REFLEXION

RAPPORT REMIS AU PREMIER MINISTRE LE 15 JANVIER 2013 : Baisse des cours du pétrole : axes directeurs de la relance économique pour l’Algérie entre 2015/2020

Au moment où avec la chute du cours des hydrocarbures, posant la problématique de la sécurité nationale, l’Algérie risque de connaitre d’importantes tensions budgétaires , nécessitant un Front social interne solide, tenant compte des différentes sensibilités sociales grâce à un dialogue productif au profit exclusif de l’Algérie et une réorientation urgente de la politique socio-économique afin d’éviter le drame des impacts des année 1986, j’ai jugé utile de mettre à la disposition du large public l’audit réalisé sous ma direction assisté de 20 experts internationaux (économistes- sociologues-juristes-ingénieurs) et remis au Premier Ministre le 15 janvier 2013 ( six volumes 900 pages) que certains soi- disant experts qui ont induit en erreur l’opinion publique ont maintenant un autre discours mais n’étant pas crédibles (1).



Cet audit a été réalisé à la demande de Mr Abdelmalek SELLAL, homme de dialogue, qui nous a donné comme orientations, nous ayant laissé libre de toute initiative sans aucune contrainte,  de privilégier uniquement les intérêts supérieurs du pays et de dire la vérité, rien que la vérité, sans sinistrose, ni autosatisfaction. Cet audit réalisé avant la baisse du cours des hydrocarbures de juin 2014 au niveau mondial mais avec des prémisses dues à la chute en volume physique des exportations de SONATRACH depuis fin 2007, est d’une actualité brûlante. J’ai jugé utile de détailler le volume VI sur les neuf leçons à tirer pour relancer l’appareil productif. Le contenu de cette brève synthèse n’a subi aucune modification. Au lecteur de juger, ayant insisté fortement en préface que la bataille de la relance économique future de l’Algérie et notre place dans la compétition mondiale se remportera grâce à la bonne gouvernance et notre capacité à innover. Je résume cet audit en DIX axes directeurs partant du constat et des recommandations concrètes loin de toute abstraction théorique. Les louanges  en contrepartie d’une rente sont contreproductives. Face aux tensions géostratégiques, des stratégies d’adaptation étant nécessaires tant au niveau extérieur qu’intérieur, espérons avoir fait œuvre utile pour le devenir de l’Algérie pour un devenir meilleur
 1.-La politique socio-économique depuis l’indépendance politique rentrant dans le cadre du programme de Tripoli a été menée exclusivement par l’Etat avec plusieurs variantes : De 1965 à 1979 avec une orientation exclusive vers l’investissement productif, celle-ci s’est effectuée autour de l’Etat omniprésent sur l’ensemble du cycle: planification, financement, réalisation de l’investissement et production. De 1980 à 1990 la politique a été orientée essentiellement vers les infrastructures BTPH et les activités commerciales. De.1991 à 2000 du fait de la situation particulière qu’a connu l’Algérie avec l’avènement du terrorisme et la cessation de paiement on ne peut à proprement parler de politique de développement mais avec la cessation de paiement des ajustements macro-économiques et macro sociaux extrêmement douloureux du fait des exigences du FMI. De 2000 à 2014 du fait que la demande sociale a été compressée et des destructions massives entre 1990-2000, une politique orientée essentiellement vers les infrastructures.
 2.- Paradoxalement, les paramètres macro-économiques de l’Algérie apparaissent comme positifs mais éphémère sans réformes structurelles: constat et recommandations.
