REFLEXION

SIDI BEL ABBES : « El Berrah » ou l’homme des nouvelles dans la cité !



SIDI BEL ABBES : «  El Berrah » ou l’homme des nouvelles dans la cité !
Dans les années quarante et cinquante, il existait à Sidi Bel Abbés Bénadj El Berrah qui Habitait juste en face du bain maure « Sekkal » sur la rue Lavigerie (aujourd’hui Sekkal Chaïb un Chahid) dans une maison de maître. Et Benadji El Berrah, un homme de forte corpulence, toujours vêtu traditionnellement (coiffé d’un turban jaune, chemise Blanche avec gilet où pend une montre avec chaînette et un seroual ample). Il était un employé de l’Administration communale chargé de faire passer les communiqués locaux à l’intention des indigènes des quartiers de la cité. Muni d’un, clairon en cuivre, Bénadji parcourrait les quartiers arabes pour annoncer une fois par semaine, la distribution de denrées alimentaires aux nécessiteux détenteurs d’une carte d’assistance délivrée par l’Administrateur de l’époque appelée communément El Mestatour ». Et de temps à autre, El Berrah utilisait un tambour pour mieux rassembler les gens pour annoncer la bonne novelle qui consistait à se rendre à Dar El Msaquine pour la distribution de produits alimentaires et autres dons en espèces. A titre indicatif, cette enceinte existe toujours, actuellement jouxtant dar El Askri (maison du soldat) mais comme bureau des ayants droit et ascendants des moudjahidine, une battisse ayant dépassé les 110 années environ. Par ailleurs, le travail de Bénadji consistait également aux annonces de décès avec l’adresse du domicile mortuaire, le nom de la famille du défunt et l’heure de l’enterrement. Et cela il le faisait gratuitement malgré la fatigue d’une grande tournée à travers les quartiers des indigènes d’El Graba, Errih, Bériacto, la marine, etc… et après sa mort, un certain Djillali dit « Tchato », un Berrah d’un ensemble Folklorique, a pris la relève pour le même travail et il excellait aussi pour haranguer les invités, lors des mariages, pour la Ghrama et ça marchait bien. En 1960, Djillali a été rappelé à Dieu et il n’y a plus de Berrah à Sidi Bel Abbés où un grand nombre de nos coutumes et habitudes qui rappelaient un temps et un mode de vie ( les meilleurs) ont disparu pour céder la place à l’amertume et la morosité car c’est un pan de l’histoire de la cité qui s’est écroulé, sans qu’il y ait une relève pour faire revivre cette belle époque où l’éducation, l’amitié et la sincérité dominaient réellement avec une grande place dans la société, Abassia. Enfin, mais ça c’est une autre époque et d’autres mentalités, hélas disparues à jamais avec leurs acteurs.

Mehdi Kada
Mardi 24 Août 2010 - 12:53
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