REFLEXION

REPORTAGE : Aïn boudinar, une commune toujours à la marge du développement local à Mostaganem !

Anciennement appelée Belle Côte à l’époque coloniale pour sa magnifique plage de Sonacter, rebaptisée Ain Boudinar après l’indépendance, est la commune la moins peuplée de la wilaya de Mostaganem, selon le président de son APC, Monsieur Becharef Abdellah, élu Maire de la Commune depuis les dernières élections municipales du 12 décembre 2012, la population de la Commune d'Ain Boudinar est évaluée à 6 600 habitants.



Lors de notre visite sur place, nous avons pu constater que le village est essentiellement à vocation agricole avec des terres arables fertiles, où sont cultivées la pomme de terre et la pastèque notamment. Perché à 260 m d'altitude, à 2 km de la rive gauche de l’Oued Chlef, en face des escarpements du Dahra (au nord), et à 6 km de la mer Méditerranée. L’élément qui nous a frappés sur place, est la beauté de la forêt aménagée en lieu récréatif pour la population locale et avoisinante.
 
De « Belle côte » à Aïn Boudinar

Autrefois ,Ain Boudinar  s’appelait « Belle côte «  pour ses terres agricoles fertiles et son paysage panoramique s’ouvrant sur  la mer ,il était  un des plus importants centres de la colonisation, créé en 1863 pour mieux exploiter le sol algérien dont les terres agricoles étaient si riches et mal défrichées . Cette bourgade à forte vocation agricole  disposait  de  statut d’une commune à part entière, mais le perdit à l’indépendance pour être rattachée à la commune de Kheir Eddine. Le réaménagement du territoire, décidé par  le gouvernement en 1985  lui remis son titre de commune, et depuis, elle ne cesse de se débattre sous le poids d’un sous développement qui l’assaille de partout. 

Un Maire, ambitieux et soucieux de l’avenir de la Commune
M. Becharef Abdellah est le jeune maire qui préside l’assemblée populaire communale d’Ain Boudinar composée de 15 membres. Ayant été fonctionnaire à la daïra, ce dernier n’a pas  eu assez de mal à aplanir tous les « petits problèmes internes «  de son assemblée, et a fini par inciter  tous les membres à retrousser les manches à  travailler ensemble  pour le bien être des citoyens. Aujourd’hui, M. Becharef  et  le reste des élus  sont parvenus  à améliorer de mieux en mieux  les conditions d’existence  des citoyens de la commune, malgré le manque flagrant de moyens financiers. Le maire si ambitieux pour le lancement  d’autres projets tendant  à développer davantage le sort de  cette commune si pauvre, sollicite une aide conséquente de l’Etat et surtout appelle les industriels  à investir au sein de sa commune qui ne manque pas d’atouts  touristiques  et qui dispose également de carrières de tant de ressources naturelles  qui n’attendent   que d’être exploitées.
Deux vocations, agricole et touristique à promouvoir 

Forte d’une superficie de 38 kilomètres carrés dont 60%  de la surface globale est occupée par les terres agricoles qui distinguent le territoire communal et lui offre cette vocation agricole qui lui revient de force et le place parmi les communes agricoles de par une importante production agricole diversifiée, et plus particulièrement en produits maraîchers qui s’écoulent localement mais dont une partie est vendue au marché de gros de Sayada. Le maraîchage semble réussir au sein de cette commune  et reste le plus cultivée en occupant  d’immenses parcelles, la pomme de terre , le chou fleur, la courgette et la tomate  se partagent déjà les lieux et se taillent des parts de lion. Malheureusement, l’agriculture au sein de la commune demeure encore au stade d’une  culture vivrière ,et nécessite selon certains fellahs  un développement plus important de par la  disponibilité des terres agricoles en jachère  ayant besoin de la mobilisation de gros moyens humains, financiers et matériels .Quant au tourisme ,la commune a d’immenses potentialités en ce domaine, mais elles restent  inexploitées par manque d’investissement en ce créneau  capable de fournir des rentrées d’argent pour la commune et  également générateur de centaines de postes d’emplois.

