REFLEXION

Qui sont ces Européens qui combattent dans les rangs de l’Etat Islamique ?

Bien qu’il soit au cœur de l’actualité, l’État islamique reste une grande inconnue pour l’Occident. Le nombre précis d’hommes qui composent l’organisation terroriste est en effet inconnu. Ce qui est sûr, c’est que parmi les soldats, des milliers viennent d’Europe. Selon le journal espagnol El Pais, qui se base sur un rapport de la police, entre 30.000 et 100.000 Européens ont quitté l’Europe pour aller combattre en Irak et en Syrie, où ils défendent les couleurs de l’État islamique.



Plusieurs européens dont la majorité des français  s’intéressent  aux doctrines de l’Etat Islamique ‘’Daesh’’, parmi eux, il y’a même  qui ont pris des armes pour aller faire du Djihad en Syrie ou en Irak  sous les drapeaux de l’EI. Une malédiction de milliers de familles européennes, une histoire qu’on cache  souvent aux musulmans, pour faire croire à l’opinion internationale que seuls les musulmans sont des ‘’terroristes’’? Ou  alors, on cache l’identité de cet enfant prodigue qu’on aime et dont on attend son retour pour tout lui pardonner ? Combien sont-ils, ces enfants djihadistes, européens ou français  qui font du terrorisme au nom du ‘’Daesh’’ ?
Les chiffres actuels parlaient d’environ 4.000 hommes, mais selon le quotidien espagnol, ce chiffre est sous-estimé. Par ailleurs, l’Espagne serait une plaque tournante des djihadistes. Les candidats au Djihad passent en effet souvent via le Maroc ou l’Espagne pour rejoindre la Syrie ou revenir en Europe, sous de fausses identités.
Il convient de noter pour ne pas réduire la problématique est que les jeunes djihadistes européens ne sont pas les plus nombreux à rejoindre la terre du djihad syro-irakienne: l'afflux principal de jeunes gens vient du Maghreb et de l'Arabie Saoudite. Alain Rodier estime que 12 000 Européens auraient choisi cette voie depuis 2011, nombre qui est très important quand on le compare aux 10 000 moudjahidines étrangers qui ont servi en Afghanistan de 1979 à 1989.

