REFLEXION

SIDI LAKHDAR : La plage est triste

29 juillet 1907-29 juillet 2011, c’est l’anniversaire de la création du scoutisme mondial. Réflexion a rencontré d’anciens scouts qui déplorent la disparition du scoutisme à Djelfa. Ils étaient quarante cinq en tout. Trois familles au complet et des garçons. Des garçons musiciens. Ils ne sont restés qu’une dizaine de jours et pourtant ils ont fait danser des jeunes et des vieux.



SIDI LAKHDAR : La plage est triste
Mansour Dokman, Belferd M. Belkacem, Grada H'mida, Khaldi Abderrahmane et Amraoui Ghoul sont venus de Djelfa pour s’offrir de longues baignades sur les rives de la belle Méditerranée. Le plus jeune des enfants n’a pas 13 ans. Certains d’entre eux n’ont jamais vu la mer. Ils s’appelaient Maâmar, Belkacem, Merouane, Mohamed, Khaled… De la mer ? Ils en rêvaient. Alors que les trois épouses des improvisés moniteurs s’affairent aux fourneaux d'un rez-de-chaussée d'une villa de location, les hommes dansaient, chantaient et faisaient vibrer les plages de l’est de Mostaganem. On se payait du bon temps et on oubliait les conditions difficiles. C’est la clique de Djelfa. Ce qui reste du scoutisme qui bat de l’aile, fondé par Mohamed Tahar Bouras en personne à Djelfa en 1933, dit-on. Ils avaient promis de visiter Réflexion dès leur arrivée à Mostaganem, mais le manque d’intérêt des autorités locales de Djelfa à ceux qu’ils sollicitent lors des fêtes nationales et religieuses en a voulu différemment. Certains les ont fait vivre dans de fausses promesses pour enfin les abandonner à leur sort. En principe, c’était de tentes qu’ils auraient dû être dotés pour camper sur la plage Sonaghter. Mais comme les paroles ne sont pas toujours tenues aux faibles et aux impuissants, les adultes firent des mains et des pieds pour réaliser le rêve de ceux qui n’avaient d’yeux que pour Mansour et Belkacem Belferd. Ils tenaient à leurs lèvres. Et ils tinrent parole. Dokman Mansour, cet ancien chef scout, élevé dans l’amour de la patrie et de son prochain, qui alla jusqu’à une formation en tant que civil dans les rangs de la Garde républicaine, s’attelle tant bien que mal à faire de « ses enfants » des amoureux du chant patriotique dans un pays où la bonne école du scoutisme a perdu bien du terrain. Qu’à cela n’y tienne ! Lui, petit factotum dans une école s’est fait emprunter de quoi faire la fête aux enfants de condition modeste et advienne que pourra. Il s’est endetté, lui le sans-toit, et espère que ces « honorables gens » ne reviennent pas sur leurs promesses. Même pas censés trouver une toile de tente à des démunis dont le rêve de plusieurs mois allait être brisé. Ils attendaient ces beaux jours depuis l’automne ou l’hiver derniers. Que la main tendue de M. le wali de Djelfa ne se replie pas, car pour les autres l’espoir est bien mince. Mansour Dokman a décampé il y a quelques jours. Il est triplement content. D’abord qu’il y ait un Homme, un vrai, pour lui envoyer les autocars pour le retour au bercail. Ensuite, sans perte aucune quand on sait que les plages de la wilaya de Mostaganem ont eu raison de 25 vies humaines. Et enfin d’avoir tenu sa promesse contre vents et marées. Mansour se sent toujours scout même sans ses scouts.

BENATIA B.
Samedi 30 Juillet 2011 - 10:04
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MOSTAGANEM
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