Les tendances relatives aux grands agrégats révèlent une macro-économie sous contrôle relatif fonction des aléas de la rente des hydrocarbures qui représente 97/98% des exportations totales. La dette est maîtrisée grâce au remboursement par anticipation, moins de 4 milliards de dollars US. La balance commerciale a fortement bénéficié de la remontée des cours des hydrocarbures. Cependant depuis 2010, les importations suivent une tendance haussière, l’Algérie important 70% des besoins des ménages et des entreprises qu’elles soient publiques ou privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15%avec un dépérissement du tissu industriel moins de 5% du produit intérieur brut -L’inflation qui a connu un niveau record en 2012( 8,9% selon les statistiques officielles) est relativement maîtrisée depuis fin 2013 mais compressée artificiellement par les subventions généralisées, non ciblées (25 milliards de dollars 2013/2014) ,en comptant les transferts sociaux(60 milliards de dollars soit 28% du PIB) et en encore qu’il faille éclater l’indice de l’ONS, et analyser les liens entre la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales, celui percevant 20.000 dinars par mois net n’ayant pas la même perception de l’inflation que celui qui perçoit 200.000 dinars. Le budget est équilibré de par la stabilisation des dépenses de l’Etat (même si elles restent à une proportion élevée du PIB) et grâce à l’appoint de la fiscalité pétrolière, encore que le budget prévisionnel de 2014 contenu dans la loi de finances préfigure des tensions budgétaires à venir en cas d’une chute du cours des hydrocarbures. Les banques notamment publiques qui concentrent plus de 85% des crédits octroyés se cantonnent en guichets administratif accompagnant peu les investisseurs et les taux d’intérêt aux entreprises restent encore élevés des taux d’intérêts bonifiés à certains segments ce qui ce qui reflète en partie la faible efficacité du système bancaire croulant sous le poids de surliquidités qu’elles n’arrivent pas à transformer en richesses réelles. Les banques publiques sont malades de leurs clients notamment les entreprises publiques (assainissement de plus de 60 milliards de dollars entre 1971/2013) 70% étant revenues à la casse e départ montrant que le blocage est d’ordre systémique. L’apurement des créances détenues par les cinq banques sur les entreprises publiques s’est traduit par des décaissements importants du Trésor.
 3.-L’Algérie tente difficilement sa transition d’une économie publique vers une économie de marché à finalité sociale : constat et recommandations.Le pays a opté au début de son indépendance pour une économie étatisée. Elle s ‘est ouverte à l’économie de marché à partir de la crise de 1986. Toutefois, l’économie algérienne reste encore une économie essentiellement publique. L’héritage socialiste est fortement présent dans la philosophie et les pratiques de la vie économique et sociale et dans celui de la pérennité de l’entreprise publique. L’industrie publique est largement obsolète et concentre des pertes totales malgré des assainissements répétés nécessitant sa restructuration et sa modernisation. Les ressources du pays sont significatives mais basées sur des rentes qui contribuent à anesthésier les volontés de changement. En dépit de certaines réformes timides –paradoxe plus le cours des hydrocarbures est faible plus on ressent le besoin de réformes, et ralentit lorsque le cours est élevé. La pression démographique rend l’Algérie de plus en plus dépendante des importations qui n’a pas jeté les bases d’un appareil productif capable d’affronter la concurrence internationale. Les différents revenus des rentes ne proviennent pas d’un véritable effort productif des intéressés et conduisent quasi inéluctablement à une mauvaise gestion macro-économique. L’absence de mise en place d’un appareil productif augmente chaque jour davantage les difficultés que rencontrera le pays lorsque la rente tendra vers l’épuisement. Actuellement, les considérations politiques à court terme l’emportent sur les perspectives à long terme. Tant que la majorité de l’électorat tirera ses revenus des emplois dans la fonction publique, qu’elle pourra bénéficier de services sociaux peu coûteux, les réformes fondamentales n’auront guère de chances de progresser de par l’opposition tant du grand public que de la technostructure censée mettre en œuvre ces changements. Le salaire au sein des branches est déconnecté de la productivité du travail avec la dominance des emplois rentes et des fonctionnaires et les branches qui exportent le plus ne sont pas forcément les plus ouverte et l’industrie manufacturière même embryonnaire est très tournée vers son marché intérieur. Les investissements directs étrangers hors hydrocarbures et dans les secteurs productifs sont très faibles, les étrangers étant attirés par les marchés publics du BTPH. L’agriculture constitue un réservoir important de main d’œuvre et peut servir en cas de chute du cours des hydrocarbures comme d’amortisseur social tout en diminuant la facture alimentaire assurant l’autonomie alimentaire mais la céréaliculture connait des rendements faibles qui souffrent des difficultés générales de l’économie. ;Le système bancaire doit faire l’objet d’une profonde restructuration à la suite de l’accumulation de créances douteuses auprès des banques publiques. D’ une manière générale, les entreprises privées sont présentes surtout dans le secteur des services avec prédominance du commerce de détail, dans les petites entreprises de BTPH et du secteur manufacturier traditionnel. Excepté les hydrocarbures, de certains segments des télécommunications, de quelques sociétés mixtes, le secteur étranger productif est marginal. Paradoxalement, l’Algérie fait alors massivement appel à l’assistance technique et aux firmes étrangères en même temps qu’elle les encadre dans le cadre de la règle des 49/51% instauré par la loi de fiances 2009, généralisée aux banques en 2010.
