REFLEXION

Secret de Polichinelle

Les médias français ont rapporté hier que Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, avait effectué lundi soir, une visite éclair à Bamako (Mali).



Cette visite de « quelques heures », selon un responsable malien requérant l’anonymat, devait être consacrée aux « négociations pour la libération de l’otage français », enlevé par un groupe terroriste qui sévit dans la région du Sahel, au nord du Mali. Cette visite non annoncée n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle de la part du ministre. Dimanche soir, c'est-à-dire la veille de son départ pour le Mali, lors d’une émission organisée par TV5 Monde, RFI et le Monde, le ministre avait déclaré ne pas avoir de nouvelles de l’otage, avant d’ajouter « Je n’en ai pas et si j’en avais, je ne vous les donnerais pas, c’est une affaire extrêmement sérieuse, je resterai discret sur la manière dont cela se déroule». Au vu de ces propos, M. Kouchner, voulait-il protéger l’otage Pierre Camatte ou tout simplement ne pas dévoiler le contenu de ces négociations et nous dire qu’il s’agit tout simplement d’argent ? Car si tel était le cas, l’Etat français se met en porte-à-faux avec la résolution 1904, adoptée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, qui criminalise le paiement d’une rançon aux groupes terroristes, et considère toute démarche en ce sens, comme moyen de financement à ces criminels. Toutefois, il n’est un secret pour personne que les Etats occidentaux négocient souvent dans les coulisses avec les groupes terroristes par l’intermédiaire d’autres états concernés au premier plan par la lutte contre le terrorisme, sinon ce serait un secret de polichinelle. Cette manière de faire est en totale contradiction avec les dispositions de la résolution Onusienne et le plus aberrant dans toute l’histoire, ce sont les membres du Conseil de Sécurité eux-mêmes qui violent ce qu’ils ont unanimement voté, au grand dam de la légalité internationale. Ces interventions unilatérales auprès des groupes terroristes par Etats interposés pour libérer leurs otages mettent à mal toute la stratégie adoptée par les pays du Sahel en matière de lutte contre ce phénomène. La France, ne voulant sans doute pas perdre pied dans la région, tente par tous les moyens de saborder tout ce qui a été entrepris en faisant le plus souvent des pressions économiques sur des pays comme le Mali ou la Mauritanie. Les français savent mieux que quiconque, que dans certains pays africains tout est à vendre, même la libération des otages, c’est le point faible de certains dirigeants africains. Sur un autre registre, on voit d’un mauvais œil l’Algérie asseoir son leadership dans la région subsaharienne, sachant que le Mali est l’un des pays qui a le plus bénéficié d’aide militaire, des Etats-Unis, de l’Espagne et de l’Algérie qui coordonne cette lutte. La visite éclair de Kouchner en dit long et le Mali est entre le marteau et l’enclume, si les négociations n’aboutissent pas, la France le tiendra pour responsable. Pression à la française.

Amara Mohamed
Samedi 6 Février 2010 - 11:56
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CHRONIQUE
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