REFLEXION

SECURITE SOCIALE : « Chiffa », une carte, des tracas et des interrogations



SECURITE SOCIALE : « Chiffa », une carte, des tracas et des interrogations
Mise en place pour faciliter le travail et, bien sûr, le contrôle des dépenses de la sécurité sociale, la fameuse carte appelée « chiffa », sans doute par dérision, estiment certains, n’a pas apporté d’allègement dans le parcours du combattant imposé au malheureux affilié, loin s’en faut. Il suffit, pour s’en rendre compte, de faire un tour au niveau du centre payeur Chouhada, situé à haï Ezraa. Ce n’est pas le personnel dans son ensemble qui est à mettre à l’index. Si des employés seraient mieux au poste de gardien dans une prison israélienne, certains agents méritent d’être salués pour leur calme devant le comportement d’assurés excédés, faut-il les comprendre, par les nombreux va et vient auxquels ils sont contraints, en raison des règlements qui changent, à leur détriment bien sûr, leur imposant plusieurs démarches pour avoir l’accès au soin. «C’est comme si on était tous des escrocs », a lâché un assuré, ajoutant, « les escrocs, il faut les chercher parmi ceux qui ont le pouvoir de décision… » En effet, on assiste depuis un certain temps à une vaste opération de contrôle médical systématique. La plus insignifiante ordonnance médicale doit être soumise à un contrôle qui revêt plus l’aspect administratif que médical comme il est avancé. Les deux ou trois médecins chargés du contrôle méthodique des ordonnances sont triturés par le docteur du centre payeur avant d’autoriser le patient à s’adresser au pharmacien conventionné pour obtenir le médicament nécessaire. Cette opération peut facilement durer un ou deux jours. On s’explique : En s’adressant à la pharmacie désignée par la CNAS, le malade découvre que sa fameuse carte «Chiffa » est désactivée pour une ou des raisons qu’on ignore. Il lui appartient donc de s’adresser au guichet soupçonné d’être le « désactiveur ». On le dirige vers « el khadra ». Il ne s’agit pas de l’équipe nationale mais du siège de la direction régionale de la superbe CNAS qui toise ses affiliés du haut de ses trois étages. Quand l’assuré a de la chance, juste un peu, on lui présente deux imprimés dont on le charge d’en faire des photocopies auprès du libraire du coin et les rendre au guichetier qu’il remplit et va faire signer par le responsable. Mais celui-ci n’est pas toujours là pour mettre son paraphe, et aucun des employés n’est autorisé à signer à sa place. Un cas concret qu’on a suivi jusqu’à la fin, presque à la fin, car au moment où nous mettons sous presse, son problème n’était pas encore réglé. L’assuré s’était présenté le mardi 15 matin, pour signaler la « désactivation »de sa carte « chiffa », on lui fait faire le tour du libraire, on remplit devant lui les imprimés qu’il avait fourni, mais le signataire n’était pas présent pour le libérer. Aux environs de 11 heures et demi, on lui conseille de revenir à partir d’une heure, après la pause déjeuné. Ce qu’il fit en bon et obéissant assuré. L’après-midi s’est passé sans que le document ne soit signé par le vaillant signataire. Il n’avait donc, qu’à se représenter le lendemain. Ce qu’il fit également, toujours en bon et obéissant assuré. C’est seulement vers dix heures, le 16 juin, que le papier fut signé. Il fallait y joindre l’ordonnance médicale et déposer le tout sur le bureau du médecin contrôle. Il y avait, ce jour-là, une bonne cinquante de personnes les yeux braqués sur le guichet « réception contrôle médicale », où apparait de temps en temps une dame qui ne risque pas d’être étouffée par sa gentillesse. Elle lance un nom ou deux, comme on jette la peau d’une orange qu’on vient de peler, avant de disparaitre on ne sait où. Ceux qui ont la chance d’avoir été contrôlé, ont pu sortir avant la fin de la matinée. Les autres « ceux qu’on n’a pas appelés reviendront à 13 heurs. » A-t-on entendu dire. Le travail s’arrête à midi, pour permettre aux emplois de se restaurer, ce qui est tout à fait normal. Mais il est des employés pour qui les coups de midi sonnent à partir de 11 heures et demi. S’agit-il d’une affaire de fuseau horaire qui ne traverse pas tous les bureaux en même temps ? On n’en sait rien. Sauf que le malheureux assuré se trouve balloté comme un vulgaire objet sans avoir le droit de réclamer. Réclamer quoi ? Juste le respect auquel il a droit, et dont il a besoin au même titre que les médicaments pour bien se porter. Beaucoup trouvent cette situation inexplicable, tant au niveau de cette nouvelle procédure, qu’au niveau du mauvais accueil souvent réservé aux affiliés. Et, malheureusement, le centre payeur n’est un cas unique, ce n’est qu’une illustration des tracas endurés par les citoyens. Il suffit de les regarder pour lire le profond désarroi sur leur visage, alors qu’ils ont à faire à un organisme social. Ce qui est plus grave encore.

A. Salim
Jeudi 17 Juin 2010 - 00:01
Lu 326 fois
RÉGION
               Partager Partager

A LA UNE | ACTUALITÉ | MOSTAGANEM | RÉGION | CULTURE | SPORTS | CHRONIQUE | DOSSIERS | ISLAMIYATE | Edito | RAMADANIATE | NON-DITS | DÉBAT DU JOUR | TRIBUNE LIBRE | PUB | Spécial 1er Novembre 54 | Aidons-les ! | MOSTA-HIER | بالعربي






Edition du 05-12-2016.pdf
3.51 Mo - 05/12/2016





Flux RSS


Retrouvez-nous sur Google+