 4.-Impacts de l’actuelle politique : les résultats de cette politique sont désormais nettement perceptibles sur plusieurs aspects stratégiques de l’économie algérienne. Il ne faut pas avoir une vision de sinistrose. Des réalisations mais des insuffisances qu’il s’agit impérativement de corriger: constat et recommandations.
Le comportement actuel est de type « semi-rentier » et ne recherche pas la réforme en profondeur de l’économie. La rente pétrolière génère plusieurs effets pervers de l’économie à son seul profit, ce qui renforce encore davantage la monoculture énergétique du pays. La surévaluation de la monnaie (de facto indexée sur le dollar). La facilité d’importation des biens alimentaires et des produits manufacturés rendus artificiellement moins coûteux. La diffusion du ‘’syndrome hollandais’’ dans l’industrie nationale drainée de ses ressources au profit des hydrocarbures avec l’ utilisation de la manne pétrolière pour éviter la vraie restructuration des entreprises qui reportent leurs problèmes économiques sur les banques (puis sur le Trésor public, et l’Etat et celui-ci sur les banques internationales, voire les fournisseurs). La dépendance technologique s’accentue avec le choix de solutions globales (produit ou bien clés en main) et d’origines nationales trop diversifiées (la plupart des fournisseurs de l’Est ont disparu). Ce système par croissance externe demande des capacités fortes de management que l’Algérie ne possède pas encore et donc ne lui permet pas de maîtriser seule son propre modèle d’industrialisation. Par ailleurs, ces concepts sont conçus autour de produits qu’il faut faire évoluer et qui se heurteront aux traditionnels accords exclusifs de distribution des grands groupes, lors de tentatives d’exportation.         
5-Cette politique a finalement débouché sur l’engrenage d’une triple dépendance financière levée avec le rebond du cours des hydrocarbures entre 2002/2008 où l’Algérie a épongé une grande partie de sa dette extérieure, pétrolière et technologique: constat et recommandations.L’orientation quasi exclusive de cette industrie sur la substitution des produits importés a généré des déperditions et les surcoûts classiques liés à une non optimisation des capitaux investis. Par ce phénomène, l’Algérie s’est insérée (malgré elle) dans la division internationale du travail comme fournisseur exclusif d’énergie. La configuration autarcique de l’industrie et son caractère politique ont renforcé sa dépendance envers les seuls produits commercialisables avec ses principaux partenaires commerciaux (le brut, puis le gaz). Les exigences de l’outil réalisé ont accru la dépendance à l’égard des cours et des revenus pétroliers, seule source de flux financiers externes. Le lancement de capacités industrielles a nécessité la mise en œuvre de contrats « clés – ou produits en main », avec recours aux techniques étrangères d’où :-dépendance technologique (pièces de rechange, maintenance et formation) ; multiplicité des processus liés aux différents pays à l’origine des lignes de crédit et problèmes de propriété industrielle et de licences pour permettre l’évolution des produits, qui en général n’a pas été rénovée, ce qui a creusé l’écart technologique et favorisé les produits importés. L’industrie souffre d’une faible rentabilité et d’importants surcoûts propres aux économies dirigées et les systèmes de prix sont souvent déconnectés de la conjoncture économique. Les systèmes d’approvisionnement ou de négociations contractuelles nées du code des marchés publics sont lents et coûteux. La vocation sociale des entreprises s’est allégée mais a fortement imprégné les mentalités. Les systèmes de cooptation des personnels entraînent des sureffectifs et une gestion laxiste. La grande industrie a insuffisamment contribué au développement du tissu industriel et a parfois utilisé son statut public pour croître sans considération pour la réglementation. La plupart des grands complexes ont cherché à tout intégrer non seulement les activités industrielles classiquement sous-traitées, mais aussi des fonctions aisément disponibles sur le marché (nettoyage, gardiennage, restauration…). Ce n’est que sous la pression économique qu’elles ont tardivement externalisé ces activités et parfois avec succès. La faible considération pour l’environnement va générer de graves difficultés pour attirer des groupes internationaux qui connaissent parfaitement l’évolution de la jurisprudence internationale. L’interprétation unilatérale de la réglementation a également généré des abus qui peuvent demain générer des contentieux internationaux comme en témoigne les nombreux litiges dont ceux de Sonatrach à l’international et l’importance de la sphère informelle (propriété intellectuelle)
