REFLEXION

RECRUTES PAR DES ENTREPRENEURS VEREUX : Des enfants et des subsahariens travaillent au noir à Bechar

A Bechar, les langues se délient ces derniers jours et évoquent le travail au noir des enfants et des ressortissants subsahariens dans les différents secteurs relevant du privé, face au silence complice des responsables concernés. Un mutisme qui s’apparente à un appui de cette nouvelle forme de l’esclavage moderne, dira-t-on. Saisissons cette occasion des périodes des vacances, certains patrons d’entreprises du bâtiment et travaux publics n’hésitent pas à recruter des jeunes, dont l’âge varie entre 12 ans jusqu’à 19 ans pour renforcer leurs chantiers, ainsi que des immigrants clandestins.



Ce silence qu’observent les responsables en charge de cette question du travail des étrangers en situation irrégulière et des enfants n’a pas d’explication et semble être inquiétante à plus d’un titre puisque la loi, est on ne peut plus claire. Ce recrutement des enfants semble avoir commencé ces derniers temps, compte tenu des vacances d’été qui s’approchent, et les écoles s’apprêtent à fermer, selon des sources biens informées. Nos sources ajoutent également que le but de ces entreprises réalisatrices c’est de renforcer les travaux et d’éviter  les arrêts de chantiers pour être dans les délais de leur contrat d’une part, et d’autre part, payer cette main d’œuvre à moitié prix et sans déclaration à la caisse de sécurité sociale. Une façon comme une autre de fuir le fisc, pour gagner davantage. En effet, plusieurs chantiers à travers cette ville de Bechar et ses environs regorgent d’enfants mineurs et d’immigrants clandestins.  Les uns censés être sur les bancs d’école, ou du moins en cette période du début des chaleurs caniculaires dans le sud, en colonie de vacances à la grande bleue, et pour les autres, soit la régularisation de leurs papiers, ou tout simplement leur expulsion vers leurs pays d’origine. Selon des témoignages recueillis sur place, les services de l’inspection du travail premiers concernés de la lutte contre le travail des enfants et celui des clandestins, n’ont pas daigné bouger le petit doigt, pour faire arrêter cette exploitation des enfants et des sans papiers en dépit de leur alerte par des associations. Ces enfants et ces immigrants clandestins, demeurent réduits à  l’esclavage et exploités à outrance, exercent parfois jusqu’à 12 heures par jour moyennant un salaire de misère, nous ont fait savoir nos mêmes sources. Aucune statistique fiable concernant le travail des enfants et des clandestins n’est tenu par les services en charge de ce dossier, et pourtant des gamins qui bossent à longueur de journée, existent bel et bien et rien ou presque n’a été fait pour les arrêter et prendre les mesures qui conviennent contre les patrons récalcitrants. Contactés, certains gamins et autres travailleurs clandestins, au niveau d’un chantier de construction d’un établissement scolaire et d’un chantier mitoyen d’un projet de réalisation d’un programme de logements sociaux, diront : «  Nous travaillons pour aider nos parents à joindre les deux bouts. Nous avons préféré œuvrer que d’aller sillonner dans les rues sans objectif aucun ! Et puis nous sommes en train d’acquérir de l’expérience de la vie active, parce qu’on ne sait jamais ce que le sort nous réserve. Pour le moment nous sommes encore collégiens et lycéens, pour la plupart d’entre nous ».  D’autres indiqueront : « Nous préférons travailler directement pour avoir la main dans ce métier de maçon et après nous irons passer le concours d’entrée au CFPA »  ont relevé nos interlocuteurs. Chaque  groupe va de son explication pour justifier ses dépenses d’énergie physique en contrepartie d’un médiocre salaire, qui ne reflète en rien ce travail pénible auquel ils s’adonnent. Du côté du marché de gros des fruits et légumes, visiblement ces enfants sont réduits à l’esclavage, soulèvent des cageots de pommes de terre, tirent des chariots lourds, et arrangent les caissons, sans que personne ne réagisse à ces travaux fastidieux auquel sont livrés ces gosses. Ne cessent-ils de répéter à ceux qui veulent bien les entendre, certains observateurs de la scène locale. C’est dire que la pauvreté et la misère règnent encore dans certains milieux sociaux auxquels appartient cette frange de la société, des enfants exploités par leurs aînés. Un député de Bechar, nous a dit : «  j’ai pourtant discuté avec un responsable à la direction du travail de wilaya pour faire quelque chose susceptible de faire un frein à ces travaux encombrant et fatiguant pour la santé physique de ces enfants, mais jusqu'à présent rien n’a été fait ». Alors que les services de la caisse nationale d’assurance sociale et ceux de l’inspection du travail premiers concernés continuent de briller par leur absence sur le terrain, au rythme où vont les choses, le marché du travail des enfants a encore de beaux jours devant lui dans cette wilaya. Indiqueront plusieurs personnes.

FENDAOUI HADJ
Mardi 27 Mai 2014 - 11:05
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