Ces jeunes européens. Pourquoi partent-ils combattre au nom d'Allah?
De  jeunes gens européens, essentiellement originaires de Belgique, France et Grande-Bretagne, s'engagent dans le Djihad en Syrie et en Irak. Pourquoi partent-ils combattre au nom d'Allah? Ont-ils un profil psychologique particulier? Qu'est-ce qui les attire dans l'EIL?
Quelques  spécialistes du terrorisme, comme Anthony Samrani , David Thomson, journaliste, auteur du livre "Français djihadistes" ou  Alain Rodier, spécialiste du terrorisme et de la criminalité organisée  apportent quelques réponses à la question.
Ces jeunes gens européens n'ont pas un profil psychologique type. Si quelques-uns apparaissent psychologiquement perturbés, ce n'est pas le cas de la majorité. Ils sont certes surtout originaires des banlieues, mais ils ont vécu dans des contextes familiaux et scolaires tout à fait différents. David Thomson, qui a rencontré des jeunes djihadistes français, a noté que certains avaient grandi dans des foyers, d'autres dans des familles extrêmement structurées. Certains avaient déjà commis des actes de petite délinquance auparavant alors que d'autres étaient de très bons élèves. Il n'y a donc pas de voie d'entrée dans le Djihad aisément intelligible et identifiable, et en tout état de cause la caractérisation psychopathologique s'avère ici particulièrement inopérante et réductrice.
Frédéric Pichon  rapproche dans une certaine mesure le Djihad du mouvement « Born Again » qui s'est développé aux États-Unis. Ces deux mouvements semblent en effet partager  une idée de régénération, une forte composante émotionnelle (visible chez les membres de l'EIL: après une victoire ils récitent ensemble des sourates, les larmes aux yeux) et une vie d'ascèse contrôlée par la police des mœurs. Les jeunes gens djihadistes, qui se sentent en opposition avec la société, avec leur famille, marquent leur différence en s'engageant dans un mouvement religieux extrême, critiqué et rejeté par la grande majorité des gens, très médiatisé et très spectaculaire,  qui les arrache de façon radicale et extrêmement contraignante à  leur milieu et à leur mode de vie. Si pour les jeunes européens, on peut relier la force de ce sentiment religieux à la laïcité, voire au caractère "libertaire" des sociétés où ils vivent, on peut plus difficilement le dire pour les jeunes djihadistes maghrébins et saoudiens, qui vivent dans des sociétés où la religion est très présente.
Ces jeunes gens ne sont pas recrutés dans les mosquées mais via les réseaux sociaux. D'ailleurs, les imams, qui ne les connaissent guère,  n'ont aucune prise sur eux. L'adhésion passe essentiellement par le Net où ils se "recrutent" eux-mêmes, sans intermédiaire. Les jeunes découvrent une doctrine de l'islam à travers des documents, ils visionnent des vidéos de l'État islamique et d'Al-Qaeda, dont ils imitent les moindres gestes et paroles.  Ce phénomène relève donc essentiellement du "cyber-djihad" et n'est pas localisé  géographiquement.
Beaucoup d'entre eux ont découvert l'islam juste avant leur départ. Ils se présentent tous comme des néo-convertis, même les musulmans de naissance.  Certains sont passés de la petite délinquance à l'islam djihadiste en seulement trois mois. Leur connaissance de l'islam est filtrée par les sites qui leur ont fait connaître la religion. Il y a généralement une période de mise en condition, le volontaire vivant un retour à l'islam quand il est musulman de naissance, ou une conversion quand il ne l'est pas. En outre, certains de ces jeunes (plus particulièrement les femmes) déclarent ne plus supporter la société "impie" dans laquelle ils évoluent,  et disent vouloir vivre librement leur foi.
Après avoir découvert cette vision très  réductrice de l'islam à travers le Net, les jeunes s'isolent, se renferment,  fréquentent d'autres jeunes qui partagent la même expérience, et arrivent à se persuader qu'il est vital pour eux de partir afin de défendre leur vision de l'islam. Ils adhèrent à l'EIL comme d'autres jeunes adhèrent à une secte, sur la base d'une foi très canalisée,  étroite, sans distance ni réflexion. Ils choisissent plutôt l'État islamique qui leur paraît être sur la voie la plus juste, note M. Thomson, même si 90 % d'entre eux ne parlent pas un mot d'arabe.
La question qui se pose est de savoir pourquoi et comment un jeune, peut choisir comme la "meilleure voie "  celle qui passe par la violence, la domination sans partage, le sectarisme le plus absolu, la torture, le meurtre. Si l'État islamique  séduit autant de jeunes européens, c'est peut-être dans la mesure où il leur permet de participer aux combats. Dans un certain nombre de cas, ces jeunes relient en effet explicitement leur attrait pour le Djihad à une frustration sociale, un ressentiment et un besoin de reconnaissance, déclarant "l'islam nous a rendu notre dignité parce que la France nous a humiliés" ».

L’avis des sociologues
Le père d’un djihadiste  nommé ‘’breton’’ se réjouit de savoir  que son fils David est en vie. Apprenant que son fils donné pour mort était en vie, le père s’est dit « soulagé » mais « inquiet ». Mais est-ce une véritable miséricorde chrétienne !?
Le  sociologue Tarik Yildiz,  auteur du livre « Le racisme anti-blanc », constate une tendance atroce qui fait gémir les parents français, en plus, les familles européennes : de plus en plus de jeunes gens font gonfler les rangs de l’Etat islamique, peu importe s’ils sont convertis à l’islam ou non.
Selon cet expert, les jeunes Européens, essentiellement, originaires de France, de Belgique et de Grande-Bretagne, qui s’engagent dans le Djihad en Syrie et en Irak sont doctrinés, en général, un certain vide idéologique qui peut être comblé par une idéologie qui paraît comme étant radicale qui séduit un certain nombre de jeunes qui sont en manque de repères parfois familiaux, idéologiques et qui les poussent ensuite  à ‘’l’aventure’’.  Selon l’analyse de ce sociologue, il y a des gens qui se radicalisent à travers le discours officiel de ces Etats, notamment, en France, par exemple, ou en Grande-Bretagne, où l’on a dit que Bachar el-Assad est un assassin qu’il fallait éliminer. ‘’ Je pense que de tels discours ont dû jouer dans l’inconscient collectif pour se dire qu’en allant là-bas, on va sauver des enfants, on va aller à l’aventure, on va jouer aux héros’’,  explique, Tarik Yildiz,  
Les Européens sont très utiles à l’Etat islamique. Les otages libérés de l’Etat islamique racontent qu’ils étaient gardés par des rebelles anglophones. Les djihadistes étrangers peuvent envoyer des messages aux familles des otages en leur langue natale pour discuter les conditions de leur libération. De plus, les djihadistes européens participent directement dans les combats à l’égal des autres. Certains d’entre eux massacrent non seulement les musulmans et les chiites, mais également les sunnites « modérés ».

 

Riad
Lundi 16 Février 2015 - 10:33
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