'état de désorganisation et de léthargie dans lequel se trouve la société civile nécessite une action vigoureuse de réorganisation et de redynamisation qui ne pourra être que salutaire pour elle. Cette action permettra, entre autres d'offrir un cadre adéquat d'expression collective à des centaines de milliers de jeunes et de moins jeunes qui ne sont pas structurés et qui ne demandent qu'à être utiles et à mettre au service de la communauté leur bonne volonté et leur générosité. Dans cet ordre d'idées, l'Etat doit encourager la création d'associations dans des secteurs qui sont porteurs mais qui restent vierges et complètement ignorés du mouvement associatif ; de faire de ce cadre un instrument efficace d'encadrement de forces vives qui agissent dans la société de manière dispersée et un levier puissant de leur mobilisation en vue de leur implication active dans l'œuvre de redressement national. Mais cette politique n'a de chance de réussir que si le mouvement associatif est assaini et que si les associations qui le composent ne soient pas au service d'ambitions personnelles inavouables et parfois douteuses. L'assainissement en question peut se faire sur la base d'une évaluation objective de l'ancrage réel de ces associations dans les milieux où elles sont supposées agir. Le soutien multiforme qu'accorde l'Etat au mouvement associatif peut s'avérer un puissant levier de promotion pour peu que son utilisation se fasse sur la base de critères objectifs. 

3.-Dépasser l’entropie actuelle
Après plus de 50 années d'indépendance en ce mois de janvier  2015, l'économie algérienne se caractérise par 97/98% d'exportation d‘hydrocarbures à l'état brut et semi brut et important 70-75% des besoins des ménages et des entreprises quelles soient publiques ou privées et représentant 70% du pouvoir d’achat des Algériens. Sonatrach c'est l'Algérie et l'Algérie c'est Sonatrach ayant engrangé entre 2000- 2013 environ 700 milliards de dollars et ayant importé en devises  environ 500 milliards de dollars. Qu’en est-il du  pétrole/gaz de schiste où le débat est biaisé ? C’est qu’avec la chute du cours des hydrocarbures  et les tensions dans le sud du pays concernant le gaz  mais également le pétrole  de schiste, nous assistons sur les plateaux de télévisons à une pollution du paysage médiatique. Tout le monde devient  par enchantement expert en énergie. Pour avoir passé plus de 35 ans dans ce secteur et participant régulièrement aux rencontres internationales sur l’énergie, je  puis affirmer que c’est un sujet complexe qu’il s’agit d’analyser avec précaution, rentrant dans ce cadre les données tant techniques, économiques que géostratégiques. Pour un débat serein, loin de toue manipulation politicienne, et que pour nos populations du Sud,   puissent avoir un aperçu objectif, devant associer la société civile leur parlant un  langage simple accessible, seuls devraient  être concernés  les experts indépendants  en collaboration avec les cadres de Sonatrach pour un ébat contradictoire,  et non des experts privés dirigeants  des bureaux d’études vivant grâce aux marchés que leur octroient le ministère de l’Energie, ou de sociétés intéressés par son exploitation, étant juge et partie, n’étant pas crédibles aux yeux de la population. La formation pointue   est fondamentale pour maitriser la fracturation  hydraulique,  d’autres techniques sont actuellement en cours d’expériences. Pour l’analyse de la rentabilité économique, il ya urgence de débats objectifs en association avec les cadres de Sonatrach de la commercialisation et de l’aval, et des experts indépendants en économie de l’énergie devant connaitre parfaitement le secteur  et le terrain , loin des théories stériles. Concernant l’Algérie, il est admis  en 2015 que le cout d’un puits varie entre 13/17 millions de dollars, supposant un investissement dans la formation pour  réduire les couts (le brevet cout extrêmement cher) contre 5 à 7 millions de dollars aux USA. Concernant spécialement les couts, ils ne sont  pas totalement maitrisés même pour le pétrole et gaz traditionnel.  Pour avoir dirigé  une audit  entre 2007/2008 avec d’anciens PDG de Sonatrach, tous les cadres de Sonatrach, les divisions  amont, aval, canalisation et commercialisation, il nous a été très difficile de calculer les couts du gaz  le MBTU de Hassi  R’Mel et du baril de pétrole d’Hassi Messaoud,  arrivé aux ports d’Arzew et de Skikda, et  ce en raison  de comptabilités consolidés  de Sonatrach. Cela est le résultat de la   faiblesse du management  stratégique et   des comptabilités  analytiques qui seules permettant de calculer précisément les couts. Car la hausse des prix peut voiler une  faiblesse de la production en volume et les comptes de transferts entre différentes divisions la faiblesse de la gestion des unités opérationnelles. Mais les surcouts concernent la majorité des secteurs faute d’une rationalisation des choix budgétaires. Le rapport de 2009 toujours d'actualité de la banque mondiale remis aux autorités algériennes montre clairement des projets inutiles, des abandons de projets, des projets non maturés, des retards de plusieurs années et des surcouts pour certains projets allant de 30 à 40%. Malgré l'importance de la dépense publique le taux de croissance moyen 2004-2014 ne dépasse pas 3% en termes réels, alors qu'il aurait du dépasser 10% l'Algérie dépensant deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats comparée à des pays similaires de la région MENA. Le taux de croissance (production intérieure