6-La gestion actuelle du commerce extérieur, héritée du système passé entrave le fonctionnement de l’industrie, y compris à l’exportation: constat et recommandations.L’objectif de protection de l’industrie naissante a généré une gestion bureaucratique des procédures d’importation qui est devenu un terreau pour de nombreuses pratiques non conformes. L’adhésion de l’Algérie à l’OMC serait un signal fort pour simplifier ce système obsolète mais les habitudes prises ont généré des monopoles lucratifs et puissants qui seront lents à disparaître ou à contourner. Les formalités de contrôle des changes restent encore largement interprétées par le personnel des banques qui garde la nostalgie de la puissance de son rôle de contrôleur. Concernant l’investissement étranger, les multinationales recherchent classiquement des avantages comparatifs pour produire de façon compétitive pour un marché local solvable mais aussi vers un marché régional et/ou mondial, en intégrant leurs capacités commerciales et productives, d’où l’importance de l’intégration du Maghreb pont entre l’Europe et l’Afrique où l’Algérie pourrait trouver des avantages comparatifs. Le modèle à dominance étatique à taux d’intégration verticale élevé va à l’opposé des nouvelles mutations mondiales. Les lourdeurs bureaucratiques (délais de négociation et de mise en place) et l’incertitude juridique (taux douaniers, fiscalité, réglementations) ont encore renforcé l’image d’un marché difficile et fermé, isolant l’Algérie des nouvelles mutations mondiales. Le problème essentiel à résoudre est la mise en place de subventions ciblées budgétarisées par le parlement afin d’éviter des transferts artificiel des bénéfices par les prix de cession visant l’optimisation fiscale vers les lieux fiables et peu imposés, la distorsion de la concurrence, le monopole, source de surcouts. Il s’agira d’améliorer le système d’information (limitation de l’accès aux données nationales pour les sociétés étrangères), éviter la distorsion des systèmes fiscaux- la distorsion dans l’accès aux données technologiques.
7.-Le fait marquant en ce 21ème siècle, est l’internationalisation des économies qui rend obsolètes les systèmes autarciques: constat et recommandations.La politique des Etats est souvent un dosage voire une oscillation entre libéralisme et interventionnisme excessifs. Dans la plupart des pays, l’Etat a largement réorienté son action. L’impulsion, la coordination dominent désormais les politiques directives ou l’intervention directe dans le processus de production. De maître d’œuvre, l’Etat évolue vers un rôle d’organe de régulation par un certain nombre de leviers dont il reste maître (taux du crédit, taux de change, déficit budgétaire, poids de l’impôt et des services publics…) et de réglementation (commerce, taxes, télécommunications, transports, droit du travail…). La globalisation économique a été impulsée par les multinationales puis par les États ; désormais elle devient un phénomène politique et économique copié par les États eux-mêmes pour les grands secteurs stratégiques. Ce sont les Etats souverains qui signent les accords créant un cadre propice aux échanges (CEE, ASEAN, MERCOSUR). Les organismes supranationaux assurant souvent l’application des règles entre les partenaires. Ainsi, l’OMC , à laquelle veut adhérer l’Algérie est une institution chargée d’appliquer une législation et d’arbitrer les conflits entre les Etats membres par l’intermédiaire de l’ORG ( organe de Règlement des Différents). Cela ne saurait signifier la fin du rôle de l’Etat mais un rôle stratégique dans la régulation. La problématique de la mondialisation implique une politique d’ouverture de l’Algérie qui doit aborder les questions sous un autre angle. L’insertion dans l’organisation internationale de l’industrie et des services, est une urgence pour l’Algérie qui ne commence que progressivement (à partir des hydrocarbures) à s‘adapter avec les mesures d’appui nécessaires :-développement de la concurrence globale ; développement de la concurrence sur les marchés intérieurs ;  accès aux marchés extérieurs -Importance accrue de la recherche-développement et de la technologie dans les stratégies d’entreprise ;  concurrence régionale à assurer,  participation des systèmes d’approvisionnement internationaux (global sourcing) ; développement des PME/PMI à l’exportation ;  -accroissement des investissements internationaux ;  accords de coopération et  exploitation de licences ; prise de conscience des notions d’engagements de niveau de service, de qualité, du juste à temps  et  participation aux nouveaux réseaux mondiaux : logistique, Internet, financiers, distribution. La CEE est le premier partenaire et surtout son principal débouché à l’exportation tandis devant tenir compte que les USA (gaz/ pétrole de schiste) représentant environ 20% des recettes de Sonatrach seront de rudes concurrents notamment sur le marché européen dès 2017. Pourtant, dans un contexte de ralentissement économique, l’Algérie maintient toutefois son programme de réformes structurelles tout en essayant d’atténuer leur coût social. Dans le cadre de son adhésion à la CEE et éventuellement de son adhésion à l’OMC, l’Algérie est tenu d’ouvrir son champ de coopération multilatérale ce qui devrait renforcer encore les échanges croisés notamment en prenant des engagements sur le démantèlement