REFLEXION

Sur les traces d’un Harki

Alors que les fils et les veuves de chahids et les moudjahidines algériens pleurent encore les tortures de la France coloniale et tentent d’arracher une reconnaissance historique à la veille des 60 ans du déclenchement de la révolution pour cicatriser la plaie qui a tend duré, un harki, aujourd’hui à l’âge de 97 ans, abandonné par ses paires à la maison des vieillards en France, arbore ses médailles aux journalistes et retrace sa lutte contre ses frères de sang sous les drapeaux français à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement en Provence...Quelle Honte !



Des dizaines de milliers de harkis, parmi les quelques 200.000 supplétifs algériens recrutés par l'armée française pendant la guerre d'Algérie, ont fuit l’Algérie après les accords d'Evian en 1962 de peur de représailles de la part des moudjahidines. Dans les tranchées des soldats français, ils sont devenus des acteurs incontournables dans le génocide perpétré pendant la guerre d’Algérie de 1954 à 1962  et coupables de milliers d’assassinats, de tortures et de viols collectifs commis contre leur peuple. Parmi ceux, un traitre, on le nomme ‘’B.R.K’’,  pour ne pas offusquer  sa famille.  Avec un corps de 97 ans, qui n’attend que d’être réchauffé par les flammes de l’enfer, il se flatte aujourd’hui de son parcours sous les couleurs des tortionnaires français et fait encore parler de lui dans les antennes de madame Fafa. ’B.R.K’’, un ancien harki de 97 ans, aujourd’hui  pensionnaire à la maison de retraite « Les Prés du Moulin » en France  profite  de la fête du 70e anniversaire du débarquement en Provence, organisé par les Archives nationales d'outre-mer, pour  exposer son parcours de combattant  et de grand harki. Naît en 1917 à Ain El Anseur, en Algérie, il s'engage comme volontaire le 12 avril 1935, au 9e régiment de tirailleur algérien. Il est affecté, le 1er  avril 1937, au 13e RTA et embarque à Alger, direction Marseille, pour un séjour en métropole. Il rejoint à nouveau le 9e RTA, le 19 octobre 1938. Il renouvelle son contrat d'engagement le 15 février 1939 et est nommé 1ère  classe. Le 1er octobre 1940, il est affecté au 5e RTA du bataillon de marche du Levant. Le 11 juillet 1941, il débarque à Salonique avec son nouveau régiment, le 9e RTA. Il rejoint Alger le 4 août 1941. Nommé caporal en novembre de la même année, il rejoint la Tunisie. Nouveau contrat le 22 mars 1943, il rejoint l'Algérie quelques mois plus tard. Le 16 février 1944 il devient sous-officier avec le grade de sergent. Le 4 mai 1944 il débarque à Naples avec le corps expéditionnaire français (CEF), commandé par le général Juin, qui s'est particulièrement illustré au cours de la bataille du Monte Cassino. Le 11 mai 1944, ’’B.R.K’’obtient la nationalité française.
Il rejoint Marseille cinq mois plus tard. Il est alors affecté au centre d'instruction d'artillerie antiaérienne du territoire. Le 15 mars 1945, il intègre les troupes d'occupation, en Allemagne, et, à son retour en avril 1947, il rejoint l'établissement hippique de Macon. Le 15 janvier 1948, il est affecté à l'établissement hippique de transition de Mostaganem.  Rayé des contrôles de l'armée après quinze années de service, il sert en qualité de « moghazni » supplétif des sections administratives spécialisées de l'armée française durant la guerre d'Algérie, à Trolard-Taza. Le 1er mai 1959, il souscrit un nouveau contrat d'engagement au titre de la Harka du 5e RCA, jusqu'au 8 mars 1962. Sous les couleurs françaises, ’’B.R.K’’obtient la croix de guerre 1939/1945 (avec étoile de bronze), la croix de la valeur militaire (avec étoile de bronze), la médaille commémorative 1939/1945 (avec barrette Afrique), la médaille commémorative campagne d'Italie et la médaille outre-mer (agrafe Tunisie). Mais, la malédiction des chouhadas suit toujours ces harkis jusqu'à leurs tombes, et la France qui, ont combattu pour elle, n'a pas toujours pris la mesure de leur fidélité qu’ils ont consenti pour elle, une reconnaissance  faite par le secrétaire d'Etat français Hubert Falco devant plusieurs dizaines de harkis ayant combattu aux côtés de l'armée française réunis pour la Journée nationale d'hommage aux harkis. Et l’exemple concret, ce vieux chenapan, qui attend la mort sur un lit de ‘’Dar El- Adjaza.’’

 

Riad
Mercredi 29 Octobre 2014 - 16:38
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ACTUALITÉ
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