brut –PIB) hors hydrocarbures des officiels de 5-6% est biaisé. Le taux de croissance du BTPH et la majorité des secteurs hors hydrocarbures est du à plus de 80% à la dépense publique via les hydrocarbures laissant aux entreprises créatrices de richesses pouvant s'insérer dans le cadre des valeurs internationales moins de 20% du PIB. Il y a dépérissement du tissu productif (le secteur industriel représentant moins de 5% dans le PIB), du fait des contraintes d‘environnement notamment le poids croissant paralysant de la bureaucratie et de l‘instabilité juridique qui freine l'épanouissement de l'entreprise locale ou étrangère créatrice de richesses durables du fait du manque de vision stratégique. Les rapport internationaux notamment  ceux du le Forum économique mondial montent les obstacles à la mise en œuvre des affaires  Parmi les cinq, sur les seize facteurs, qui entravent le développement économique en Algérie figurent les lenteurs bureaucratiques , l'accès au financement , la corruption, l'absence d'infrastructures et le manque de main d'œuvre qualifiée. Une enquête de l' ONS publiée officiellement le 10 aout 2012 montre clairement que le tissu économique national est fortement dominé par les micros unités dont les personnes physiques à 95% alors que les personnes morales (entreprises) représentent seulement 5%, et que le secteur commercial et services concentrent 83% des activités de l'économie algérienne ce qui dénote clairement le caractère tertiaire de l'économie. Aussi, grâce à cette aisance financière artificielle, dépenser sans compter, importer au lieu de privilégier la production locale se fondant tant sur l'entreprise locale ou étrangère créatrice de richesses, telle est la situation de l'actuelle gouvernance. C'est le syndrome hollandais. Aussi, en ces moments de bouleversements géostratégiques, la majorité des observateurs nationaux et internationaux arrivent à cette conclusion que la situation tant sociopolitique que socio économique en Algérie ne peut durer indéfiniment, les gouvernements successifs depuis l’indépendance politique ayant été mus par l’unique dépense monétaire. Entre 2004/2014 l’Algérie a dépensé deux fois plus pour avoir deux fois moins de résultats que certains pays similaires, avec une réévaluation des projets entre 20054/2014 dépassant pour certains les 30/40% de la valeur initiale montrant la mauvaise gestion. Il s’ensuit des taux de croissance faible entre 2 et 3,5% entre 2004/2014 sans corrélation avec l’importance de la dépense publique, Cela engendre un malaise social dans la mesure où le taux d’emploi est fonction du taux de croissance, où avec le retour à l’inflation, ayant pour essence principal la faiblesse de la production et de la productivité et l’injection monétaire sans contreparties, comprimée artificiellement par des subventions mal gérées et mal ciblées, favorisant la concentration des revenus au profit des rentes spéculatives, ayant un impact négatif sur le pouvoir d’achat,  Certes les subventions  et les transferts sociaux de l’Etat, montant faramineux, (27% du PIB)  et paradoxalement la crise du logement par la cellule familiale permettent d’atténuer transitoirement ces chocs. Mais devant ce déséquilibre du non partage équitable de la rente des hydrocarbures, son impact est négligeable sur le niveau de vie des citoyens, oùl’on assiste à des revendications sociales généralisées, la majorité des segments de la société voulant leur part de rente immédiatement quitte à aller vers un suicide collectif. Ce processus est amplifié par la corruption socialisée, d’où les difficultés de l’instauration d’un Etat de droit et d’une justice impartiale, phénomène, qui certes qui a toujours existé, mais qui prend une ampleur inconnue depuis l’indépendance politique expliquant le divorce Etat/citoyens. Pourtant, l’Algérie, qui a d’importantes potentialités pour devenir être un acteur actif au sein de cette Re- mondialisation, a besoin de plus d’espaces de libertés. D’où l’urgence d’un discours de vérité et de privilégier uniquement le devenir de l’Algérie, personne n’ayant le monopole du nationalisme. Cela suppose une autre gouvernance. Faute de quoi, la déflagration sociale sera inévitable à terme. Face à la cacophonie gouvernementale, et la grogne sociale amplifiée par la flambée des prix (détérioration du pouvoir d’achat et concentration du revenu national au profit d’une minorité rentière), nous avons une population en majorité désabusée qui ne croit plus en rien. Aussi, il s’agit d’inscrire la future démarche au sein d’une vision stratégique incluant les acteurs internes et externes. Il n'est plus permis aujourd'hui de faire l'impasse sur le rôle que des acteurs résidents, mus puissamment par des intérêts organiquement liés à la distribution de la rente, ont pu à un moment où à un autre peser dans un sens franchement défavorable aux réformes politiques et économiques. De même qu'il n'est plus possible, du point de vue de l'analyse aussi, d'occulter le rôle que d'autres acteurs, externes ceux-là, ont pu jouer dans un sens tout aussi défavorable, motivés qu'ils étaient eux aussi par la défense d'intérêts de groupes ou de personnes que la poursuite d'un commerce hautement lucratif rendait allergiques à toute velléité de changement et de réforme. Des acteurs internes aussi bien que des acteurs externes ont agi clairement dans le sens contraire, encourageant et défendant, par des moyens divers, la mise en œuvre de réformes dont la nécessité n'échappe à personne. Comme il n'est