REFLEXION

Si le pain venait de manquer, le ventre serait bien vide



La politique algérienne tourne, dit on, autour du Président, donc de l’élection présidentielle. En résulte-t-il inévitablement la dégradation du pouvoir d’achat d’abord, et du débat entre les partis et les idées ensuite. Sommes-nous condamnés à entendre les mêmes orateurs répéter infatigablement les mêmes discours comme si la météo ne percevait pas les signes annonciateurs des tempêtes.
Il est question une fois de plus selon les informations récoltées, il n y aurait pas de changement de gouvernement dans les prochains jours comme il a été attendu depuis juillet passé. Ainsi la majorité ne se trouve pas en meilleure condition que l’opposition timide. Dans la constitution actuelle, telle qu’elle l’est, le Président impose sa volonté à la majorité parlementaire. De ce fait, les deux partis connus qui appartenaient à la majorité parlementaire et bien sur le MSP avec eux sans se confondre avec elle doivent se démarquer des hommes au pouvoir et de la politique qu’il tolère à défaut de la soutenir. En quelque manière, la quadrature du cercle. Ils doivent prendre assez de distance par rapport au Président pour manifester leur identité sans s’opposer à lui au point d’exiger logiquement une motion de censure. Pour régler certains problèmes d’ordre social et surtout le pouvoir d’achat qui se dégrade progressivement.
La classe politique est-elle condamnée au spectacle déprimant qu’elle donne ? Oui si les partis majoritaires continus d’ignorer le pouvoir d’achat. Un seul recours, une seule issue leur restait : renouveler leur doctrine ou, mieux leur pensée. Tout se passe comme si le débat politique glissait vers la routine en dépit de la montée des périls. La force de l’équipe au pouvoir tien, avant tout, au sentiment diffus dans un pays que d’autres gouvernants ne se tireraient pas mieux d’affaire. Ce scepticisme profond résistera aux promesses, aux idéologies, à la rhétorique.
Occasion unique pour les hommes d’Etat, de réfléchir et d’aider l’électorat (qu’ils avaient stimulé avant les élections du 9 avril passé)à saisir les enjeux de ces années cruciales.
Combien devra mettre l’Algérie pour décoller. Si tout va bien.. Immensité du territoire, pauvreté des infrastructures, délabrement des équipements, manque d’experts, cohésion nationale encore embryonnaire dans un pays où prime l’appartenance encore à la région.
Autant de faiblesses congénitales que viennent aggraver ces maladies endémiques de l’Algérie moderne : la négligence et la corruption, les milliards qui sautent tous les jours. Un seul but : survivre, pour les plus pauvres, et s’enrichir, pour les plus riches. Alors, tout le monde trafique, se débrouille, combine, achète ou se fait acheter. Pas une transaction possible sans « tchipa » : une demande de crédit, une démarche quelconque empruntant les circuits « normaux » s’évanouissent dans les tiroirs comme l’oued dans le désert. « Ce n’est plus une maladie, dit un économiste, c’est un système économique de remplacement.. »
Que faire d’autre quand le sens de l’Etat, au sommet de la pyramide, et à de rares exceptions près, fait aussi dramatiquement défaut ? Comment exister décemment, quand les salaires officiels, du bas en haut de l’échelle, sont parmi les plus misérables du Maghreb ?
Le Président est tout à fait conscient des tares nationales : tous ceux qui l’ont récemment approché en conviennent. Il a fini par tirer, à son tour, les leçons répétées du passé. Bien que la caisse de l’Etat est pleine de dollars, le pays a fait une cure pour ce débarrasser de la dette héritée depuis les années quatre vingt. Seulement il faut le dire : avant c’était l’Etat qui s’endettait, aujourd’hui c’est le peuple, la classe moyenne est les démunis qui s’endettaient. C’est pourquoi le gouvernement a lancé une Bouée de sauvetage en suspendant les prêt pour achat de véhicule, tout en ajoutant une taxe que le citoyen doit payer s’il veut conduire une voiture pour ramener ses enfants à l’école, car le transport fait toujours défaut. Et le centre des chèques postaux lui aussi collabore, il ne délivre plus de carnet de chèque aux usagers du CCP, et ce depuis Janvier 2009, pour éviter aux pauvres citoyens de contracter un crédit est déposer des chèques en garantie. Ce qui est sûr chez nous, c’est que quand le prix du pétrole baisse celui du sucre grimpe, comment ? Telle est la question, qui se pose dans pays où les sondages d’opinion n’existent pas et selon lesquelles l’opposition légale ne recueillera que dix à vingt sièges sur les centaines à pouvoir. Dans un pays où la majorité ne se permet pas de manger de la viande !!??, où le jeune débutant est payé 3000 da et le député 300 000 da