de ses protections douanières ( reportés à horizon 2020 au lieu de 2017) et l’ouverture graduelle de son marché avec notamment la réduction des quotas à l’importation pour les produits agricoles ;  la mise en place d’un taux douanier maximal pour les produits industriels ; un   accord sur les technologies de l’information ; la   libéralisation du commerce des services et de l’accès au marché des services impliquera un champ large de partenariats multilatéraux tant régionaux qu’européen ;  le renforcement de ses réformes structurelles dont la privatisation et la démonopolisation, dépassant le cadre d’un secteur public hypertrophié par rapport au secteur privé, de revoir ses normes de gestion. C’est que  l’Etat algérien dépense  2 fois plus que la moyenne des pays émergents pour avoir deux fois moins de résultats économiques et sociaux  et de lutter contre la sphère informelle représentant plus de 50% de la superficie économique. Le système de droits douaniers conçus comme freins à l’importation avec des montants excessifs doivent être modernisés en fonction de l’adhésion à l’OMC. Actuellement, ils favorisent la fraude et l’économie informelle. De façon analogue les charges fiscales sont proches des niveaux européens et sont à la fois trop importantes et associées à un système fiscal complexe et d’application aléatoire. La déficience des réseaux de distribution des matières premières, matériaux et/ou pièces de rechange rend impossible la réactivité et la logistique demandée par la sous-traitance internationale. La faiblesse des infrastructures de services et la difficulté d’acquisition de foncier industriel posent le problème des facilités matérielles à créer de nouvelles activités. Enfin il s’agira d’améliorer l’environnement: institutions, infrastructures y compris Restriction des échanges / actions anti-dumping, revoir les subventions en fonction de l’intérêt local -moderniser les télécommunications, les compétences humaines, le système d’enseignement et constituer une base de données précise sur les exportations -Financement- garanties de la prospection et des opérations.                
8.-Les filières les plus dynamiques sont des dérivées des hydrocarbures mais fortement capitalistiques: constat et recommandations.
Les produits en progression mondiale sont ceux qui tirent la croissance des pays convergents. Sur les dérivés du gaz, l’Algérie dispose d’un potentiel très fort attesté par des ACR exceptionnels : -Gaz naturel et certains dérivés de la pétrochimie (historiquement les engrais) ; -chimie de synthèse de base (notamment l’ammoniac et l’acide nitrique à partir du reforming du gaz). Les autres produits en progression mondiale sur lesquels l’Algérie peut se positionner sont l’agroalimentaire. Les activités les plus dynamiques sont à la fois capitalistiques et ne génèrent que peu d’emplois. Sur ce point, le secteur privé semble à la fois le plus dynamique tout en générant de meilleures performances au niveau des ratios de base (CA et VA/ salarié). Les intentions d’investissement sont par ailleurs cohérentes avec les rentabilités enregistrées sur les différentes branches. L’Algérie devra renforcer la sous-traitance ou associations avec les grands groupe, participer aux chaînes d’approvisionnement mis en place par les multinationales (concept de ‘’supply chain’’), améliorer la structure financière et humaine des petites entreprises, augmenter les parts de marché par le renforcement des positions géographiques ciblées. A terme les avantages comparatifs sont  en Afrique en vue d’accroître le chiffre d’affaires  et les parts de marché. L’Algérie doit d’améliorer l’efficacité des importations et attirer les investissements à forte valeur ajoutée, mettre en place une relation proportionnelle entre les investissements étrangers et le marché intérieur. Pour accroitre la compétitivité internationale, il  s‘agira d’accroître les dépenses en recherche /développement, renforcer les entreprises pilotes, améliorer les capacités des PME, la gestion de bases, améliorer les incitations en matière d’implantation, promouvoir  des réseaux d’entreprises et  améliorer les fonctions de l’entreprise, les infrastructures contribuant à la chaîne logistique. L’objectif stratégique sera de diminuer les systèmes bureaucratiques de contrôle au profit de suivis à posteriori et informatisés tendant vers la simplification des formulaires, de prévoir des modes de financement appropriés, comme les garanties de la prospection des opérations de petite taille et les opérations d’encouragement des investissements internationaux dans l’industrie grâce à la promotion des réseaux, associations professionnelles, normes et qualifications demandant compétences techniques et qualifications pointues. L’encouragement de toute forme d’investissement productif étranger passe par la mise en place de systèmes d’assurance-garantie contre le risque économique, un co-partenariat gagnant/gagnant nécessitant de l’amélioration de l’appui institutionnel (collaboration universités/ secteur public/ entreprises privées).