plus permis d'ignorer la nécessaire intégration maghrébine, et plus globalement de l'Afrique du Nord, pont entre l'Europe et l'Afrique, face aux nouvelles mutations mondiales. Aussi les réformes en profondeur du fonctionnement de la société algérienne et non des replâtrages organisationnels, impliquent d'analyser avec lucidité les relations dialectiques réformes et les segments de la production de la rente ( Sonatrach) et celui de sa redistribution ( système financier) qui bouleversent des intérêts, les gagnants de demain n'étant pas forcément ceux d'aujourd'hui. Lorsque la valeur de la rente des hydrocarbures s'accroit, paradoxalement les réformes sont freinées et l'on assiste à une redistribution passive de la rente pour une paix sociale éphémère avec l'extension de la corruption et une concentration excessive du revenu national au profit d'une minorité rentière. Ce couple contradictoire rente/réformes explique fondamentalement l'instabilité juridique et le manque de cohérence et de visibilité dans la réforme globale. Aussi il s’agit impérativement de dépasser l’entropie actuelle par la nécessaire refondation  de l’Etat. C’est que  l'Algérie qui traverse une phase cruciale de son histoire ; a d'importantes potentialités, a besoin qu'un regard critique et juste soit posé sur sa situation sur ce qui a déjà été accompli et sur ce qu'il s'agit d'accomplir encore au profit exclusif d'une patrie qui a besoin de se retrouver et de réunir tous ses enfants autour d'une même ambition et d'une même espérance : un développement harmonieux conciliant efficacité économique et une profonde justice sociale, conditionné par de profondes réformes économiques et politiques, le statut quo actuel étant suicidaire pour le devenir de la Nation. Aussi, pas de changement en Algérie sans de profondes reformes structurelles économiques et politiques. La refondation de l'Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile, passe nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. La fin de l'Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire, signifie surtout que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisances inaugurées comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l'échange d'une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politiques et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. C'est la norme du droit qui reprend sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté nationale. Le passage de l'Etat de «soutien» à l'Etat de justice est de mon point de vue un pari politique majeur, car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation et l'Etat. La construction politique passe aujourd'hui nécessairement par la dialectique de l'alternance politique. L'Algérie ne peut revenir à elle même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétence, de loyauté et d'innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de promotion sociale. La refondation de l'Etat ne saurait se limiter à une réorganisation technique (changement de gouvernement ou de ministres). Elle passe par une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique et une moralité sans faille de ceux qui auront à diriger la Cité avec cette corruption qui prend des tendances dangereuses pour l'avenir de l'Algérie étant facilité par une économie totalement rentière.
 
4.-Pour un dialogue productif
En résumé, il serait maladroit pour le pouvoir algérien d’ignorer les aspirations profondes de la population algérienne parabolée qui ne croit plus en les paroles mais aux actes. Avec la grogne sociale croissante, la population algérienne a soif de démocratie et de justice sociale mais également d’efficacité économique avec un sacrifice partagé car les réformes à venir seront douloureuses. La vertu d’une bonne gouvernance est le dialogue permanent au profit exclusif de l’Algérie qui a d’importantes potentialités pour surmonter la  crise multidimensionnelle à laquelle elle est confrontée, sous réserve d’une autre gouvernance,  le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir. C’est pour cela  que j’avais accepté l’invitation de  la présidence de la république  pour la  révision constitutionnelle. J’avais insisté publiquement sur un dialogue sans exclusive et que pour son  opérationnalité,  cette révision  a besoin d’une vision stratégique au sein des nouvelles mutations mondiales, en ces moments  où notre région devrait connaître de grands bouleversements géostratégiques.   Le document que j’ai remis à la présidence,  en arabe-français-anglais, qui a été repris  au niveau national et international, insistait sur la mise en place d’un Etat de Droit, de la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle  et d’inscrire l’irréversibilité de l’économie de   marché concurrentielle, conciliant l’efficacité économique et une très profonde justice sociale.   Non partisan, fidèle à mes positions,  tout en étant constant dans la  défense de mes idées, j’ai également accepté de recevoir  une délégation du FFS  dans le cadre  des rencontres qu’il organise avec les partis politiques  et les personnalités nationales. L’Algérie en ces moments difficiles, a besoin de toutes les   femmes  et tous les  hommes de bonne volonté. Il ya lieu  de favoriser  le dialogue productif avec la devise : ni sinistrose, ni autosatisfaction source de névrose collective.



 

Abderrahmane MEBTOUL
Samedi 17 Janvier 2015 - 18:44
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ACTUALITÉ
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