Bientôt le ventre serait vide, avec la poussée vers l’inimaginable hausse de tous les prix des produits et surtout la viande rouge et blanche. Alors qu’une décision, a suspendue l’importation de la viande surgelée de l’agneau depuis l’année passé. C’était la viande de la majorité son prix ne dépassait pas les 380 da. Aujourd’hui une large couche de la population Algérienne est privée de cette viande, ne pouvait pas se rabattre sur la pomme de terre qui aussi a remplacée les pommes. A 70 da le kilogramme, tout compte fait c’est 10 da la pièce.
Aujourd’hui, pour nous, anciens journalistes, lorsque l’actualité ne nous inspire pas, et que nos dossiers ne sont pas mûrs, il nous reste toujours, un sujet rafiot : la hausse des prix et la mafia des matériaux de construction. Nous avons constaté pourtant que nos vociférations n’y ont pas fait grand-chose. La hausse continue tous les jours et l’absence d’un contrôle rigoureux aussi, et l’on finit par penser que le citoyens s’y sont tellement habitués qu’ils y ont pris goût désormais. Ce citoyen fabriqué par le système est conditionné au verbe accepter. Il ne pourra pas crier son amertume devant son pouvoir d’achat. il doit à chaque fois et en permanence accepter le fait accompli.
Le phénomène nouveau, de l’après les années quatre vingt dix consistait donc en l’irruption en force d’un capitalisme soit disant national mais sans antécédents de travail et de production, étant, la plupart du temps, le fruit d’une situation trouble, parasitaire, spontanée et parfois truquée en vue de mener, insidieusement, des projets antinationaux ou, tout au moins, de créer un état de choses contrenature propice à l’enrichissement sauvage des individus et des clans. Et peut être plus qu’une mainmise sur l’économie et une partie des biens immobiliers avant que la situation politique ne s’éclaircisse dans les années deux mille, ce qui est en cause et dont la société algérienne a trainée depuis lors le boulet, c’est un habile savoir-faire , une certaine permissivité à visage découvert, propres tous deux aux pays capitalistes .
Les années quatre vingt dix, ont faits les malheurs de la majorité, et bien sûr le bonheur d’une stricte minorité qui s’est convertis aux bande maffieuses. Des sommes colossales ramassées en monnaie nationale et étrangère, de la fraude aux transfert vers l’étranger , au moment où le peuple Algérien était occupé à combattre un terrorisme aveugle .
Cependant, il fallait, plus ou moins, s’attendre à tout cela ; à ces avatars et incidents de parcours. Alors que certains vieux routiers de ce passé tentaient alors de fausser le jeu et de revenir à leur anciennes amours partisanes dans une optique de clans ressuscités à point nommé. Seule la classe nouvelle des trafiquants, attentistes et asociaux tenait un vision différente du monde algérien parce que ses groupes étaient dépolitisés et avaient fort à faire pour mettre la main sur l’économie et notamment son secteur le plus juteux et le plus vulnérable, le commerce.
Une des plus pénibles épreuves dues à cet activisme déstabilisateur caractérisé par un rythme frénétique des gains réalisés, l’improvisation très approximative du service dit public, la hâte de parvenir, la fraude, les détournements, la grande corruption et pots-de-vin, le sans-gêne et surtout le trafic d’influence et les prêts de grosse sommes non remboursés fut celle d’une Algérie rompant brusquement avec la réduction de la classe moyenne vers la pauvreté . En d’autres termes, le bouillonnement qui s’emparait de la société est à l’image de l’extrême diversité, non seulement des aspirations (parfois disparates), mais aussi des projets personnels de réussite, des calculs, alliances, habiletés, jeux sectaires ou opportunistes. Devant tout cela, l’autorité n’avait cessé de dominer de très haut, pour en réduire les dangers et le tumulte, ce maelström déchainé de la décennie noire. Les réduire, mais non les supprimer à la racine.
Entendons-nous bien encore une sur la signification de ce rappel que l’indépendance de l’Algérie et l’avènement d’un pouvoir national, étaient l’affaire de tous les Algériens à l’exception des traîtres et les familles très dévouées à la cause française. Toutes les algériennes et tous les algériens avaient bien participé dans la révolution et tous font partie de la famille révolutionnaire sans aucun cadre limité qui cherche à diviser le peuple.
Prenez nos milliards, mais éradiquez cette horrible inflation et tous ces prix de produit de pauvre qui grimpaient tous les jours, dirons les citoyens.

A. BENBRIK
Jeudi 15 Octobre 2009 - 00:05
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