 9. L’Algérie doit investir dans des segments au sein de filières internationalisées pour avoir des avantages comparatifs: constat et recommandations.Les choix de développement des filières doivent être cohérents avec les tendances lourdes internationales car les tendances incontournables à l’internationalisation des économies tendent à reléguer au second plan les politiques et contrôles nationaux au profit d’espaces économiques régionaux (CEE) ou mondiaux (OMC). La libre circulation des produits génère une hyper-compétitivité qui demande une réallocation rapide des ressources à l’échelle régionale (demain à l’échelle mondiale). Le maintien abusif de filières non compétitives équivaut à une subvention indirecte mais surtout, en empêchant une optimisation des capitaux investis, pénalise l’avenir des filières les plus dynamiques. Les analyses du commerce international, sur une période longue, montrent que les branches industrielles ont un cycle de vie analogue aux produits industriels, cependant plus complexe. Les pays ‘’convergents’’ (qui ont rattrapé le niveau de vie du groupe des anciens pays industrialisés) sont ceux qui ont renforcé leurs avantages sur les produits dynamiques. La productivité apparente du capital (valeur ajoutée par unité de capital installé) baisse dans tous les pays ce qui est cohérent avec le cycle économique actuel et les technologies qui ont généré de la surcapacité. Il faut donc examiner d’autres paramètres qui expliquent la productivité globale des facteurs de production (part de la croissance qui ne s’explique pas par la progression du stock de capital et de travail mais par l’immatériel). L’utilisation des statistiques du commerce international permet de révéler les caractéristiques des tissus industriels, de dégager la structure de spécialisation d’un pays, notamment sa capacité d’insertion internationale. Cette méthode des ‘’Avantages Comparatifs Révélés’’ (ACR) mesure la compétitivité à moyen-long terme d’un secteur d’activité. Le taux de change effectif réel (TEER) mesure le rapport des prix des biens du pays étudié convertis en $, avec la moyenne des prix en $ de ces mêmes biens auprès des principaux partenaires commerciaux du pays considéré. C’est un indicateur de compétitivité. Une augmentation de cet indice traduit une appréciation des prix, donc une perte de compétitivité. Les analyses montrent que les entreprises privées sont un terrain de plus grand dynamisme économique que les entreprises publiques car elles s’ajustent plus rapidement au marché et font une meilleure allocation des ressources. Leur poids dans l’économie est un facteur indicatif d’adaptation important. Les choix de développement des filières doivent coller avec la structure socio-économique et culturelle du pays. La forte démographie a généré un fort accroissement de la population algérienne, allant vers 50 millions d’habitants horizon 2030 (38 millions d’habitants au 01 janvier 2013). Les emplois créés dans le secteur lourd à forte intensité de capital coûtent entre 4 et 10 fois plus que dans une PMI. Ceci résulte en une industrie peu créatrice d’emplois dans un pays à forte croissance démographique. La dépendance technologique propre à l’outil industriel existant ne peut plus s’accorder de l’absence d’ouverture du capital vers les groupes internationaux et du contrôle rigide du commerce extérieur. Pour les entreprises privées, les performances sont encore freinées par le savoir-faire entrepreneurial limité mais aussi par la difficulté d’accès aux technologies modernes et par des normes de qualité obsolètes. En plus de la mobilisation de l’épargne domestique ( faible bancarisation ) où tout se traite en cash avec l’importance de la sphère informelle contrôlant 40/50% de la masse monétaire en circulation , l’on doit mettre en place des réseaux pour une meilleure attractivité du pays aux IDE ainsi qu’aux fonds de la communauté émigré.  