REFLEXION

Royaume des ténèbres



Peut-on imaginer un jour le roi saoudien accepter de devenir un simple monarque sans pouvoirs dans un pays dont les princes considèrent leur royaume comme leur bien propre? On comprend aisément que, pour ce dirigeant, il est culturellement impossible de le faire à moins de se renier complètement. Pourtant, les aspirations du peuple du Hidjaz sont semblables à ses pairs arabes et on peut facilement imaginer que la contagion révolutionnaire les atteindra inéluctablement, à moins que les révolutions tunisienne et égyptienne ne sombrent dans l’anarchie et dans un bain de sang, ce qui donnerait le beau rôle aux monarchies pour se targuer d’être les remparts contre ces fléaux aventuristes. On comprend mieux pourquoi «on» financerait, selon les rumeurs, des mouvements rétrogrades. Il est étrange que ce soit les régimes républicains qui soient tombés ou en passe de l’être alors que les monarchies résistent bizarrement à ce qu’on a appelé le printemps arabe. Or les reproches qui sont faits aux républiques sont les mêmes qui peuvent être faits aux monarchies : dictatures, répressions, corruptions et des inégalités qui sont peut-être encore plus criantes. Alors comment expliquer ce phénomène ? Peut-être par un verrou psychologique qui empêche de remettre en question une institution censée être éternelle, dont le mandat n’est pas limité dans le temps. Dans l’esprit d’une population, le roi a plus de légitimité qu’un président élu surtout si le premier est de droit divin comme le prétendent certains pour impressionner leur peuple. Pour que cet asservissement mental perdure, il faut maintenir ce même peuple dans un état psychologique tel qu’il ne peut remettre en question cette institution : analphabétisme, conservation et développement des traditions, primauté à un passé prestigieux pour parer la royauté d’un prestige identitaire. Pourtant, à l’image des monarchies occidentales, si l’institution royale veut perdurer, il faut qu’elle accepte de perdre son autorité politique et de devenir une institution protocolaire censée seulement personnifier l’identité du peuple. Comment maintient-on un troupeau de brebis en bon état de marche ? Par l’injonction, par le chien qui ramène les égarés et par le bâton qui se lève pour intimider. Avec cela, on a un troupeau discipliné. Il y a donc, inhérent à cela, la toute puissance du berger, le responsable, le meneur, les inspirés pour parler de nos wahhabites, ceux qui «savent», ceux qui se proclament nos guides, nos bergers, ceux qui interprètent la parole divine pour nous conduire sur le vrai chemin, le chemin de notre salut. C’est l’observance d’un comportement strict et rigoureux de ce qui est à leurs yeux celui d’un bon musulman, un conditionnement qui enlève toute liberté de choix sous peine de marginalisation du corps social et de sanctions.

Charef Slamani
Dimanche 11 Septembre 2011 - 22:01
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CHRONIQUE
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