Le logement social et l’habitat rural  à l’attente d’affectation d’assiette foncière

Finalement, la construction des logements sociaux à Ain Boudinar  ne semble connaître aucun essor depuis la distribution de 90 logements sociaux. La réalisation  de 500 autres logements sociaux  tarde à voir le jour, en absence  de l’approbation  du plan d’occupation du sol qui attend encore la tenue de la réunion  de sa dernière phase.  Quant à l’habitat rural, le problème ne se pose pas pour les  bénéficiaires  disposant d’une parcelle de terre inutilisable où ils peuvent  y construire  mais demeure presque « irréalisable » pour les bénéficiaires ne disposant pas de lieux de construction, ces derniers nécessitent encore la disponibilité  d’un périmètre foncier pour la réalisation d’une cité rurale en collectif.  

L’activité agricole saisonnière, unique alternative d’emploi 

De par sa vocation agricole, Aïn Boudinar  n’offre que cette activité agricole, dominée par des périodes de pointe où l’intensité du travail saisonnier est assez culminante et nécessite un bon nombre d’ouvriers agricoles. Le travail de la terre reste l’unique alternative d’un emploi à mi –temps, il a fini par créer l’unique marché de l’emploi rapportant de 800 à 1200 dinars la journée, selon la nature du travail à faire, certains jeunes ouvriers agricoles sont devenus exigeants, ils demandent une prise en charge totale, dont la restauration et le transport du champ agricole au chef-lieu, et fixent l’horaire qui ne dépasse guère les 04 heures (de 08 heures à midi). Beaucoup de fellahs se disent consternés par de telles exigences et pensent que le travail de la terre finira par disparaître ou nécessitera en fin de parcours, le recours à une main d’œuvre étrangère. Le commerce demeure également une source non négligeable de revenus, il occupe la seconde place après le travail de la terre au sein du chef-lieu,  mais demeure encore trop insuffisant  pour satisfaire les besoins des citoyens. A ce jour, aucune boulangerie  n’est fonctionnelle au chef-lieu. 

Des axes routiers en piteux états… ! 

L’état des routes et autres chemins communaux, semble être frappé par une malédiction dont l’origine est causée  par les camions de gros tonnage des pilleurs de sable, plusieurs tronçons de dizaines de kilomètres sont complètement dégradés et érodés. Certains chemins (chemins de wilaya  n° 24 et n° 68) sont totalement endommagés et presque impraticables, l’un sur une distance de 10 kilomètres et l’autre sur une autre distance de 11 kilomètres. Ces tronçons sont à refaire et nécessitent des travaux de réhabilitation. D’autres chemins en zone rurale sont érodés par les eaux pluviales qui ont emporté de larges pans de bitume, et qui nécessitent des travaux de réaménagement en urgence en face de la menace des pluies torrentielles du prochain automne qui s’annonce dans quelques jours. 

Le chef-lieu, privé du gaz naturel  dont le réseau de passage est à 1000 m !

Les citoyens du chef-lieu ont toutes les difficultés à s’approvisionner  en bonbonnes de gaz naturel, certains se déplacent souvent  à la ville de Kheir Eddine pour se procurer une ou deux bouteilles. Les rares magasins d’alimentation générale, disposent  de quotas largement insuffisants pour satisfaire la forte demande exprimée sur ce produit, surtout  les aviculteurs de la région  qui l’utilisent  pour  éclairer et chauffer  leurs  poulaillers de fortune. Les distributeurs ambulants ne desservent le village  qu’une fois tous les 20 jours. En  face de cette pénurie persistante du gaz, les citoyens sollicitent l’adduction de leurs foyers  sur le réseau  du gaz naturel qui alimente la ville de Kheir Eddine et  qui est située juste à quelques centaines de mètres du village !
 
 

AS. Mohsen & L. Ammar
Mercredi 10 Septembre 2014 - 13:26
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MOSTAGANEM
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