REFLEXION

REFLEXION HOTE D’UNE FAMILLE PAUVRE A MOSTAGANEM : Un plat de riz, pour le f’tour



Beaucoup de gens se sentent lésés et malheureux pour tant de raisons dont ils sont les seuls à en connaître les secrets de cette peine, qu’ils digèrent difficilement….. ! Alors que beaucoup d’entre nous, au cours de ce mois sacré, se plaisent a garnir les tables de mets succulents, de boissons gazeuses de tous les goûts et de gâteaux traditionnels de toute nature, d’autres ne savent point quoi se mettre sous la dent à la rupture du jeun, surtout ceux qui ne disposent pas de moyens financiers conséquents pour faire face a ces exigences alimentaires bien particulières de ce mois, devenu une formidable occasion pour se goinfrer en bons et copieux plats. C’est en ce sens que « Réflexion », pour ses lecteurs, continue de visiter les foyers des différentes couches de la société, en partageant le repas du Ramadhan. Après le f’tour pris sous la tente des nomades, c’est au tour d’un foyer d’une personne, M. B. A, âgé de 56 ans, père de 5 enfants dont le plus âgé n’a que 13 ,un simple bénéficiaire du filet social dont l’indemnité perçue, de l’ordre de 3000 dinars, n’a pas changé depuis son instauration en 1992. Un salaire de misère dont Adda ne sait plus quoi faire, voilà déjà plus de 12 ans, on lui a promis depuis tant de temps une titularisation en qualité de gardien, mais rien n’est venu mettre fin a son attente qui dure. Il est gardien de nuit au sein d’une école primaire et colporteur, le jour au sein d’un marché de gros, il gagne quelques centaines de dinars en plus et des légumes et fruits avariées que le reste des membres, trie en jetant les plus touchés. Au mois de Ramadhan, il ne parvient pas a assumer les deux métiers, il se contente du gardiennage, son fils aîné, malgré son âge l’aide a subvenir aux besoins alimentaires, en travaillant comme apprenti chez un tôlier. Ainsi, avec l’argent qu’ils gagnent tous les deux, ils tentent de faire le Ramadhan, en s’offrant juste le nécessaire. A quelques minutes du f’tour, Adda attend aux alentours de la mosquée, l’appel à la prière, après le devoir religieux, nous nous dirigions vers son foyer a quelques centaines de mètres. C’est, au sein d’une pièce toute nue, que nous prenons place devant une table basse presque vide, Adda se sent gêné et une forme de honte se lit sur son visage, il m’invite a manger cette soupe où nagent quelques grains de riz, une soupe avec beaucoup d’eau teintée par quelques épices, la viande semble être interdite de séjour à la marmite de M.B, comme beaucoup d’autres produits alimentaires dont la famille B ignore le goût . Une deuxième assiette contient une salade faite d’oignon et de tomate, un plat qu’Adda réserve aux invités, selon ses dires. Une bouteille de limonade de 20 dinars est sous la table, le gardien la retire et me verse un verre, en appelant l’un de ses enfants et en lui remettant la limonade. Il m’explique que la boisson gazeuse est un luxe pour sa famille, ils n’en prennent que rarement de cette limonade. Le repas semblait être fini avec la prise de la limonade, Adda appelle encore un de ses fils qui vient débarrasser la table. Il revient avec une cafetière qui doit dater, et une tasse, c’est le rituel café noir comme la misère et les jours qui règnent en ce lieu où beaucoup de choses manquent. Sirotant la tasse de café, Adda me confie que le mois de Ramadhan reste l’un des mois les plus difficiles à vivre pour lui et sa famille, c’est le mois le plus triste de l’année qu’ils connaissent, de par les privations qu’ils subissent et les peines qu’ils endurent, il ajoute avec des larmes qui se versent en continu, que ses enfants se cachent au sein de la maison, durant tous les deux jours de l’Aïd, ils ne quittent le seuil de la porte de peur d’être la risée des autres enfants en fête…. !

L.Ammar
Lundi 16 Août 2010 - 13:05
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