REFLEXION

Réformes structurelles ou implosion sociale différée ?

APRES LES ELECTIONS LEGISLATIVES ALGERIENNES DU 10 MAI 2012

Après les élections législatives, le président de la République dans son discours du 08 mai 2012 à Sétif a promis indirectement de ne pas se présenter aux élections présidentielles d’avril 2014, de favoriser aux postes de commande la génération postindépendance impliquant la retraite de non nombre de cadres civils et militaires et mener des réformes de structures dont la première étape sera la révision constitutionnelle.



Réformes structurelles ou implosion sociale différée ?
Cependant, un texte loi n’est qu’un texte de loi que peut contredire souvent les pratiques sociales.  Pour son efficacité, le texte fondamental doit s’attaquer au fonctionnement de la société, favoriser les forces  sociales acquis aux réformes   et se projeter  sur l’avenir tenant compte de la  future carte géo stratégie mondiale. Je ne tracerai que huit axes  directeurs mais stratégiques,  devant   dépasser l’ancienne culture de l’unique dépense monétaire,  grâce à la rente des hydrocarbures,  pour  améliorer la gestion et éviter  ces impacts mitigés  et ces  surcouts exorbitants. Nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle l’Algérie, et elles sont énormes  et le niveau de développement loin des attentes que le pays a atteint après plusieurs décennies d’indépendance, 98% d’exportation d’hydrocarbures et important 70/75% des besoins des ménages et  des entreprises publiques et privées. Etant différées, les réformes  seront douloureuses d’où l’urgence d‘une austérité partagée et d’une moralité sans faille de ceux qui auront à diriger la Cité.
1.- L’Algérie doit  engager de véritables réformes structurelles  et notamment  les véritables réformes  du  système politique, centre névralgique de la résistance au changement et à l’ouverture en choisissant clairement entre un  régime parlementaire ou présidentiel afin de responsabiliser les  acteurs politiques?
 2.- De réaliser  la réforme  de la justice par l’application et l’adaptation du Droit, par la lutte contre la corruption  qui se socialise  devenant un danger pour la sécurité nationale devant synchroniser  le contrôle populaire, parlementaire et le contrôle technique.  
 3- Les réformes du  système éducatif, centre d’élaboration et de diffusion de la culture et de l’idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays misant sur le nombre au détriment de la qualité donnant un système socio éducatif non adapté.
 4.-De procéder   aux réformes  du  secteur des hydrocarbures, source de rente et objet de toutes les convoitises, de l’agriculture par une nouvelle politique foncière et une  politique de gestion de l’eau.
 5.- Facteur de cohésion sociale il s’agira  d’avoir une   nouvelle gestion des stratégies sociales, devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale.
 6.-De s’attaquer à la  réforme  du système financier qui est un préalable essentiel à la relance de l’investissement  national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d’importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l’ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente, étant considérée, à juste titre, comme l’indice le plus probant de la volonté politique de l’Etat algérien d’ouvrir ou non l’économie nationale à la libre entreprise.
 7.-D’ intégrer  la sphère informelle contrôlant 40% de la masse monétaire en circulation et 65% des segments des
produits de première nécessité ?
 8.-  Et enfin d’adapter  l’Algérie aux nouvelles mutations mondiales en analysant  dont les impacts de l’Accord d’association avec l’Europe applicable depuis le 1er septembre 2005 et son éventuel adhésion à l’organisation mondiale du commerce (OMC),   dans le Maghreb pont entre l’Europe et l’Afrique son espace social naturel.
 D’où l’importance de tirer les conséquences.
1.-Il s ‘agira  de préparer  l’après hydrocarbures  avec cet épuisement inéluctable des réserves du pétrole dans 14/15 ans, du gaz conventionnel  dans 20/25 ans tenant compte des couts croissants, de la consommation intérieure  , des extrapolations d’exportations et des nouvelles mutations énergétiques mondiales, au moment où la population algérienne dépassera 40 millions sans hydrocarbures. L’on devra concilier  du fait des importants bouleversements géostratégiques mondiaux  qui s’annoncent entre 2015/2020, un développement harmonieux conciliant efficacité économique, un développement équilibré et solidaire tenant compte de la protection de l’environnement  et une profonde justice sociale passant impérativement par une mutation systémique.   
2.-Nous devons   être attentif au nombre de voix obtenus par rapport aux inscrits pour chaque parti car 220 sièges du parti FLN du fait du mode de scrutin  pouvant ne pas représenter  une vote majoritaire. Cela fera l’objet d’une prochaine  contribution.  Plus des deux tiers de la population algérienne n’ont fait aucun choix dont plus de 75% de la jeunesse, en  additionnant  les bulletins nuls   et le taux d’abstention  traduisant le divorce Etat citoyens. Selon les observateurs  impartiaux, cela s’est déroulé  dans le calme  mais pour une partie des  35% restants (cela est insignifiant par rapport aux moyens déployés)  dont une fraction vers le parti FLN, cela a été le fait du discours  de Sétif du président de la République  qui lors de ce discours  a affirmé qu’il était président d’honneur du FLN. Dans le subconscient des Algériens avec la faible culture politique,  c’est aller voter  le parti FLN.  Aussi, comme l’a affirmé le Ministre l’Intérieur cela a constitué  un vote refuge pour les votants  de plus  de 50 ans d’âge qui ont constitué l’immense majorité, de peur  d’un scénario catastrophe.  
3.- Aussi faut-il  éviter l’europhorie de certains car en perpétuant  le statut quo et sans changement profond, le risque réel est l’accélération  des tensions sociales différées par la distribution de la rente des hydrocarbures sans contreparties productives conduisant à terme le pays au suicide collectif. Après 50 années d’indépendance politique,  98% d’exportations sont  constituées d’hydrocarbures  et 70/75% des besoins des entreprises et ménages importés, c’est le syndrome hollandais.  Le dernier rapport  de mai 2012 du FMI n’exclut pas cela  à terme  si les dirigeants actuels dépensent sans compter. Dès lors, l’Algérie risque   un nouvel octobre 1988 avec des violences pus fortes et par là   une déstabilisation de la région méditerranéenne et du le Sahel favorisant  l’intervention étrangère que nul Algérien ne souhaite. D’où l’urgence du changement.

Dr Abderrahmane Mebtoul
Mercredi 16 Mai 2012 - 10:30
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ACTUALITÉ
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