Ceci devrait être géré par le système bancaire qui reste à moderniser car il ne dispose d’aucun des outils permettant de favoriser l’équipement, donc le développement de l’entreprise (par exemple : crédit-bail, escompte des traites, nantissement des marchés publics, etc…. Le poids historique de la lourdeur bureaucratique caractérise l’ensemble des organismes qui interviennent dans le cycle de la vie de l’entreprise est une entrave constante au fonctionnement efficient de celle-ci. Leur disparition ne sera que progressive. Ceci est probablement aggravé par un système judiciaire lent, peu transparent et non adapté à une économie moderne.  L’important est donc la spécialisation non pas dans les branches (vision dépassée) mais dans la dynamique des produits-o-La spécialisation d’un pays dans le commerce international révèle sa compétitivité au moyen-long terme au niveau sectoriel. 10.- En résumé, l’audit a fait treize propositions que j’énumère brièvement Proposition numéro 1 : améliorer l’efficacité de la dépense publique et aller vers la décentralisation Proposition numéro 2-création de technopoles et encouragement de l’entreprenariat féminin- Proposition numéro 3 : lutte contre la bureaucratie : intégrer la sphère informelle et réorganiser les corps de l’Etat -Proposition numéro 4 : contrôle transparent- adaptation au droit international et allègement des procédures administratives -Proposition numéro 5- revoir la gestion des caisses de sécurité sociale conciliant système par répartition et système par capitalisation, équité et efficacité -Propositions numéro 6- Mise à niveau ciblé pour dynamiser le tissu productif en déclin et impulser les nouvelles technologies -Propositions 7- Les huit mesures pour dynamiser les PMI/PME – Proposition numéro 8- Améliorer le niveau de l’Ecole et des Universités y compris la formation professionnelle -Proposition 9- Les dix propositions pour une transition énergétique de l’Algérie-Propositions 10- Accroître la production locale du médicament-Propositions 11.- Dynamiser le tourisme intimement lié à l’artisanat et l’environnement – Propositions 12–Création d’entreprises à partir du recyclage des déchets-Proposition 13- Les sept actions pour dynamiser le système financier et la Bourse d’Alger.Face à cette situation que l’Algérie peut surmonter disons la vérité, rien que la vérité et privilégions les intérêts supérieurs du pays afin de ne pas renouveler le scénario des impacts de la crise de 1986: crise financière avec la chute des cours d’hydrocarbures, crise économique, crise sociale et crise politique avec le drame que l’on connait. Il y va de la sécurité nationale.    * (1)- Plan du rapport remis au premier ministre  sous la direction du Professeur des universités, docteur d’Etat (1974) -expert international –Dr Abderrahmane MEBTOUL I- Problématique : Le dialogue facteur déterminant de la relance économique (volume1) -II -Quelle est la situation actuelle de l’économie algérienne en 2013 .- Données macro-économiques (volume2) -.Pourquoi des résultats si mitigés : le climat des affaires ?- –Effritement du système d’information et données officielles biaisées- L’Algérie face à l’épuisement de ses réserves : vers un Mix énergétique -III -L’Algérie face aux enjeux géostratégiques de la mondialisation (volume3) -L’Algérie face à la problématique de la sécurité au Sahel et en Méditerranée– Les entreprises algériennes face aux mutations mondiales- L’Algérie doit s’engager dans des réformes pour bénéficier des effets de la mondialisation et des Accords de libre échange –Exemple concret : Renault en Algérie : seule une co-localisation peut assurer la rentabilité de l’usine -IV-La stratégie industrielle doit s’insérer dans le cadre du management stratégique et d’une bonne organisation de l’entreprise : axes de redressement du système socio-éducatif (volume 4) -V- Actions de la relance économique : les 14 propositions à moyen et court terme pour densifier le tissu productif (volume 5) -VI- Les neuf leçons à tirer pour relancer l’appareil productif (volume 6).

 

Abderrahmane MEBTOUL
Lundi 27 Juillet 2015 - 18:38
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ACTUALITÉ
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